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À la découverte du lac de Tibériade

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Le lac de Tibériade, nommée ainsi de par sa proximité avec la ville de Tibériade, est connu sous différentes appellations : on parle de mer de Galilée, de lac de Kinneret ou bien de lac de Génézareth. Ce lac naturel d’eau douce se situe au nord-est d’Israël entre la Galilée et le plateau de Golan. Il couvre une superficie de 166 km² et se situe à environ 200 m au-dessous de la mer. Le fleuve Jourdain le traverse et les tempêtes qui le caractérisent sont fréquentes. De nombreuses espèces de poissons y vivent malgré les différences de températures notables dues à la proximité des hauteurs. Dans cet article nous partirons à la découverte du lac de Tibériade, de son histoire à ses caractéristiques, en passant par son importance culturelle et religieuse. 

L’histoire du lac de Tibériade

La ville de Tibériade, capitale de la Galilée, fut construite pour l’empereur romain Tibère, par Hérode Antipas. Elle compte aujourd’hui 31 000 habitants et attire de nombreux touristes grâce à son climat sec et à la présence de sources chaudes. Elle se situe sur la rive-ouest du lac du même nom.

Le secteur regroupe une grande quantité de sites historiques comme celui de la bataille de Hattin qui eut lieu en 1187. En 2013, des archéologues ont découvert une structure conique de grande taille construite à partir de blocs de basalte non taillés.

S’ils n’ont pas encore réussi à en déterminer la provenance et l’origine, la Bible fait mention de telles structures appelées Yegar-Sahadouthâ en araméen. Il se dit également que cela pourrait être le vestige d’une nurserie à poissons.

Une barque romaine unique en son genre, utilisée pour la pêche et l’acheminement des marchandises, fut également découverte dans les profondeurs du lac en 1986. L’origine de cette embarcation, également appelée « barque de pierre ou barque de Jésus », remonterait au siècle I si l’on en croit le carbone 14.

En 1922, la juridiction des eaux du lac fut administrée à la Palestine mandataire, hormis la rive nord-est qui fut octroyée à la Syrie. En 1947 a lieu le plan de partage de la Palestine en vue de la création de l’État d’Israël. Certains territoires de la zone furent alors placés sous l’autorité de l’état hébreu.

Suite à l’annexion par Israël du plateau de Golan en 1967, la rive orientale du lac de Tibériade passe alors intégralement sous contrôle israélien. Mais la Syrie, qui refuse de reconnaître cette annexion, demande la restitution de la zone.

Cela pourrait même faire partie d’un possible traité de paix entre les deux pays. Israël demande le retour aux frontières de 1923 tandis que le régime syrien souhaite un retour à la situation en vigueur au 4 juin 1967, ce qui lui octroierait une partie de la rive orientale du lac de Tibériade.

Les caractéristiques du lac

En s’y déversant, le fleuve Jourdain est la première source d’alimentation en eau du lac de Tibériade. Il représente un apport en eau important pour l’État d’Israël. Un système de canalisations se charge d’approvisionner les villes en eau douce pour la consommation ou pour l’arrosage des étendues agricoles dans des zones où l’eau se fait rare comme le désert du Néguev.

Malgré un changement de stratégie qui consiste à pomper l’eau de mer et à la dessaler afin d’éviter d’épuiser les ressources du lac, les eaux sont à leur niveau le plus faible depuis l’automne 2018 suite aux sécheresses consécutives.

Le gouvernement décide alors de mettre en place un plan en juin 2018, qui consiste à le réalimenter en eau de mer dessalée. L’objectif étant que dès 2022 y soient déversés chaque année environ 100 mètres cubes d’eau.

Pour cela, la construction de deux usines destinées au dessalement sera nécessaire. Elles doivent être installées en Galilée occidentale et à Nahal Sorek. Toutefois, les fréquentes pluies de 2019 et 2020 ont permis de faire remonter les niveaux en eau du lac de Tibériade.

On atteint même le niveau le plus haut jamais observé depuis 2004. Les prévisions disent que ce niveau devrait encore augmenter suite à la fonte des neiges du mont Hermon. Des vannes sont installées au Kibboutz Degania et pourront être alors ouvertes en cas de possibilité de débordement.

D’une manière générale, la superficie du lac de Tibériade est de 166 km². Sa longueur est de 21 km et sa largeur de 13 km. Le périmètre est de 53 km et sa profondeur moyenne de 25,6 mètres. On évalue à 700 000 000 mètres cubes le débit annuel d’entrée et à 500 000 000 mètres cubes celui en sortie.

L’importance du lac au niveau culturel et religieux

Pour les chrétiens, le lac de Tibériade est très important. De nombreux récits sur la vie de Jésus font état de ses rives et de ses petits villages de pêcheurs. On retrouve notamment dans les évangiles les épisodes de « la tempête apaisée », de « la pêche miraculeuse » ainsi que de la fameuse « marche sur les eaux ».

Il fait également sa dernière apparition aux disciples, une fois ressuscité sur les rives du lac. C’est pour cela que le lac de Tibériade est un important lieu de pèlerinage chrétien et en particulier les sites de : Bethsaïde, Capharnaüm, et de Chorazeïn.

Mais également, le Dôme du mont Thabor qui fut le témoin de la transfiguration du Christ, le mont des Béatitudes, Tabgha où Dieu a multiplié les pains et les poissons, Koursi, et Yardenit lieu où se rendent les pèlerins afin de se faire baptiser.

Le lac de Tibériade est également un lieu de prière pour le peuple juif. Ils viennent nombreux se recueillir au Mausolée de Rabbi Akiva, colline qui surplombe l’étendue d’eau ou sur le tombeau de Rabbi Meïr Baal Hanes situé tout près des sources chaudes de la ville.

Tibériade abrite les vestiges de la synagogue de Hammath et un ancien cimetière regroupant les tombes de fameux rabbins. Le tombeau de Moïse Maïmonide, savant du XIIe siècle, est aussi un haut lieu de prière judaïque.

Le cimetière de Kinneret, ville qui donne parfois son nom au lac, car elle le surplombe, compte un grand nombre de penseurs juifs. Ces idéologues sont à l’origine du sionisme de la seconde et troisième immigration des Juifs en terre d’Israël (aliyah).

De nombreux artistes juifs y reposent comme la poétesse Rachel Bluwstein ou la compositrice israélienne Naomi Shemer. Le lac de Tibériade étant un élément clé du judaïsme, il est souvent évoqué dans les chansons des auteurs israéliens.

Il est également représenté sur certaines mosaïques, fresques ou tableaux d’artistes. Pour les religieux islamiques, la sécheresse du lac représenterait un des prémices de la fin des temps. Il laisserait alors place à l’arrivée sur terre du faux messie, appelé dajjal, que l’on peut traduire par antéchrist.

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