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Le Mur des Lamentations

Table des matières

Le Mur des Lamentations se situe dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem. C’est en réalité une partie du mur de soutènement de l’esplanade du temple de la ville. Il date du premier siècle et était destiné à renforcer le flanc occidental du temple. Suite à la disparition de ce dernier, le mur en demeure l’un des derniers vestiges. Il est considéré par la communauté juive comme le lieu de prière le plus saint en raison de sa proximité avec le « Saint des Saints », partie centrale du temple de Jérusalem et sanctuaire religieux. Nous allons vous livrer tous les secrets du Mur des Lamentations dans cet article. Nous verrons ainsi la construction du mur, l’origine de son nom, son importance selon les religions, son évolution dans l’histoire et nous finirons par l’importance actuelle du Mur des Lamentations.

La construction du mur

À l’origine, la construction du Mur des Lamentations avait pour objectif d’agrandir le plateau naturel sur lequel reposait le Second Temple de Jérusalem. Il se compose de grands blocs de pierre de style hérodien comme ceux du mur d’enceinte du tombeau des Patriarches d’Hébron.

Depuis toujours, les historiens avaient établi que le mur avait été érigé par Hérode Ier, mais en 2011, cette théorie fut remise en question par des fouilles archéologiques. Il fut découvert, au pied du mur, des pièces de monnaie datant de 17 ou 18 de l’ère commune.

Cela démontrait qu’à la mort d’Hérode (en 4 avant Jésus-Christ), le mur n’avait pas encore été construit. Cela étaye la version de l’historien romain Flavius Josèphe qui pense que les travaux du mont du Temple auraient pris fin sous le règne du roi Jannai ou Agrippa II.

La partie visible à l’extérieur ne représente que 57 mètres sur les 497 de l’entièreté du mur. Une autre partie se situe dans le quartier arabe de Jérusalem et le dernier pan est sous terre. Un tunnel souterrain existe permettant de longer cette partie enterrée sur plus de 200 mètres.

Le mur comprend 46 rangs de pierre de taille calcaire de Jérusalem. On estime qu’elles proviennent de la carrière ou de la grotte de Zedekiah qui se trouve sous le quartier arabe dont l’entrée est située en dessous du mur.

Mais il est également probable que ces pierres soient issues d’une carrière du quartier orthodoxe du nord de Jérusalem. 17 rangées de pierre se trouvent sous terre et 29 sont visibles par les pèlerins du monde entier.

Si le mur mesurait à la base 60 mètres de haut, il n’en fait aujourd’hui plus que 40 en raison de l’érosion naturelle. Il faut savoir que certaines données sont imprécises, car les fouilles archéologiques sont interdites sur le mont du Temple.

Le mur est bâti selon un modèle pyramidal afin de garantir sa stabilité. Il est en effet soumis à la pression des arcs et voûtes arrière intérieures. De plus, ce mode de construction permet de corriger l’effet d’optique selon lequel on perçoit une certaine inclinaison du mur lorsque l’on se trouve en hauteur.

Un pan de ce mur est appelé « Kotel Hakatan » ou « le Petit Kotel » en raison de sa proximité avec le Saint des Saints. En réalité, c’est la partie nommée « La Grotte » qui se trouve la plus proche du lieu saint. De petite taille, elle ne peut contenir trop de visiteurs à la fois.

L’esplanade située devant le mur mesure 57 mètres de long et est accessible à 60 000 personnes en simultané. Elle présente une légère pente vers le mur et est entièrement pavée. On observe trois parties sur cette esplanade.

La première section est la plus éloignée du mur et est ouverte à tous. Les deux autres, proches du mur, sont segmentées en fonction des sexes. La partie nord-est réservée aux femmes et la section nord, aux hommes. Des offices religieux ainsi que d’autres évènements sont fréquemment organisés en ces lieux.

Pourquoi le nom de « Mur des Lamentations » ?

Au IVe siècle le mur était appelé « Mur occidental », mais le moine chrétien Jérôme de Stridon parle des Juifs autorisés à venir « se lamenter » devant les vestiges du mur une fois par an dans un texte au ton assez méprisant.

Même si le terme « Mur des Lamentations » est adopté au XIXe siècle, il reste assez mal perçu par le peuple juif qui le trouve moqueur. Il est surtout utilisé par les chrétiens et la population française. Le peuple juif l’appelle simplement « Mur », « Mur occidental » ou encore « Kotel ».

Chez les musulmans, il est nommé El-Bourak, nom du cheval de Mahomet. Ces différentes appellations font partie intégrante de la guerre des mots dans le conflit entre Israël et la Palestine.

Importance du Mur des Lamentations selon les religions

Le Mur des Lamentations se situe sur un des plus grands sites religieux de Jérusalem appelé « Har Habayit » par les juifs, « Al-Haram Al-Qudsi Al-Sharif » ou le « Noble Sanctuaire » par les musulmans.et le mont du Temple par les chrétiens.

Pour la communauté juive, le Kotel est le principal lieu saint car le plus proche du Saint des Saints. C’est dans le souterrain du Kotel que les croyants se rassemblent pour prier en silence. Les rabbins disent que « la présence divine ne quitte jamais le Mur occidental ».

Les pratiquants voient le mur et l’esplanade comme une synagogue à ciel ouvert et observent un respect solennel pour le lieu. Ils se recueillent depuis 2000 ans devant le mur et pleurent la perte de leurs libertés et l’exil des enfants d’Israël.

De nombreux croyants juifs issus du monde entier, mais aussi des visiteurs, viennent au pied du mur pour prier ou célébrer certaines fêtes juives. La tradition veut que lorsque l’on a terminé de se recueillir, on quitte le lieu saint en marchant à l’envers afin de garder le mur dans son champ de vision.

Ils ont pour coutume de déposer de petits papiers où sont mentionnés leurs vœux dans les nombreuses fissures du mur saint. Si une des notes vient à tomber, elle est déposée plus loin, mais jamais jetée.

Lors des mariages juifs, un verre est brisé par le marié en souvenir de la destruction du temple dont le mur est le dernier vestige. Plus largement, cet acte représente le monde inachevé qui reste à parfaire.

Chaque année aucune festivité n’a lieu dans le culte juif afin de commémorer la destruction du temple. Cela se clôt par une journée de jeûne.

Chez les islamiques, le mur a également une grande importance. Il soutient en effet le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. Au cours du voyage de Mahomet entre La Mecque et Jérusalem, le prophète aurait attaché sa monture (buraq) au Mur des Lamentations.

C’est à l’endroit où le buraq fut attaché qu’une mosquée fut construite, située aux sud-ouest de l’esplanade des mosquées. Ce récit fut relancé par les Jordaniens juste après la création de l’état hébreu afin de modérer l’attrait des Juifs pour ce lieu.

Les musulmans palestiniens nient le fait que le Mont du temple ait une origine sacrée juive. En 2000, Yasser Arafat va jusqu’à décréter que « le Temple ne se trouvait pas à Jérusalem, mais à Naplouse ». Cette déclaration entraîne une vague de négation des Temples dans les milieux palestiniens.

En 2013, des travaux entrepris par Israéliens aux alentours de la porte Al-Magharbeh suscitent une vive inquiétude chez les musulmans. Le Sheikh Kamal al-Khatib, représentant du mouvement islamique en Israël, déclare que : « l’expansion israélienne en cours dans la partie où les juifs avaient l’habitude de prier comprend toute la zone restant aux musulmans et touche directement la mosquée Al-Buraq. »

Le Mur des Lamentations dans l’histoire

Selon l’Encyclopaedia Britannica, indique que « l’authenticité du Mur occidental a été confirmée par la tradition, l’histoire et les recherches archéologiques ». La Bible situe le Temple de Salomon comme étant le premier érigé à Jérusalem.

Sa construction daterait du dixième siècle av. J.-C. Il fut détruit en 586 avant J.C, mais on ne retrouve aucune trace de cette construction. Cependant, les habitants de Jérusalem étaient trop peu nombreux pour pouvoir bâtir une telle structure.

Un second temple fut construit en 515 avant J.C, agrandi par Hérode le Grand en 63 de notre ère pour être ensuite détruit en 70 par l’armée romaine. On estime que le mur actuel serait postérieur à l’action d’Hérode et qu’il daterait du premier siècle.

Il existe un écrit, que l’on doit Flavius Josèphe, qui relate la destruction du temple par l’armée romaine qui laissera uniquement la partie occidentale du mur :

« Quand l’armée n’eut plus rien à tuer ni à piller, faute d’objets où assouvir sa fureur — car si elle avait eu de quoi l’exercer, elle ne se serait abstenue par modération d’aucune violence — Titus César lui donna aussitôt l’ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d’Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville du côté de l’ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ; les tours devaient témoigner de l’importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l’enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu n’eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux (Guerre des juifs Livre VII, I, 1). »

En 135, Jérusalem est détruite suite à la révolte de Bar Kokhba. Les Juifs sont alors bannis de la ville par les Romains qui construise une nouvelle cité appelée Aelia Capitolina. Les chrétiens de la « Grande Église » sont les seuls à avoir le droit de s’installer à Jérusalem. Elle se compose alors en grande partie de Romains, mais aussi de Grecs et de Syriens.

C’est au IVe siècle que le moine Jérôme de Stridon fera sa déclaration anti-juif en utilisant le verbe « se lamenter » pour la première fois. On y apprend que les Juifs exclus de la ville de Jérusalem ont conservé le droit de venir se recueillir sur les ruines du temple une fois au cours de l’année.

En 637, les musulmans conquirent Jérusalem et les Juifs sont à nouveau autorisés à y vivre et y exercer librement leur droit de culte. Une convention est signée (Convention d’Omar) qui énonce les droits et les devoirs des Juifs set des chrétiens vivant alors sous domination musulmane.

Au Moyen-Age, le Mur des Lamentations est déjà devenu un haut lieu de prière de la communauté juive. Entre 1517 et 1917, c’est l’Empire ottoman qui gouverne la Palestine et les Juifs ne sont pas entravés dans leur droit de prier au pied du mur.

Puis ce sont les Britanniques qui deviennent administrateurs de la Palestine de 1917 à 1948. Le Statu Quo est alors maintenu, mais des conflits commencent à apparaître entre les Juifs et les musulmans en 1929 au sujet du mur.

Des Juifs sont alors massacrés au cours d’émeutes à Hébron. Les Britanniques tranchent en donnant la propriété du mur aux musulmans, toutefois ils autorisent les Juifs à venir s’y recueillir sous conditions.

Entre 1948 et 1949, les Arabes prennent la vieille vile de Jérusalem au cours de la guerre israélo-arabe. Les Juifs se voient alors une nouvelle fois interdits d’accès au mur par les autorités jordaniennes.

Pendant 19 ans, ils tentent par tous les moyens de faire changer la donne en leur faveur en faisant des demandes écrites auprès de divers organismes internationaux sans succès. Les touristes et les soldats jordaniens sont alors les seuls autorisés à se rendre sur le site devenu insalubre au fil du temps.

Lors de la guerre des Six Jours, ce sont les Israéliens qui reprennent le contrôle de la vieille ville de Jérusalem comportant le Mur des Lamentations. Ils peuvent enfin à nouveau venir prier sur le lieu saint qui leur est cher.

Sont rapidement détruites 138 habitations arabes installées devant le mur, et 650 personnes sont expulsées, dans le but de construire l’esplanade. Il faut savoir qu’avant la création de l’État d’Israël en 1948, les Juifs devaient prier dans un espace de 3,6 mètres correspondant à la largeur entre le mur et les maisons.

Depuis la fin de la guerre des Six Jours, des travaux sont entrepris sur toute la longueur du Mur occidental. Ils permettent notamment de mettre au jour de tunnels et de découvrir les secrets de plus de 2 000 ans d’histoire.

Importance actuelle du Mur des Lamentations

De nos jours, le Mur des Lamentations est soumis à de fréquents contrôles policiers afin que le lieu reste un endroit de recueillement solennel. Tout le monde peut accéder au site malgré qu’il soit séparé en trois parties.

Certaines cavités ou tunnels sont autorisés aux visites sur rendez-vous. On estime que plus d’un million de souhaits sont déposés dans les crevasses du mur chaque année. Il est même désormais possible d’en envoyer via email.

En 2016 naît un projet de train qui permettrait de relier Tel-Aviv à Jérusalem en 30 minutes avec une station d’arrivée qui se situerait juste sous le Kotel. En 2017, le projet d’un ascenseur permettant d’accéder au Mur via le quartier juif de Jérusalem est accepté par le cabinet israélien. 

Durant plusieurs décennies les Juifs réformés et conservateurs ont lutté contre la direction religieuse orthodoxe d’Israël par rapport au projet d’un lieu de prière mixte. Ce conflit démarre en 1968 suite au refus du droit de pratiquer un office religieux mixte à l’Union Mondiale pour le Judaïsme progressiste.

En 1988, c’est une association de femmes qui demande à ce que les prières non orthodoxes soient reconnues. De nombreux actes réfractaires, parfois violents ont lieu durant deux décennies. En 2016, des femmes soutenues par des Juifs réformés et conservateurs se rendent au Mur des Lamentations pour prier.

Des affrontements avec les forces de police ont lieu, mais en 2017, la Cour suprême israélienne demande au gouvernement de trouver, dans un délai de 30 jours, « un motif satisfaisant » pour justifier de cette interdiction. Le gouvernement approuve alors le projet du lieu de prière mixte prévu au sud du mur.

Les orthodoxes s’opposent à cette décision ainsi que les islamiques et certains archéologues. Le projet est alors gelé le 25 juin 2017, mais les travaux d’aménagement se poursuivent. De nos jours, même si les travaux ne sont pas terminés, des offices mixtes se tiennent dans cet espace.

Même si on assiste à quelques chutes de pierre isolées, les experts ne craignent pas un proche effondrement du mur. Cependant, le chercheur Zachi Dvira et directeur du Temple Mount Sifting Project clame le contraire et alerte sur le péril qu’il encourt.

De nombreuses visites officielles ont lieu sur le lieu saint. Les papes Jean-Paul II et François s’y sont rendus en pèlerinage. C’est également le cas de certains chefs d’État comme jacques Chirac en 1996, Donald Trump en 2017 et plus récemment, Emmanuel Macron le 22 janvier 2020.

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