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Le Saint-Sépulcre

Table des matières

Dans la tradition chrétienne, on parle du Saint-Sépulcre comme étant le lieu qui aurait accueilli le corps du Christ après la crucifixion. Ce tombeau présumé de Jésus de Nazareth, appelé le sépulcre fait désormais partie intégrante de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Nous allons en savoir davantage sur ce lieu saint en étudiant le récit des évangiles et l’histoire du Saint-Sépulcre. Ensuite, nous verrons plus en détail comment se présente le tombeau et nous évoquerons les diverses discussions autour de l’authenticité du Saint-Sépulcre.

Que disent les évangiles à propos du Saint-Sépulcre ?

Ce sépulcre représente donc, pour les chrétiens, le tombeau de Jésus et il serait refermé par une pierre roulante. Selon les évangiles, il aurait été attenant à une sorte d’antichambre dans laquelle le corps du défunt pourrait avoir été préparé.

De l’époque du Second Temple de Jérusalem, la tombe incluait une chambre funéraire dotée d’un lit à destination du défunt. Joseph d’Arimathie aurait, selon l’évangile de Matthieu, donné son propre tombeau à Jésus.

Ces récits sont fortement contestés par le théologien Raymond Edward Brown qui pense qu’ils sont romancés et que le tombeau de Jésus, comme d’autres lieux saints associés à sa vie, ne peut pas être localisé en se fiant totalement aux évangiles.

L’histoire du Saint-Sépulcre

Lorsque Jérusalem devient une cité romaine au IVe siècle, les lieux saints comme celui du Saint-Sépulcre sont remplacés par un forum et un temple romain. Ces constructions sont les symboles de la victoire de l’empereur Hadrien sur le peuple juif.

En 325, un architecte, Zénobie, est envoyé à Jérusalem suite à la demande de l’évêque Macaire et commence à fédérer des pèlerins chrétiens. Il fera alors araser le rocher abritant la sépulture supposée du Christ et fait ériger à la place un ensemble architectural à la gloire de Jésus.

La rotonde comprendrait déjà un ciborium, construit sous les ordres de l’empereur Constantin, qui servirait à recouvrir le tombeau. Même s’il apparaît sur certaines représentations, son existence est difficile à prouver.

Plusieurs autres édifices représentant la vie de Jésus, sa mort et sa résurrection, seront construits dans la décennie suivante. L’ensemble, nommé Anastasis et Martyrium, sera inauguré le 13 septembre 335.

En 614, les Perses sassanides attaquent Jérusalem, la pillent et la détruisent. Un siège de trois semaines est mis en place, et les édifices sous soumis à rude épreuve. Le général perse Schahr-Baraz vole même la Vraie Croix, sur laquelle aurait été crucifié Jésus en levant le siège.

Les pèlerinages au Saint-Sépulcre sont très prisés durant le Moyen Âge et s’y rendre est synonyme de prestige. Toutefois, Jérusalem alors sous domination musulmane, est accessible aux chrétiens sous condition.

Si les musulmans autorisent les pèlerinages chrétiens et laissent l’accès à la Basilique de la Résurrection où se situe le Saint-Sépulcre, ils demandent une participation financière pour chaque entrée ce qui a le don de rebuter les pèlerins chrétiens, pourtant toujours plus nombreux.

En 1009, de nombreux monuments dédiés au culte chrétien comme le monastère de Sainte-Catherine ou la basilique de la Résurrection sont détruits sur les ordres du calife Al-Hakim. Ce dernier se place à l’échelle divine et persécute les juifs, les chrétiens et même certains musulmans.

À compter de l’année 1027, les relations redeviennent cordiales entre les califes et l’Empire byzantin ce qui mène à un accord intégrant la reconstruction des lieux saints. Les donations de l’Empire byzantin ainsi que les collectes chrétiennes permettent de financer les travaux qui s’achèveront en 1048.

À partir de 1095 on assiste aux premières croisades européennes. L’église de la Résurrection ne subit pas de dommages directs causés par les Croisés, mais reste en piteux état. Elle sera reconstruite au XIe siècle par les pères franciscains et l’édifice abritant le tombeau sera également repensé.

En 1808, c’est un incendie qui détruit à nouveau la rotonde et l’ensemble du Saint-Sépulcre. Le dôme s’effondrant, brisant tous les ornements extérieurs. Les fidèles de l’Église orthodoxe financent les travaux et le monument est reconstruit en 1810 dans un style ottoman baroque.

Mais les plaques de marbre rouge datant de Komnenos commencent à chuter à cause de l’humidité ambiante, augmentée par les nombreuses visites journalières du lieu. L’oculus est encore ouvert et l’édicule est soumis aux aléas météorologiques.

Il sera refermé par une coupole en fer en 1868. Les cierges se consumant causent également des dommages dans la chapelle située juste derrière le Saint-Sépulcre. Le 11 juillet 1927, c’est un tremblement de terre qui fragilise un peu plus le bâtiment.

Il se désolidarise du reste de la structure architecturale et s’affaisse peu à peu ne supportant pas son propre poids. Les Britanniques installent alors, en 1947, une structure métallique à l’extérieur qui permet de maintenir l’ouvrage.

Ils ont toutefois été remplacés par le début de la guerre israélo-arabe en 1948 et n’ont pas pu obtenir d’autorisation pour entamer une rénovation. Jusqu’en 2016, aucun travail ne sera réalisé en raison du statu quo en vigueur.

En mai 2016 démarrent alors des travaux de restauration et une autorisation du patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem est accordée à l’université polytechnique nationale d’Athènes pour vérifier l’état des tombes. Le but est de déterminer si elles toléreront les injections de mortier prévues.

En retirant la plaque de marque, ils en découvrent une seconde datant du XIIe siècle. Au-dessous, on peut entrevoir la pierre d’origine du tombeau. Une fenêtre rectangulaire est alors découpée dans le marbre afin de laisser aux pèlerins la possibilité de voir la partie dans laquelle fut creusée la tombe.

Ces recherches permettent aux experts de recueillir des éléments clés sur ce fameux site sacré du christianisme. Mais les indices peuvent avoir été altérés au fil des destructions et reconstructions successives, comme le déclare l’historienne des religions Marie-Françoise Baslez.

Le montant des travaux engagés dans cette reconstruction s’élèverait à plus de trois millions d’euros. Ala fin du chantier, une cérémonie a eu lieu pour célébrer la réhabilitation du site. Depuis le 22 mars 2017, le tombeau rénové est à nouveau accessible au public.

Comment se présente le tombeau ?

L’édicule se trouvant au centre de la Rotonde mesure 8,25 mètres de long, 5 mètres de haut. Les parois latérales sont ornées de pilastres qui portent une terrasse surmontée d’une coupole. De grands candélabres en bronze et en argent contiennent des cierges à l’entrée du monument.

La façade présente une peinture de la Résurrection de Paolo de Matteis dissimulée derrière de nombreuses lampes à huile. Un pope chrétien orthodoxe garde l’entrée de l’édicule en vertu du statu quo et de la prédominance du Patriarcat orthodoxe.

Le droit de visite est réglementé en raison de l’afflux permanent de croyants. Le tombeau est quant à lui recouvert d’ex-votos. Sa voûte est percée afin de laisser s’échapper les fumées des lampes, des cierges et autres encens. Il est formé de deux pièces conformément aux sépultures des riches juifs du temps du Second Temple.

La première pièce est appelée chapelle de l’ange et mesure 3,5 mètres de long sur 4 mètres de large. La tradition dit que c’est le lieu où se présenta l’ange de l’Annonciation de la Résurrection. Ce vestibule était sûrement destiné à la préparation du corps du défunt.

Il est orné de colonnes, de piliers et de panneaux de marbre. Il n’est pas conçu à partir de la roche d’origine, mais maçonné. Une porte en marbre blanc symbolise l’entrée du tombeau bouchée par la pierre roulée.

La chapelle du tombeau est appelée la chambre du Sépulcre comporte deux murs taillés dans la pierre et deux autres maçonnés. La pièce est également recouverte de plaque de marbre blanc et de piliers en marbre rouge. Le plafond est ouvert sur la coupole et recense 43 lampes qui représentent les communautés gardiennes du tombeau.

Dans la partie nord se trouve une table de pierre sur laquelle le corps de Jésus-Christ aurait été déposé. Un vase plein de cierges marque l’emplacement de sa tête. Le plafond de la chambre est recouvert d’ex-votos et d’une peinture d’argent qui représente le Christ ressuscité sortant du Sépulcre.

Discussions autour de l’authenticité du Saint-Sépulcre

Le Saint-Sépulcre aurait déjà été considéré comme le lieu de crucifixion et de sépulture de Jésus avant la construction de la première église par l’empereur Constantin selon les écrits d’Eusèbe de Césarée.

Même lorsque le site fut recouvert par le temple d’Hadrien, la communauté chrétienne le garda en mémoire. Toutefois, les historiens attestent qu’aucun lieu de culte chrétien n’aurait été attesté à Jérusalem avant le IVe siècle.

On pense qu’il existait cependant une tradition ancienne concernant l’endroit supposé du tombeau de Jésus à laquelle se référait la communauté chrétienne de Jérusalem. La redécouverte du sépulcre, qualifiée de miraculeuse par sainte Hélène, en atteste.

Eusèbe de Césarée déclare sur la découverte du tombeau que : « Il est offert à tous ceux qui viennent pour en être les témoins visuels, une preuve claire et visible du miracle dont ce lieu a été la scène ». L’édicule ayant subi de nombreuses destructions et reconstructions se retrouve doté de plusieurs couches historiques dont la dernière est la plus récente.

L’archéologue Martin Biddle avance la théorie que si le monument marque l’emplacement du tombeau de Jésus de Nazareth c’est parce que les croyants auraient pu simplement le définir comme tel en y apposant une inscription avant la construction du temple d’Hadrien.

Il s’appuie sur les nombreuses inscriptions chrétiennes qui figurent au sein des catacombes de Rome. C’est à partir du XIXe que des doutes sur l’authenticité du site de crucifixion de Jésus ont commencé à apparaître.

Les contestataires avancent le fait que l’église se situe à l’intérieur des murailles et que les événements relatés dans les écrits bibliques se situent à l’extérieur. En 1883, le général Charles Gordon découvre un tombeau rocheux situé à l’extérieur des murs et le définit comme lieu plus probable de sépulture de Jésus.

De là naît le jardin de la Tombe, au nord du Saint-Sépulcre près de la porte de Damas. Cela pourrait correspondre à la description que l’on retrouve dans l’évangile selon Jean qui dit : « Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et dans ce jardin un tombeau neuf ». Toutefois, cette version est remise en question de nos jours.

Dans ce jardin se trouve une roche dotée de deux cavités qui ressemblent à des orifices orbitaux d’une tête de mort. Ce jardin est également un haut lieu de pèlerinage qui rassemble les protestants, ceux qui remettent en question l’origine de l’Anastasis et Martyrium ou les personnes qui ne peuvent pas se recueillir en l’église.

On estime que la ville a été étendue à trois reprises, et des remparts successifs ont été construits. Le premier au VIIIe siècle avant J.C, le second à la fin du IIe siècle avant J.C et le dernier sous Hérode Agrippa premier, entre 41 et 44.

Il entourait le Saint-Sépulcre, mais pas les jardins évoqués par le Nouveau Testament. De ce fait, les archéologues pensent que durant l’ère de vie de Jésus, le Saint-Sépulcre aurait pu se situer à l’extérieur des remparts.

Au XXe siècle, les débats sur la controversée authenticité du Saint-Sépulcre sont peu fréquents. Les historiens se consacrent surtout à l’interprétation de la tradition orale et écrite concernant le tombeau de Jésus.

Martin Biddle déclare qu’il est : « presque inconcevable que l’archéologie puisse jeter toute la lumière sur la vie et la mort d’un personnage relativement insignifiant en Palestine au Ier siècle » afin de justifier le détournement au sujet du tombeau de Jésus.

On retrouve de nombreuses copies du Saint-Sépulcre partout par le monde, dont une dizaine en France. Toutefois, certaines de ces répliques sont assez éloignées du moment original.

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