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Zoom sur la région de la Galilée

Table des matières

La région de la Galilée est une vaste région située au nord de l’Etat israélien. Toutefois, il faut préciser que cette région est traditionnellement divisée en trois sous-régions distinctes :

  • La haute Galilée. Cette sous-région doit son nom au fait qu’elle soit la plus montagneuse de la Galilée.
  • La Galilée occidentale. Cette sous-région est remplie de plages au sable fin puisqu’elle longe la mer Méditerranée.
  • La basse Galilée. Cette sous-région, également surnommée « la côte nord d’Israël », constitue la partie méridionale de la Galilée et son plus haut sommet se situe à 598 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L'aspect géographique de la Galilée

La région de la Galilée, située au Nord d’Israël, constitue un massif montagneux de grande envergure. Le point culminant de la région, et même du pays, se situe au mont Méron à environ 1208 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le mont Méron est très connu puisqu’il abrite une grande réserve naturelle.

Le climat présent dans la région de la Galilée est de nature méditerranéen. Les températures sont relativement douces et il pleut rarement. En effet, la pluviosité présente dans la région est bien adaptée pour alimenter correctement certains cours d’eau.

La région de la Galilée est très vaste puisqu’elle contient plus du tiers du territoire israélien. En effet, le territoire de la Galilée s’étend :

  • De Tel Dan situé au nord. Ce lieu représente une colline artificielle résultant de l’accumulation de diverses matières sur une longue durée.
  • Jusqu’aux mont Carmel (montagne côtière également appelée « le vignoble de Dieu ») et Guilboa (massif montagneux aux abords des monts de Samarie) situés au sud.
  • De la vallée de Jourdain (grand fleuve du Moyen-Orient) située à l’est.
  • Jusqu’à la mer Méditerranée située à l’ouest du pays.

La toponymie de la Galilée

 L’étymologie du nom de la Galilée

Le terme de « Galilée » provient du nom hébreu « Galil » qui signifie « cercle, cylindre » afin de faire référence à la circularité des districts.

Au sein de la bible hébraïque, le terme « galil » désigne la vaste région montagneuse comprise entre :

  • La plaine côtière le long de la mer Méditerranée
  • La vallée de Jezreel située au sud
  • La vallée du Jourdain située à l’ouest
  • Le Litani situé au nord

Les livres des Maccabées (écrits juifs en langue grecque) évoque quant à lui le terme Galilée pour désigner l’endroit où les Judéens firent de nombreux combats pour se dresser contre la dynastie séleucide (dynastie issue de Séleucos Ier, l’un des successeurs d’Alexandre le Grand, présente à l’époque hellénistique).

L’apparition du nom dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament évoque la Galilée en indiquant que c’est à Nazareth (ville du nord d’Israël en Galilée) que les origines de Jésus-Christ sont situées. De plus, les évangiles synoptiques, Matthieu, Marc et Luc disposent que leur vie publique est principalement située en Galilée. Jean, le quatrième évangile estime quant à lui que son ministère est situé en Judée (région montagneuse située entre la Palestine et le sud d’Israël).

L’aspect historique de la Galilée

La Galilée durant l’Antiquité

Le terme de Galilée est régulièrement cité au sein de l’Ancien Testament. En effet, Flavius Josèphe (un historiographe romain juif) énumère différents éléments sur la Galilée : son histoire, sa démographie ou encore sa géographie. D’ailleurs, il estime que la Galilée est divisée en deux parties distinctes avec d’un côté la Galilée supérieure principalement peuplée de Gentils (les non-Juifs) et la Galilée inférieur majoritairement peuplée de Juifs (membres d’un peuple ayant pour religion le judaïsme).

Selon Flavius Josèphe, les trois principales villes de la Galilée étaient :

  • Tibériade qui est située au nord d’Israël
  • Gabara qui est située du côté est de Tarrychée
  • Sepphoris qui est située au nord de Nazareth.

Il y a toutefois d’autres villes très importantes en Galilée telles que Gischala (ville fortifiée située en haute Galilée), Capharnaüm (village de pêcheurs où les Juifs disposaient d’une synagogue), Chorazin (ville ayant une localisation incertaine du fait qu’elle n’existe plus depuis qu’elle fut maudite par Jésus-Christ) ou encore Bethsaïde (ville située au nord-est du lac de Tibériade, aux alentours du lieu où le Jourdain se jette).

De plus, les lieux les plus significatifs de la région de la Galilée étaient le mont Tabor, mont de 588 mètres d’altitude au centre de la Galilée, et le lac de Génézareth, plus communément appelé le lac de Thibériade.

Avant l’Exil à Babylone, la Galilée différents territoires : le territoire de la tribu de Zabulon (tribu fondée par l’un des fils de Jacob et de sa première épouse Léa), d’Issacar (tribu également fondée par l’un des fils de Jacob), d’Asher ou encore de Nephthali (tribu fondée par l’un des fils de Jacob et de sa troisième épouse Bilha). Par conséquent, la région de la Galilée comptait plus de 400 villes différentes, dont certaines étaient très peuplées. De plus, du fait de ce vaste territoire, les Galiléens étaient devenus de grands pêcheurs et de bons cultivateurs : figues, olives, noyers, palmiers.

Pendant la période romaine, et plus particulièrement sous le premier Empereur romain Auguste, le royaume est divisé en trois tétrarchies (système de gouvernement mis en place pour faire face aux différentes invasions barbares) :

  • La Judée. Cette partie de la région couvre l’ancien royaume de Juda, la Samarie mais également l’Idumée. La Judée a été confiée à l’ethnarque Hérode Archelaus.
  • La Galilée. Elle a été confiée à Hérode Antipas qui est le fondateur de la ville de Tibériade.
  • La Batanée. Cette partie de la région comprend également l’Auranitide et la Trachonitide. Cette ensemble est communément appelé le domaine de Zénodore. Elle a été confiée à Philippe le Tétrarque.

Dans l’Antiquité, les Galiléens étaient régulièrement méprisés par les Judéens. Ces derniers reprochaient aux Galiléens la pratique d’une religion impure associé à un langage grossier. De plus, les Judéens reprochaient également aux Galiléens de faire partie d’une population ayant pour origine des Gentils (non-Juifs) et une population venant de dix tribus différentes. Jésus-Christ sera d’ailleurs souvent désigné, que ce soit par la religion juive ou chrétienne, comme étant « le Galiléen » du fait qu’il soit né en Galilée à Nazareth.

Suite à la mort d’Hérode en -4, la région de la Galilée rencontre de nombreuses révoltes. En effet, c’est en Galilée que les plus gros combats ont eu lieu durant la Grande révolte (première guerre judéo-romaine).

Sous l’Empereur Tibère, successeur de César Auguste, et qui appartient à la dynastie julio-claudienne, la tétrarchie de Galilée est encore administrée par Hérode Antipas. En revanche, l’administration de la Batanée, administrée par Philippe le Tétrarque jusqu’en 34 après Jésus-Christ, a donné lieu au meurtre de Jean le Baptiste.

En l’an 70, quelques temps après la destruction du Temple de Jérusalem, constitué de différents édifices religieux construit au sommet du Mont du Temple, la région de la Galilée devient le centre spirituel du judaïsme. En effet, c’est dans les collines de la Galilée que la Mishna (premier recueil de la loi juive orale et de la littérature rabbinique) et le Talmud de Jérusalem (somme de commentaires et de discussions rabbiniques) seront rédigés.

La conquête islamique de la Galilée

Le califat arabe pris le contrôle de la Galilée durant l’année 638. Ensuite, au cours des années 900, ce sont les fatimides chiites (dynastie califale chiite ismaélienne) qui prirent à leur tour le contrôle de la région. Une nouvelle religion, appelée « druze » (population vénérant le calife Fatimide) apparaitra dans le centre-nord de la région de la Galilée.

La Galilée pendant les croisades

Durant l’époque des Croisades (réalisation de plusieurs expéditions militaires afin que les chrétiens puissent effectuer un pèlerinage en Terre sainte), la région de la Galilée est petit à petit devenue une principauté de Galilée, également appelée la seigneurie de Tibériade. Cette principauté constituera d’ailleurs l’une des principales seigneuries de l’époque des Croisades.

La Galilée au début de l’ère moderne

Durant le XVI ème siècle, la région de la Galilée rencontre une importante vague de migration juive qui était principalement constituée de Juifs séfarades expulsés de la péninsule ibérique (c’est l’expulsion des Juifs du territoire espagnol en 1492). Ainsi, sous l’impulsion de l’arrivée massive des Juifs séfarades, la ville de Safed qui est située en haute Galilée au nord de l’Israël devient rapidement le centre international du mysticisme juif (domaine qui correspond aux choses cachées et secrètes) et de la diffusion de la Kabbale qui est une tradition ésotérique du judaïsme, plus communément connue sous le terme de loi orale et secrète.

Au début du XX ème siècle, la population de la Galilée a fortement augmenté du fait de l’immigration sioniste. De plus, la colonisation de la Galilée par les arabes, les druzes ou encore par les minorités comme les Juifs ou les circassiens (peuple du nord-ouest du Caucase situé dans la région d’Eurasie), n’a fait qu’augmenter le nombre d’habitants au sein de cette région.

En 1948, durant la guerre israélo-arabe et après la création de l’Etat israélien, la région de la Galilée était envahie les militaires syriens. Toutefois, la Galilée reviendra finalement à l’Israël. Suite à cette guerre, de nombreuses populations arabes ont décidé de prendre la fuite. Du fait de cette fuite précipitée, des villages entiers de la Galilée seront donc laissés vides.

Plus tard, aux alentours des années 1950 et 1960, l’armée syrienne réalisa des bombardements réguliers sur les kibboutz situés proche de la mer de Galilée. En effet, l’artillerie syrienne bombardait les villages collectivistes depuis le plateau ouest de Golan. Ces bombardements ont fini par cesser en 1967 lorsque l’Israël décida d’envahir le plateau de Golan pendant la guerre des Six jours. Le plateau de Golan sera d’ailleurs annexé le 14 décembre 1981 mais le Conseil de sécurité de l’ONU décidera de condamner cette annexion en ne la reconnaissant pas au niveau international.

Dans les années 1970 à 1980, et suite à son expulsion de Jordanie, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) décida de lancer, depuis le Liban, diverses attaques sur les villages situés en haute Galilée. Les nombreuses attaques menées par l’OLP ont donc conduit Israël à envahir le Liban au mois de mars 1978. Israël décida de renouveler l’opération en 1982. Cette opération conduira à la guerre du Liban. L’armée israélienne occupera le territoire libanais jusque dans les années 2000.

La Galilée moderne

Depuis les années 2010, c’est plus d’un million d’israéliens, qu’ils soient arabes, musulmans ou chrétiens, qui habitent la région de la Galilée. De plus, il faut également ajouter qu’une grande partie de la population issue de la religion druze réside en Galilée. La présence de quelques communautés de Bédouins (cette communauté représente des nomades arabes qui vivent principalement de l’élevage des ovins, des camélidés et des caprins), de Circassiens ou encore de Maronites (communauté de chrétiens catholiques orientaux) est également à noter.

Dans les temps modernes de la Galilée, les villes les plus peuplées sont :

  • Nazareth située au nord d’Israël. Elle dispose de plus de 75 700 habitants.
  • Tibériade qui est la capitale de la Galilée. Elle dispose de plus de 44 300 habitants.
  • Karmiel située au centre de la Galilée. Elle dispose d’environ 45 000 habitants.
  • Nahariya. Elle dispose d’environ 60 000 habitants.

L’économie de la région de la Galilée est principalement basée sur l’industrie, l’agriculture et le tourisme.

Il existe également d’autres villes moins peuplées mais qui ont un grand intérêt dans le judaïsme. C’est le cas de la ville de Safed qui est située en haute Galilée. En effet, malgré qu’elle dispose de moins de 36 000 habitants, sa place dans la religion est importante puisqu’elle apparaît même dans le Talmud de Jérusalem. La ville de Safed fait aussi partie de l’une des quatre villes saintes juives à côté de Jérusalem, Tibériade et Hébron.

De plus, il est également important de préciser que de nombreux rabbins très célèbres ont habités ou sont enterrés dans la ville de Safed : Isaac Louria qui est considéré comme l’un des plus grands penseur du pysticisme, Moïse Cordovero qui est l’un des plus grands kabbalistes du judaïsme, Salomon Alkabetz qui est un grand poète mystique des années 1500 ou encore Yossef Karo qui représente l’une des plus grandes autorités rabbiniques du judaïsme.

A l’heure actuelle, la ville de Safed reste active au niveau religieux. La ville reste également très connue en Galilée puisqu’elle accueil le célèbre festival annuel de musique klezmer (tradition musicale des Juifs ashkénazes qui représentent les Juifs d’Europe centrale et orientale)

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