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Le centre mondial Baha’i

Table des matières

Le bahaïsme est une religion abrahamique monothéiste que ses pratiquants considèrent comme « religion mondiale ». En ce sens, le centre mondial Baha’i est le lieu spirituel et administratif des Baha’is. Il se situe en Israël et comprend le mausolée de Baha-Allah, celui de Bab et les terrasses du mont Carmel à Haïfa. D’autres bâtiments, comme l’arc Baha’i, sont également inclus dans ce centre mondial. De grandes prises de décisions se rapportant à la religion ont lieu en ce centre, mais c’est la Maison Universelle de Justice qui gouverne. Le centre mondial Baha’i représente par ailleurs un haut lieu de pèlerinage pour tous les croyants de cette religion à travers le monde et certaines parties sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Dans cet article, nous allons étudier l’histoire du centre mondial Baha’i ainsi que son administration.

L’histoire du centre mondial Baha’i

Le fondateur du Bahaïsme, Baha-Allah, fut exilé et incarcéré de nombreuses fois durant sa vie (1817-1892). C’est sur cette série d’évènements que se base l’histoire du centre Baha’i. En 1853, il fut exilé hors d’Iran et s’établit alors à Bagdad, qui fait à cette époque partie de l’Empire ottoman.

Le Chah Nasseredin Shah, qui l’avait fait exiler d’Iran, le fait à nouveau exiler de Bagdad. Il élit alors domicile dans la ville portuaire d’Acre, en Israël, en 1968. Il finira ses jours en Israël et poursuivra sa communication avec ses disciples du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Inde.

C’est ainsi qu’Acre devint le centre du bahaïsme. Ses conditions de détention ayant été allégée au fil des ans, ses disciples purent lui rendre visite en Israël qui devint alors la destination de pèlerinage de la religion Baha’i.

Il indiqua à son fils l’emplacement pour la construction du Mausolée de Bab ainsi que celui du futur centre administratif qui fut indiqué à travers la Tablette du Carmel. Ce document est aujourd’hui considéré comme un des fondateurs de la religion Baha’i.

À sa mort, en 1892, Baha-Allah fut enterré chez lui à côté de l’actuel mausolée qui lui est dédié. C’est son fils, Abd-al-Baha, qui prit alors sa suite et continua à communiquer avec les fidèles du monde entier, toujours plus nombreux.

Son père lui ayant laissé des instructions précises, il fit déménager les restes du Bab vers la Palestine, acheta les terres du mont Carmel et commença à ériger le mausolée du Bab qui fut terminé en 1954. Grâce à la révolution des Jeunes-Turcs de 1908, tous les prisonniers politiques de l’Empire ottoman purent retrouver leur liberté.

Abd-al-Baha, qui était encore officiellement prisonnier en ayant succédé à son père, déménagea alors à Haïfa. C’est alors que fut établi le centre administratif Baha’i. Les disciples de la religion se mirent à croître de façon exponentielle et Abd-al-Baha dut recruter des secrétaires afin de l’aider à répondre aux correspondances. 

Il mourut en 1921 et ce fut son petit-fils, Shoghi Effendi qui lui succéda à la tête du Bahaïsme. Un grand nombre de nouveaux projets virent alors le jour dans le centre. La maison de Baha-Allah fut rénovée et il acheta les terres des alentours qui constituèrent les jardins du centre.

Certains sites importants dans la vie de son aïeul, comme la maison de Abbud, lui revinrent et il modifia le Mausolée du Bab en lui ajoutant un dôme doré. C’est lui qui décida de la disposition en arc des bâtiments destinés à accueillir les institutions religieuses.

Le jardin des Monuments devint alors le point d’appui de l’arc et regroupa les sépultures des membres de la famille Baha. L’arc Baha’i est alors additionné du siège de la Maison Universelle de la Justice en 1982, du Centre d’études des textes sacrés en 1999, et du siège du Centre international de l’enseignement en 2000.

En 2001, il fut ajouté 19 terrasses autour du mausolée et l’on discute aujourd’hui autour d’un projet de construction d’une bibliothèque internationale Baha’i.

Comment est administré le centre mondial Baha’i ?

La majeure partie des prises de décision, liées à la religion Baha’i, ont lieu dans le centre. Cela peut toucher au bahaïsme en général ou à des thèmes plus précis tels que l’étude des textes sacrés et leur traduction ou la coordination de la foi.

La Maison Universelle de la Justice, située à Haïfa, représente le cœur de la gouvernance du bahaïsme. Le Centre International de l’Enseignement se doit de coordonner les activités des Conseillers continentaux et de faire la liaison avec le premier organisme.

Lorsque la Palestine était sous occupation britannique, du temps de Shoghi Effendi, d’importantes tensions entre Juifs et Arabes existaient. Suite à la guerre israélo-arabe en 1948, de nombreux baha’is quittèrent l’état israélien fraîchement créé.

Mais Shoghi Effendi choisi de rester accompagné d’autres pratiquants baha’is. Les 9 premiers membres de la Maison Universelle de Justice furent élus en 1963 et ce fut le point de départ de l’agrandissement en personnel du centre mondial baha’i.

Il regroupait alors plusieurs centaines de personnes issues d’environ 60 pays différents. La communauté est également toujours plus importante et le recrutement de personnel est nécessaire afin d’assurer la bonne gestion des activités.

Divers départements composent la Maison Universelle de la Justice comme la finance, la recherche, la statistique et la maintenance des lieux intérieurs et extérieurs. Conformément au souhait de Baha-Allah qui avait choisi de ne pas convertir la population locale au bahaïsme, il n’existe aucune communauté baha’i, culturellement parlant, en Israël.

Les personnes israéliennes alors converties ne sont pas reconnues par l’administration baha’ie. Il existe d’ailleurs un communiqué de la Maison Universelle de la Justice très explicite sur le sujet :

« … la population israélienne peut obtenir des informations factuelles au sujet de la Foi bahá’íe, de son histoire et de ses principes généraux. Des livres traitant de la Foi sont disponibles dans les bibliothèques en Israël, et les Israéliens sont les bienvenus dans les mausolées et leurs jardins environnants. Néanmoins, conformément à une politique strictement suivie depuis le temps de Bahá’u’lláh, les bahá’ís n’enseignent pas la Foi en Israël. De même, la Foi n’est pas enseignée aux ressortissants israéliens ayant l’intention de rentrer en Israël. Quand les Israéliens demandent à propos de la Foi, des réponses leur sont données, mais il s’agit de réponses apportant des informations factuelles sans pour autant stimuler leur intérêt ».

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