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La guerre de Gaza de 2008-2009

Table des matières

La guerre de Gaza est une riposte de l’armée israélienne aux attaques du Hamas. Elle débuta le samedi 27 décembre 2008 à 11 h 30 du matin UTC+2. En premier lieu, l’opération militaire commença par des raids aériens suivis d’une offensive terrestre entamée le 3 janvier 2009 aux environs de 19 h 30 (heure normale d’Europe centrale). Les objectifs de cette mission tournaient autour de deux points : arrêter définitivement les tirs de roquettes Qassam du Hamas provenant de la bande de Gaza et empêcher son réapprovisionnement en armement et détruire leurs installations situées entre la bande de Gaza et le Sinaï égyptien. Ces militants du Hamas attaquaient en effet la ville Sderot.  Le 18 janvier matin, le gouvernement israélien a annoncé un cessez-le-feu considérant qu’il avait accompli sa mission. Le même jour, le Hamas fit la même annonce. Le cessez-le-feu de ce dernier devrait durer une semaine et permettrait aux troupes israélites de se retirer. Cela devrait aussi permettre de faciliter l’entrée de l’aide humanitaire sur le territoire. Chaque partie affirmait avoir remporté la bataille et les rapports restaient très tendus. Le Hamas affirmait « notre peuple ne s’est pas rendu » et exhortait ses troupes à continuer la fabrication d’« armes saintes ». En réalité, le cessez-le-feu prôné des deux côtés n’a pas empêché les tirs de roquettes. L’intervention de l’armée israélienne a suscité de nombreuses réactions de la part de la communauté internationale. Ainsi, les avis diplomatiques étaient très diversifiés d’un État à un autre. À titre d’exemple, le gouvernement égyptien avec à sa tête Moubarak condamnait le Hamas. Il en est de même pour le gouvernement allemand qui estimait que le Hamas a « rompu unilatéralement le cessez-le-feu ». Voici le déroulement précis de évènements de la guerre de Gaza de 2008-2009.

Aperçu de la guerre de Gaza

Les faits de la guerre de Gaza remontent à octobre 2001. À cette période, les Palestiniens commençaient par tirer des roquettes Qassam et des mortiers sur Israël. De cette date à fin 2008, ces attaques tuèrent 24 personnes, dont 16 Israéliens, 8 non-Israéliens et 2 Palestiniens. Ces victimes étaient âgées de 2 à 70 ans. Entre temps, l’offensive israélienne débuta durant l’année 2008.

En effet, Israël a tiré plus de 14 600 obus en direction de la bande de Gaza sur la période allant de 2005 et 2007. Ces offensives occasionnèrent 59 morts et 270 blessés dans le camp des Palestiniens. Les statistiques du Bureau de la coordination des affaires humanitaires révélèrent que 116 Israéliens (civils et soldats compris) perdirent la vie dans les deux camps dans le cadre de « conflits directs » et 1509 personnes furent blessées. Parallèlement, 1735 Palestiniens furent tués (civils et combattants) et 308 personnes furent blessées lors des conflits directs durant la même période.

Selon le Hamas, ces attaques s’inscrivent dans le cadre du Jihad. Elles font partie de ses objectifs militaires. Les tirs de Qassam et de mortiers sur Israël constituent une forme de « légitime défense » selon le Hamas. Ses combattants affirmaient à la presse internationale que leurs actions ne prendraient fin que si Israël mettait fin à ses « assassinats, arrestations et agressions ». Selon l’ONG israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, 2 994 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne et 459 Palestiniens par d’autres Palestiniens depuis le début de la deuxième intifada qui dura du 29 septembre 2000 au 30 novembre 2008. De même, les combattants palestiniens ont tué durant cette période 136 Israéliens. En plus de ces victimes, 7 900 Palestiniens étaient détenus pour terrorisme à la date du 31 décembre 2008 dans les prisons israéliennes selon son gouvernement. Parmi eux, nous dénombrons 333 mineurs, dont 30 de moins de 16 ans.

Le bilan provisoire dressé par le chef des services d’urgences à Gaza et le Hamas le 18 janvier se présente comme suit :

  • 1315 Palestiniens morts, dont 410 mineurs et plus de 100 femmes ;
  • 5285 Palestiniens blessés

Selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme, ces offensives militaires israéliennes touchaient plus de civils que de combattants. Pour l’ONG B’Tselem, Israël a enregistré 13 morts, dont 3 civils et 10 soldats, 197 blessés, dont 84 civils et 113 soldats. Dans le camp de l’armée israélienne, nous comptons entre 1100 et 1200 morts, dont 700 Palestiniens.

Par ailleurs, les attaques des combattants palestiniens ont continué jusqu’au 18 janvier 2009 au matin. Les roquettes lancées sur le territoire israélien le 29 et le 30 janvier ont provoqué des ripostes israéliennes. Le terme utilisé par l’armée israélienne est « opération Plomb durcie », en anglais « Cast Lead », en hébreu « מבצע עופרת יצוקה (Oferet Yetsukah) ». Du côté de la presse occidentale, le terme utilisé pour désigner cette opération est « guerre de Gaza ». Les Arabes et les musulmans parlent de « massacre de Gaza. La plupart des Palestiniens désignent le jour de l’offensive israélienne de « massacre du samedi noir ». Cependant, le terme « guerre » reste très controversé. Le motif avancé serait dû au fait que la force militaire israélienne est largement supérieure à celle des Palestiniens.

Contexte historique de la guerre de Gaza

Découvrez dans cette rubrique les détails sur le contexte historique de la guerre de Gaza ainsi que les grands événements qui la jalonne.

Chronologie de la guerre de Gaza

Les grands événements qui ont marqué la guerre de Gaza sont :

  • 27 janvier 2005 et 5 mai 2005 : victoire du Hamas lors des premiers et seconds tours des élections locales à Gaza ;
  • Août 2005 : retrait de l’armée d’Israël de Gaza ;
  • 25 janvier 2006 : victoire du Hamas lors des élections législatives en Palestine avec 42,9 % des voies sur l’ensemble du territoire. Avec 48,27 % des suffrages, il prend la tête des résultats notamment à Gaza-Ville avec 56,7 % ;
  • 12 au 14 juin 2007 : le Hamas prend d’assaut la bande de Gaza qui était dirigée par l’Autorité palestinienne. C’est à cette période qu’un blocus israélien se forma et que les Palestiniens utilisèrent pour la première fois des roquettes en direction de la ville de Sderot ;
  • 19 juin 2008 : médiation du président égyptien Hosni Moubarak qui aboutit à un cessez-le-feu entre les deux parties. La contrepartie de cette pause était la fin du blocus israélien, l’ouverture de la route de Rafah qui se situe entre la bande de Gaza et l’Égypte et la fin des attaques militaires sur le Néguev Cette trêve entre les deux protagonistes était respectée les deux premiers jours pendant que l’Égypte laissait fermer le point de passage de Rafah dès le mois de septembre. Cependant, les Palestiniens n’ont jamais cessé de tirer des roquettes et des mortiers en direction d’Israël. Nous pourrions lire sur le site du ministre des Affaires étrangères cette déclaration de l’Intelligence and Terrorism Information Center israélienne : “il y eut une réduction marquée dans l’étendue des attaques sur la population de l’ouest du Negev. La trêve fut régulièrement violée par des tirs de mortier et de roquettes, lancés par des organisations terroristes non contrôlées, dans certains cas sans l’accord du Hamas (en particulier par des partisans du Fatah et d’Al-Qaeda). Le Hamas prenait soin de respecter la trêve”. De fin juin à octobre 2008, ce ministère a enregistré 37 tirs sporadiques de mortiers et de roquettes. Quand cela subvenait, les points de passage israéliens restaient fermés durant 1 à 2 jours ;
  • 4 au 5 novembre : une attaque israélienne fait 7 morts dans le camp du Hamas. Ces derniers creusaient un tunnel sous la frontière israélienne. Selon les informations de l’ONG Israël Intelligence Heritage & Commemoration Center, ces membres du Hamas désiraient enlever les soldats israéliens. En réponse à cette attaque militaire, le mouvement de la résistance islamique envoya 50 roquettes sur Ashkelon. Cela marqua le début des tirs continus de la bande de Gaza. Durant le mois de novembre, Israël enregistrera 126 attaques de roquettes. Seul le 8 décembre était une journée sans tirs de roquettes ;
  • 17 novembre : pour la première fois depuis la mise en vigueur de la trêve, l’Armée de l’air israélienne attaqua deux cibles à l’intérieur du territoire palestinien. Il s’agit d’une cache d’armes dans le camp des réfugiés de Jabaliya et d’un atelier de fabrication d’armes à Khan Yunis. C’est durant cette attaque que fut tué un membre du FPLP ;
  • 3 décembre : mort de deux adolescents dans une attaque israélienne ;
  • 20 décembre : refus du Hamas pour le renouvellement de 6 mois de la trêve avec l’État hébreu. Il exige d’abord la levée du blocus d’Israël ;
  • 23 et 24 décembre : morts de 3 combattants palestiniens par les soldats israéliens. En réponse, la bande de Gaza tira plus d’une soixantaine de roquettes et d’obus sur Néguev ;
  • 26 décembre : une roquette Qassam tue deux jeunes filles israéliennes.

Ces différents événements qui se déroulaient de 2005 en 2008 occasionnèrent un lourd bilan humain.

Bilan humain après le retrait de la bande de Gaza en 2005

Le bilan humain du conflit depuis le retrait de la bande de Gaza comprend des morts palestiniens et israéliens, des blessés, des prisonniers… Ainsi, selon B’Tselem, 1609 Palestiniens furent tués par l’armée israélienne de juin 2005 à novembre 2008 en faisant plus de 8200 Palestiniens prisonniers. Ces derniers sont incarcérés pour des raisons de terrorisme. Parmi eux se trouve une centaine de mineurs. Côté Israël, Guilad Shalit, un soldat israélien, fut emprisonné du 25 juin 2006 jusqu’au 18 octobre 2011. Il fut relâché en échange d’un millier de condamnés palestiniens. De même, selon cette même source, 99 Israéliens furent tués par les troupes palestiniennes.

Les tirs de roquettes et de mortiers du Hamas

Les tirs de roquettes Qassam et de mortiers palestiniens qui ont commencé en octobre 2001 jusqu’en fin 2008 ont fait 24 morts (dont 16 Israéliens et 8 ressortissants) et 952 mineurs palestiniens. Durant cette année, Israël enregistre 4 victimes tuées par les tirs de roquettes et de mortiers sur les 31 Israéliens tués en 2008. Pour le Hamas, ses attaques militaires constituent pour lui une légitime défense face aux violences israéliennes.

Investiture de Barack Obama

L’attaque militaire israélienne s’est déroulée durant la période de transition entre le président sortant George W. Bush et le nouveau président des États-Unis Barack Obama. Ce dernier est connu pour ses avis tranchés sur Israël. Sa prise de fonction a eu lieu le mardi 20 janvier 2009. Cette investiture intervient deux jours après la proclamation des cessez-le-feu.

Les avis sur la période d’élection

Les opinions sur cette période sont très diversifiées. Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de défense de l’OTAN trouve que : « c’est un conflit voulu à la fois par le Hamas et une partie de la classe politique israélienne ».

  • À propos des élections législatives israéliennes du 10 février 2009, les sondages donnent le Likoud de Benyamin Netanyahou vainqueur largement devant le Parti travailliste d’Ehud Barak, ministre de la Défense. Le 25 décembre 2008, les tendances étaient : Likoud 30 % — 32 % ; Kadima 23 % — 26 % ; Parti travailliste 11 % — 14 % ;
  • Concernant le Hamas, les élections libres devraient forcément avoir lieu puisque le mandat de Mahmoud Abbas s’achevait le 9 janvier 2009. Ainsi, le Hamas devrait : « légitimer son pouvoir à Gaza et, à terme, dans l’ensemble des territoires palestiniens. Comme le Hezbollah au Sud-Liban, il veut apparaître comme le meilleur défenseur des Palestiniens, meilleur que le Fatah, l’Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas ».

Présentation du rapport Goldstone

Les rapports présentés par l’ONG Amnesty International et Human Right Watch condamnaient tous les crimes et violences commis par les Israéliens et les Palestiniens. Par ailleurs, une mission d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations unies avec le Sud-Africain Richard J. Goldstone accusait les deux parties d’avoir commis des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité ». Ce rapport évoque des manquements commis par des Israéliens et des violences sur des civils israéliens par les Palestiniens.

Le 16 octobre 2009, une résolution est adoptée à l’ONU avec 25 voix pour 6 contre et 11 abstentions. Elle condamnait Israël de manque de coopération avec la commission d’enquête dirigée par le juge Goldstone.

Selon les autorités israéliennes, l’opération Plomb durci n’a pas « tué intentionnellement des civils ». Elle visait juste à mettre en pratique le « droit d’autodéfense » du peuple d’Israël face aux attaques terroristes palaisiennes. Selon Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, Israël a commis « des crimes de guerre contre 1,5 million de personnes résident à Gaza ». Le ministre des Affaires étrangères, Ryad al Malki maintient que le « rapport demeure très limpide sur les crimes commis par Israël durant cette guerre ».

Selon les autorités israéliennes, l’opération Plomb durci n’a pas « tué intentionnellement des civils ». Elle visait juste à mettre en pratique le « droit d’autodéfense » du peuple d’Israël face aux attaques terroristes palaisiennes. Selon Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, Israël a commis « des crimes de guerre contre 1,5 million de personnes résident à Gaza ». Le ministre des Affaires étrangères, Ryad al Malki maintient que le « rapport demeure très limpide sur les crimes commis par Israël durant cette guerre ».

Mais le 14 avril 2011, un communiqué commun de trois autres coauteurs (Hina Jilani, Christine Chinkin et Desmond Travers) du même rapport affirmait qu’il portait des informations justes et qu’Israël n’avait pas suffisamment de preuve qu’il n’avait pas délibérément perpétré ces crises. Le Middle East Monitor relaya une déclaration de Hina Jilani qui affirmait que le rapport Goldstone initial était très objectif.

Les opérations militaires de la guerre de Gaza

Les combats militaires qui ont opposé le Hamas à Israël sont qualifiés de guerres asymétriques. En effet, Israël dispose d’une armée régulière, ce qui n’est pas le cas du Hamas. Pour combattre, ce dernier fait usage des tirs frontaliers de snipers, des attentats-suicides et des attaques de roquettes. Comme stratégie, le Hamas s’installe sur des territoires habités par des civils afin d’empêcher Israël dans ses stratégies conventionnelles.

Le chercheur Michael C. Desch trouve que cette tactique n’est « rien de tel qu’une guerre urbaine pour mettre les forces en présence à un niveau équitable ». Pour lui, ce type de guerre « multiplie le nombre de configurations possibles de combat, augmente la densité du terrain des hostilités, disperse les forces engagées, réduit la distance entre combattants et non-combattants, exige toujours plus de capital humain, donne une prime à l’absence d’équipements de haute technologie, augmente le taux probable de pertes humaines, complique les tactiques d’affrontements militaires et rend caducs les indicateurs traditionnels de réussite ou d’échec ». Cela force Israël à utiliser d’autres tactiques qui consistent à cibler des dirigeants et à les assassiner. Pour lui, la faute des pertes civiles incombe aux autorités palestiniennes.

Pour Israël, le Hamas utilise les civils comme boucliers humains et les ambulances des Nations unies comme moyen de déplacement de ses soldats. D’autre part, Israël met en place des restrictions de déplacement des Palestiniens lors des combats en réduisant l’approvisionnement de la bande de Gaza depuis son territoire.

L’offensive militaire israélienne

L’offensive militaire israélienne comprend des bombardements aériens, l’invasion terrestre, le « toquer au toit », l’évacuation sanitaire et les mesures de protection.

Bombardements aériens

Deux dates sont à retenir :

  • 27 décembre 2008: lancement de l’opération « Plomb durci » à 9 h 30 UTC par Tsahal. Elle était composée de cinquante chasseurs F-16 Falcon et hélicoptères d’attaques AH-64 Apache de l’Armée de l’air israélienne. Ils ont pénétré l’espace aérien de la bande de Gaza. Cette attaque a fait entre 225 et 292 morts et plus de 1000 blessés palestiniens. Plus de cent bombes guidées larguées par GPS GBU-39 ont touché 50 cibles. Parmi elles se trouvaient le QG du Hamas et les camps d’entraînement à Tell Zaatar, au sud et au centre de la bande de Gaza, le centre de commandement et d’armurerie à Gaza, le bureau de l’ancien Premier ministre de l’autorité palestinienne Ismaël Haniyeh, l’école de police du Hamas, le QG des brigades Izz al-Din al Qassam au nord de Gaza et les sites de lancement enterrés de roquettes Qassam. Cela est confirmé par le général Dan Harel, le chef d’État-major adjoint de Tsahal. Il affirme : « Cette opération est différente des précédentes. Nous avons mis la barre très haute et nous allons dans cette direction. Nous ne frappons pas uniquement les terroristes et les lance-roquettes, mais aussi l’ensemble du gouvernement du Hamas. Nous visons des édifices officiels, les forces de sécurité, et nous faisons porter la responsabilité de tout ce qui se passe sur le Hamas et ne faisons aucune distinction entre ses différentes ramifications. Nous ne sommes qu’au début de la bataille. Le plus dur est encore devant nous et à cela, il faut se préparer. Nous voulons changer les règles du jeu ».

La seconde vague constituée de 60 chasseurs et hélicoptères de combat fut lancée à 10 UTC. Leur cible était les 60 sites de lancement enterrés de Qassam. En somme, 170 cibles ont été touchées faisant 230 morts dans la population autochtone et 780 blessés selon l’ONG B’Tselem. Parmi les victimes, on comptait 140 combattants du Hamas dont les généraux Ismaïl Jaabari et Tawfik Jaber et 15 civils. Des enfants figuraient aussi parmi les victimes.

  • 28 décembre 2008: mort de 287 Palestiniens et 900 blessés occasionnés par 25 sorties aériennes. Parmi ces dernières se trouve une roquette d’un F-16 sur la mosquée située près de l’hôpital Al-Shifa à Gaza-centre.

Selon le lieutenant Ralph Peters des US Army, les « stratèges de l’Armée de l’air israélienne sont allés plus loin que la conception des US Air Force de “choc et effroi (ANG. : shock and awe)” (…) en s’employant à tuer le plus grand nombre de terroristes possibles ». De même, le journaliste français Jean Guisnel estime que la stratégie de l’armée aérienne israélienne se base sur la théorie des cinq cercles du colonel d’US Air Force John Warden : « Pour l’instant, appliquant à la lettre la théorie des cinq cercles du colonel américain John Warden qui voit “l’ennemi comme un système”, l’état-major israélien casse systématiquement et durablement l’ensemble des bâtiments et des points d’appui du Hamas, après avoir commencé par tuer le plus grand nombre possible de ses dirigeants et des membres de son appareil de sécurité ».

D’autre part, la Hey Avir utilise beaucoup ses drones Hermes 450 Ziq pour des missions de reconnaissance et de surveillance. Ils se trouvent en stationnement sur la base aérienne de Palmachim. Ils possèdent en effet des désignateurs laser au profit des F-16.             

Avant de se mettre à bombarder des immeubles habités par des civils, Tsahal les avertit par téléphone. Cette pratique appelée « roof knocking » est acceptée par la Justice israélienne. En pratique, un officier des services de renseignements passe un coup de téléphone aux occupants de la maison visée quelques minutes avant le tir de missile. Ils peuvent être aussi informés par message vocal ou SMS. Il arrive que le Hamas demande aux occupants de rester sur les toits, histoire d’empêcher les bombardements. Dans le cas échéant, l’Armée de l’air israélienne annule la mission de bombardement ou tire un missile sur une partie non occupée du toit pour les effrayer.

Le Centre palestinien pour les droits de l’homme a estimé en 2006 que cette pratique de l’Armée de l’air israélienne était constitutive de guerre psychologique puisque tous les immeubles ne sont pas bombardés. Pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU et Amnesty International, il n’existe pas de lieu sécurisé dans les camps de réfugiés vu la forte densité de la population de la bande de Gaza.

Invasion terrestre

Cette opération militaire de l’Armée israélienne vise à sécuriser la ville de la bande de Gaza selon Tsahal. C’est de ce lieu que proviennent en effet les tirs de roquettes qui ont fait 4 morts en Israël le 28 décembre. D’après la géographie militaire, pour mieux contrôler la zone par les Forces terrestres israéliennes, il faut la « maîtrise virtuelle ». De fait, le 28 décembre 2008, l’artillerie de Mazi a lancé des bombes pendant des heures aux entrées de la bande afin de neutraliser les mines et les engins explosifs improvisés du Hamas, avant l’entrée des soldats sur le territoire.

Ainsi, à l’aube du 3 janvier 2009, les groupes autonomes ou semi-autonomes de fantassins de Mazi entrèrent à Gaza par Beit Lahiya et Beit Hanoun au nord de la zone. Ce choix tactique du « swarming » leur permit de se rapprocher de Gaza centre en étant protégé dans les zones peu urbanisées.

Évacuation sanitaire et mesures de protection

En ce qui concerne l’évacuation sanitaire s’est beaucoup améliorée comparativement à l’année 2006. L’armée israélienne a déployé des hélicoptères pour évacuer ses soldats blessés. Le temps de transfert est passé de 1 h 30 à 24 minutes. En trois semaines, onze opérations de sauvetage ont eu lieu dans la bande de Gaza. Pour soigner ses blessés, un agent hémostatique est préféré au bandage pour coaguler le sang. Ce service médical était inédit. Toujours pour protéger ses soldats, l’armée israélienne a conçu un nouveau type de gilet pare-balles. Il se porte sur le gilet en céramique. Il est très efficace contre les éclats d’obus.

Activité militaire palestinienne

Préparation des combattants palestiniens

Pour se préparer pour leurs attaques contre Israël, les combattants palestiniens prennent d’assaut des maisons et des immeubles pour y construire de vastes réseaux de tunnels. Un combattant du Hamas : « notre groupe de combattants a creusé un réseau de tunnels sous Gaza centré qui nous permettait de nous affronter à Tsahal en combat urbain.

Selon le colonel Herzi de la 35e brigade parachutiste, une maison sur trois est piégée avec des explosifs, des tunnels et des mannequins. Cette stratégie viserait à tromper la vigilance des Israéliens. En tirant sur les mannequins, ils déclencheront une explosion et tomberont dans les tunnels dans lesquels ils seront prisonniers. Pour le général de brigade Eyal Eisenberg, cette stratégie de piégeage des maisons et écoles est « inhumaine » et « monstrueuse ». En effet, les Palestiniens cachent les bombes dans des paraboles de télévision par satellite. Ron Ben-Yishai, un « embedded journalist » confirme ces déclarations du général. Il rapporte que plusieurs maisons sont piégées et câblées pour occasionner des combats urbains.

Tsahal a présenté un plan qui révèle « la position d’explosifs et des forces du Hamas dans la banlieue d’Al-Attara, au nord de la bande de Gaza ». Cette présentation montre que le Hamas a dissimulé de nombreux explosifs et des caches pour ses snipers dans des zones habitées et dans des mosquées situées près d’un dépôt de gaz. De même, le colonel britannique Tim Collins affirme qu’il y a forcément la présence de caches d’explosifs lors durant l’opération Plomb durci.

Engagements avec les forces israéliennes

Selon les représentants du Hamas, leurs armes de guerre proviennent essentiellement d’Israël, des États-Unis et de certains pays à l’Autorité palestinienne. Le Hamas et le Jihad islamique palestinien fabriquent eux-mêmes des engins explosifs improvisés (EEI). Parmi ces derniers se trouvent des mines antipersonnel et d’autres sont cachées sur les routes pour être activées contre les chars et véhicules de l’armée israélienne. Certaines de ces armes sont confectionnées avec des flacons de médicaments envoyés comme aide humanitaire dans la bande de Gaza.

Le Shabak a emprisonné des combattants palestiniens qui ont révélé leur méthode de combat. Ces témoignages sont rapportés par le Centre d’information sur les renseignements et le terrorisme qui est un laboratoire d’idées israélien. Selon ces prisonniers, le Hamas fait usage des résidences privées, des mosquées et des écoles comme sites d’entrepôts d’armes. Pour dissuader Tsahal de les combattre, il utilise aussi les institutions publiques à des fins militaires.

Le New York Times relaye le témoignage d’un combattant anonyme qui affirme : « u la petitesse et le cloisonnement de la bande de Gaza, les combattants palestiniens sont obligés de rester dans les zones civiles ». Il ajoute aussi que la plupart des civils acceptent d’accueillir les militants du Hamas. On peut aussi lire ceci dans le même quotidien : « ne voulant pas servir d’appât à Israël et se découvrir, les militants du Hamas combattent en civil ; il a été même ordonné aux policiers de quitter leurs uniformes ».

Les attaques de roquettes contre Israël

Les roquettes Qassam qu’utilise le Hamas sont artisanales. Ils sont de fabrication archaïque comparable au Grad (BM-21 Katioucha) ex-soviétique. Toutefois, leur modèle possède une grande portée capable d’atteindre des villes telles que Ashkelon (à 16,5 km), Ashdod (à 35 km du nord), Beer-Sheva (à 40 km) et presque Tel-Aviv (à 70 km).

Les autres attaques du territoire israélien

D’autres attaques ont eu lieu sur le territoire israélien outre les tirs de roquettes de la bande de Gaza. Ces tirs sont pour la plupart non revendiqués. Il s’agit entre autres de :

  • 8 janvier 2009: trois roquettes katioucha sont lancées du Liban sur la ville de Nahariya. Elles ont blessé deux pensionnaires d’une maison de retraite. Aucun groupe n’a revendiqué cette attaque. Israël a riposté à cette attaque par des tirs. Certains analystes attribuent ces tirs à des groupuscules proches du Hezbollah, un mouvement chiite. Au Liban, l’attaque est condamnée par son Premier ministre qui fit arrêter 7 suspects ;
  • 11 janvier 2009: des soldats israéliens sont attaqués par un tireur anonyme lors des travaux d’ingénierie sur le plateau de Golan. Aucun blessé enregistré ;
  • 13 janvier 2009: une patrouille de l’armée de terre israélienne se fait attaquer par un tireur inconnu sur la frontière jordanienne. L’armée riposte aux tirs. Aucun soldat n’est aussi blessé lors de cette escarmouche ;

14 janvier 2009 : les régions du Golan et de Galilée sont visées par au moins trois roquettes Katioucha. Aucun blessé n’est à regretter. L’armée de terre israélienne riposte à ces tirs. Aucune revendication de ces attaques n’est enregistrée.

Cessez-le-feu

Un cessez-le-feu a été proclamé par chaque partie en guerre le 18 janvier 2009. Malgré cette trêve, des tirs de roquettes venant de Gaza sont toujours lancés même si le Hamas les condamne. Côté Israël, des raids aériens sont lancés sur les tunnels d’approvisionnement en armes. Tout cela se déroulait en février et en mars 2009.

Les pertes en vies humaines

Le bilan provisoire dressé par le chef des services d’urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein le 19 janvier était de 1315 Palestiniens morts dont 410 enfants et 100 femmes lors de l’offensive israélienne. 5285 personnes se sont également blessées lors de cette attaque. Selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme, les civils constituent 65 % des victimes. B’Tselem dénombre dans le camp israélien 13 morts dont 3 civils et 10 soldats et 113 soldats blessés ainsi que 84 civils. Voici un tableau récapitulatif des pertes humaines du 27 décembre 2008 au 19 janvier 2009. Il est établi grâce aux données officielles fournies par le chef des services d’urgence à Gaza et Tsahal.

 

Date

Bilan morts palestinien

Bilan morts israélien

27 décembre 2008

230

1

28 décembre 2008

115

0

29 décembre 2008

22

3

30 décembre 2008

20

0

31 décembre 2008

27

0

1er janvier 2009

26

0

2 janvier 2009

22

0

3 janvier 2009

30

0

4 janvier 2009

42

1

5 janvier 2009

52

3

6 janvier 2009

81

2

7 janvier 2009

60

0

8 janvier 2009

66

1

9 janvier 2009

49

0

10 janvier 2009

33

2

11 janvier 2009

50

0

12 janvier 2009

47

0

13 janvier 2009

45

0

14 janvier 2009

43

0

15 janvier 2009

90

0

16 janvier 2009

60

0

17 janvier 2009

58

0

18 janvier 2009

42

0

19 janvier 2009

5

0

Total

1 315

13

Pour ne pas exagérer dans le décompte de civils touchés par cette guerre, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ne prend en considération que les femmes et enfants comme civils. Ainsi, nous avons :

  • Le porte – parole de l’UNRWA compte 25 % de victimes civiles au 31 décembre 2008 ;
  • Proportion égale à 50 % de victimes civiles au 6 janvier 2009 ;
  • 50 % des personnes tuées sont des civils au 15 janvier ;
  • 65 % des victimes sont des civils le soir du 17 janvier, jour du cessez-le-feu unilatéral déclaré par Israël.

Les forces de défense israéliennes (IDF) avancent d’autres chiffres. Elles parlent de 1166 Palestiniens tués, dont 709 soldats de divers groupes armés, ce qui fait 39,2 % de civils. B’Tselem quant à lui annonce 1387 Palestiniens morts dont 773 civils (parmi lesquels se trouvent 252 enfants de moins de 16 ans), 330 militants (dont 19 mineurs) et 248 officiers de police.

Les représailles inter palestinien et les pertes de militants dans la bande de Gaza

Les représailles inter palestinien

Les représailles InterPalestiniens sont signalées par plusieurs ONG qui accusent le Hamas d’exécutions sommaires pendant et après la guerre. Il s’agit du Centre palestinien pour les droits de l’homme, du Centre Addameer et organisations palestiniennes comme le FPLP. Selon le New York Times, le Hamas a effectué une exécution de 6 Gazaouis au sein de l’hôpital Al-Shifa. Ces victimes sont suspectées d’avoir collaboré avec Israël.

Par ailleurs, le quotidien Jerusalem Post révèle que le Hamas aurait tué des Palestiniens accusés de coopération avec le Fatah. De même, le directeur du Shabak, Yuval Diskin révèle que le Hamas a exécuté 70 militants du Fatah sous couvert du conflit. Cette agence de contre-espionnage israélienne confirme qu’elle a reçu des informations des Palestiniens qui ont été interceptées par le Hamas. Les coupables ont été exécutés.  

D’autre part, le Hamas a commis également des actes de violence tels que des passages à tabac et des tirs d’armes à feu dans les jambes des informateurs suspectés. Le Jerusalem Post affirme avoir reçu ces informations de sources anonymes de responsables du Fatah. Il affirme que le Hamas a tiré systématiques dans les jambes et a brisé les bras de 75 militants du Fatah. Après le cessez-le-feu, 100 autres membres ont été torturés, blessés et/ou tués dans les centres d’interrogatoire.

De son côté, Ihab al-Ghossein, porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas dans la bande de Gaza a réfuté ces affirmations avant de les reconnaître et les justifier.

Pertes de militants et de policiers

Le Hamas a subi plusieurs pertes de ses militants et policiers notamment le général Tawfik Jaber, chef de la police à Gaza. Les autres membres importants qui ont perdu la vie durant ce conflit sont le chef des services de sécurité le cheik Nizar Rayyan, le ministre de l’Intérieur Saïd Seyam et le général Salah Abu Shrakh. Le Jihad islamique palestinien annonce aussi avoir perdu un combattant du nom de Wajih Mashtahi, un ancien membre du Comité olympique palestinien. Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa confirment la mort du commandant local Ali Hujazi.

Au total, les groupes militants ont perdu 158 combattants (sans les policiers). Ces chiffres sont contredits par le Centre palestinien pour les droits de l’homme qui dénombre 223 morts (sans compter les policiers. De même, Tsahal parle de 700 combattants. Parmi les 158 combattants morts, le Hamas affirme avoir perdu 48 militants alors que le Jihad islamique palestinien compte 38 et 34 pour le Comité de résistance populaire.

Dans une conférence de presse, le porte-parole de la police et membre du Hamas, Islam Shahwan affirme que : « le général Tawfik Jaber et 230 officiers et policiers ont été tués ». Ce n’est que le 1er novembre 2010 qu’un nombre plus précis sera énoncé par le ministre de l’Intérieur du Hamas, Fathi Hamad. Il parle de 600 à 700 victimes, dont 250 policiers, le premier jour, 150 membres des forces de sécurité et 200 à 300 militants des brigades Al-Qassam. Les civils sont le reste des victimes. Pour lui, l’État hébreu réduit le nombre de perte de militants et policiers à 50.

Pour le New York Time, il est difficile de donner un chiffre exact des morts du Hamas pour deux raisons. La première est liée au fait que le Hama soigne ses militants blessés dans différents centres médicaux. La seconde concerne les combattants qui ne s’habillent pas en uniformes.

Les conséquences de la guerre de Gaza

Pour énoncer les conséquences de ce conflit sur la bande de Gaza, Richard Horton a mené une étude de deux ans en collaboration avec les Palestiniens, l’OMS et d’autres agences de l’ONU. Il résume la situation en ces termes : « depuis 2000, les territoires palestiniens occupés ont subi un accroissement de l’insécurité, en raison de l’érosion voire de l’effacement complet de nombreux progrès sanitaires enregistrés jusqu’alors […]. Ces revers, ajoutés aux offensives israéliennes sur Gaza, ont plongé la région dans une crise humanitaire ».

Le rôle des médias durant la guerre de Gaza

Les médias ont joué un rôle important dans cette guerre. La pression internationale a connu moult difficultés pour entrer dans la bande de Gaza à cause de l’Égypte et d’Israël. Par exemple, la Cour suprême d’Israël a émis le 29 décembre 2008 un arrêt demandant au gouvernement de laisser les corresponds étrangers entrer à Gaza quand les points de passage sont ouverts. Mais, Tsahal s’est opposé à cette décision. Des journalistes ont été arrêtés en Israël pour violation de la censure en temps de guerre. Plusieurs associations de journalistes ont protesté contre ces violations. Notons aussi que les campagnes de relations publiques jouent un rôle primordial grâce aux nouveaux médias.

Plusieurs informations relayées par la presse internationale sont sanctionnées. Le 6 janvier, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient informe est bombardé par l’armée israélienne tuant 43 personnes. Cette information relayée par les médias aura un écho retentissant les jours suivants. Mais le 29 janvier, un journaliste du quotidien The Globe and Mail dément cette information après enquête. Une école n’a pas été bombardée et personne n’y est tué. Cette nouvelle est confirmée par le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Outre le Washington Post, aucun média n’a rectifié l’information fausse.

La guerre de l’information

À l’instar du conflit israélo-libanais de 2006, le conflit de Gaza a entraîné aussi une propagande, de l’hacktivisme et une cyberguerre accrue des deux côtés. Cela a occasionné le vandalisme de sites web, des dénis de services et des piratages de noms de domaine et l’apparition de « diplomatie médiatique » sur Facebook, Second Life ou Twitter. Pendant ce temps, le Hamas gère une multitude de sites sur internet, dont Aqsa Tube fondé en 2008 sur le modèle de You Tube.

Il s’agit d’une plateforme audiovisuelle qui diffuse des vidéos d’Israël bombardé par les roquettes. Sur ce site se trouve également un lien vers Al-Aqsa, la chaîne satellite du Hamas. De son côté Tsahal anime une chaîne You Tube ainsi qu’un blog pour informer sur ses actions.

Les critiques de l’information

Plusieurs arguments sont avancés sur le cessez-le-feu, les tirs de roquettes et la menace à l’existence d’Israël.

L’argument des tirs de roquettes

Pour Pierre Razoux, Israël tente d’empêcher le Hamas de reconstituer ses réserves de roquettes, alors que pour le Hamas « il s’agit de maintenir la pression sur Israël en tirant des roquettes et des missiles sur les villes voisines (…), de kidnapper des soldats ou des civils israéliens ». Ephraïm Lapid, ancien officier du Shin Beth et ancien porte-parole de l’armée israélienne, affirme : « (les combattants du Hamas) savent qu’ils ne peuvent pas détruire Israël et ses capacités militaires. Mais ils peuvent atteindre l’esprit, le moral de la société, ce qui est peut-être pire. À bien des égards, il s’agit ici de 50 000 personnes — les habitants de la région de Sderot, touchée par les roquettes Qassam — sur 7 millions, ce n’est pas tant. Ces tuyaux d’un mètre font que nous ne pouvons pas sécuriser notre population. C’est ce qui cause les vrais dégâts ».

Le 29 février 2008, le vice-ministre de la Défense Matan Vilnai affirmait à la radio de l’armée que les combattants du Hamas provoqueraient une « Shoah » si les attaques continuaient : « Plus le tir des Qassam s’intensifie et les roquettes atteignent une plus grande distance, plus ils feront survenir sur eux une Shoah plus importante, car nous utiliserons toute notre puissance pour nous défendre »

Le 13 juin 2008, l’ancien porte-parole de l’armée israélienne, Ephraïm Lapid, affirmait à ce sujet : « Pour l’instant, il y a un dilemme, qui n’est que temporaire, entre la reprise des opérations et la poursuite du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël. Car ce cessez-le-feu masque la continuation du combat par l’organisation. (Le Hamas) a besoin de ce break pour renforcer ses capacités et recevoir de l’aide de l’Iran. Certains en Israël pensent que nous ne devrions pas leur laisser cette option et que nous devrions prendre une attitude offensive. De mon point de vue cependant, je ne vois pas d’option militaire qui ferait cesser la violence. La seule voie permettant d’y aboutir — et on le voit dans l’histoire des relations entre Israël et les pays arabes — est la négociation. Mais nous devons être forts. Ils ne seront prêts à aller à la table des négociations que si nous sommes forts. Nous ne pouvons pas envoyer des signaux de faiblesse comme cela a été le cas avec le Liban ».

L’argument de la menace à l’existence d’Israël

Au début de la mission Plomb durci, le commandant de la région du sud, le général Yoav Galant a présenté le but de cette opération. Pour lui, il s’agit de : « renvoyer la bande de Gaza des décennies en arrière en termes de capacité militaire, en faisant le maximum de victimes chez l’ennemi et le minimum au sein des forces armées israéliennes ».

De façon plus concise, le chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité nationale à l’université de Tel-Aviv Mark Heller trouve que « Le souci est que par le passé — peut-être un passé mythique — les gens ne cherchaient pas les ennuis avec Israël, car ils avaient peur des conséquences. Maintenant la région est pleine de rhétorique provocatrice comme quoi Israël ne serait qu’un tigre de papier. Cette opération est une tentative pour restaurer la perception que si vous provoquez ou attaquez-vous paierez un prix disproportionné ».

Le politologue Jean-Yves Camus, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques avance cette idée : « Ces facteurs psychologiques rendent la situation bien différente de celle qui prévalait avant la victoire électorale du Hamas : avec l’OLP, chacun en Israël savait, même s’il prétendait le contraire, qu’il existait un terrain de négociation ; avec le Hamas, aucune discussion n’est possible tant que le mouvement islamiste n’aura pas reconnu le droit à l’existence d’un État juif. Qu’en l’espèce il existe sans doute, au sein du Hamas, une minorité lucide et capable de franchir ce pas, ne change rien pour l’instant au sentiment dominant en Israël, d’un combat existentiel pour garantir la survie de l’État hébreu : jamais il n’a existé de conjoncture comme celle d’aujourd’hui, où Israël doit faire face au triple déni d’existence du Hamas, du Hezbollah et du président iranien, sans compter le problème majeur que pose la radicalisation d’une bonne partie des Arabes israéliens ».

L’argument du cessez-le-feu plus avantageux à Israël

Comme argument sur ce sujet, le commentateur israélien Ron Ben-Yishal affirme que : « Ce qui a commencé à Gaza samedi matin est apparemment une action limitée visant à obtenir un cessez-le-feu à long terme entre le Hamas et Israël selon des termes favorable à Israël ».

Le 23 décembre 2008, Yuval Diskin, actuel chef du service de sécurité israélienne Shin Bet pense que le Hamas voudrait que le cessez-le-feu soit prolongé pour améliorer ses conditions. Pour lui, le Hamas souhaitait la fin du blocus et un cessez-le-feu israélien en Cisjordanie.  

Critiques et controverse

Accusation de désinformation

 En février 2008, une mission de grande envergure est en pleine élaboration. Le 31 décembre 2008, Haaretz précise que l’opération « Plomb durci » était préparée depuis longtemps. Il précise qu’elle a été précédée d’une campagne de « désinformation » assurée par l’état-major israélien. L’objectif de cette campagne était de « tromper et induire en erreur l’opinion publique » et qui « a pris le Hamas par surprise et a permis d’accroître de manière significative le nombre de ses victimes durant les bombardements ».

Par contre, le président égyptien pense le contraire. Il ne voit aucune surprise dans cette opération. Mohammed Hosni Moubarak reproche au Hamas d’avoir provoqué Israël et refusé la prolongation du cessez-le-feu avec l’État hébreu avant le début de la mission Plomb durci.

Critique de l’armement

Plusieurs avis sont donnés au sujet de l’armement utilisé pendant cette guerre.

  • Le site timesonline accuse l’artillerie israélienne d’avoir tiré des obus fumigènes M825 au phosphore blanc ;
  • Pour Erik Fosse et l’urgentiste Mads Gilbert, l’armée israélienne a fait usage des expérimentales de fabrication américaine à base de Dense Inert Metal Explosive, conçue pour une guerre asymétrique. Ces armes sont connues pour leur puissance de souffle élevé sur un périmètre de 10 mètres ;
  • Une centaine de députés anglais signent un décret pour mettre un embargo sur les ventes de drones Hermes 450 fabriqués sur leur territoire. Ils sont tous contre l’utilisation de ces armes pour l’agression de la bande de Gaza et des territoires occupés ;
  • Pour Gideon Levy, il existe une inégalité de rapport de force dans cette guerre. C’est pourquoi Israël bombarde l’autre camp « en toute liberté sans rencontrer aucune résistance » ;
  • Pour le colonel britannique Richard Kemp : « Au cours de l’opération Plomb durci, les Forces de défense israélienne ont plus fait pour sauvegarder les droits des civils en zone de combat que toute autre armée dans l’histoire de la guerre » ;
  • De même, le lieutenant américain William G. Boykin estime que : « Les Israéliens ont fait très attention à ne pas viser de cibles civiles, et quand ils ont visé des cibles civiles, ils ont fait en sorte d’informer qu’ils allaient frapper. Et le rapport Goldstone dit exactement le contraire ».

Contribution des États-Unis à l’armée israélienne

Les États-Unis ont soutenu l’armée israélienne dans différents domaines.

Sur le plan financier

À partir de 2008, les États-Unis ont contribué au budget militaire d’Israël à hauteur de 30 milliards de dollars durant une période 10 ans. La contribution de l’aide américaine représente 20 % du budget militaire annuel israélien soit 3 milliards par an. De 1999 à 2008, le soutien financier des États-Unis à Israël se chiffre à 27 milliards de dollars au minimum. Jusqu’à 2004, Israël était le pays qui bénéficie plus de l’aide extérieure des États-Unis.

Sur le plan de l’armement

L’Agence Reuters a présenté des preuves du soutien logistique des États-Unis à Israël. C’est le quotidien Le Monde qui le cite dans l’une de ses parutions du 10 janvier 2009. Selon lui, la Marine américaine voulait livrer 325 conteneurs standards de 20 pieds remplis de « munitions » dans le port israélien d’Ashdod dans le courant de mois de janvier 2009. Un courtier maritime interrogé par Reuters était surpris de voir : « Transporter quelque 3 000 tonnes de munitions en un seul chargement, c’est beaucoup (…) nous n’avons pas vu cela sur le marché depuis des années ». L’opération a échoué à cause des critiques de la communauté internationale.

Soutien diplomatique

Haaretz révèle que l’ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, Zalmay Khalizad avait : « reçu des instructions explicites de ses supérieurs au département d’État de torpiller toute initiative proposée par le bloc arabe destinée à donner au Conseil de sécurité le statut d’arbitre officiel avec une implication directe dans la recherche d’une solution à la crise de Gaza » au début du mois de janvier.

Les pertes matérielles

L’UNOSAT a effectué une estimation des pertes matérielles à partir d’imagerie satellite. Elle indique qu’au 19 janvier 2009, 857 bâtiments dont 151 étaient sévèrement endommagés, 116 cratères et 361 dans des champs cultivés ou non.

Droit international humanitaire

Le droit international humanitaire (DIH) est à distinguer des droits de l’homme dans le cadre d’une guerre. Les dispositions du premier sont pour la plupart suspendues dans un conflit armé. Parmi ses règles applicables figure l’article 3 semblable aux quatre conventions de Genève et ses deux protocoles additionnels de 1997.

En effet, le droit international humanitaire distingue les combattants des civils. Ces derniers sont à protéger des attaques militaires. Enfreindre ces règles est jugé comme crime de guerre. Pour les experts en droits de l’homme, il est presque impossible de respecter le droit international humanitaire. Selon ce dernier, les puissances occupantes ont des obligations. Israël affirme avoir arrêté son occupation depuis le plan de désengagement des territoires depuis 2004.

Par ailleurs, l’UNRWA et Human Rights Watch contredisent cette analyse d’Israël et le considèrent comme une puissance occupante. En effet, son armée militaire aérienne a toujours la main mise sur la bande de Gaza, ses frontières et sa zone économique exclusive.

Israël

Plusieurs personnalités accusent Israël de « génocide ». Il s’agit notamment du père Miguel d’Escoto Brockmann, président de l’Assemblée générale des Nations unies. De même, le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme des Nations unies Richard A.Falk accuse les actes d’Israël de « punitions collectives ».

Selon une étude menée par Anthony H. Cordesman, l’opération Plomb durci est en dépit de son coût humanitaire très élevé, elle est légitime au regard du droit international humanitaire. Yediot Aharonot pense que : « des discussions ont eu lieu au sein de Tsahal à propos de la légalité des frappes contre des habitations utilisées comme dépôts de munitions lorsque des avertissements suffisants ont été donnés à leurs habitants. Il a été décidé que cela entrait dans les limites du droit international humanitaire et était donc légitime ».

Selon une étude menée par Anthony H. Cordesman, l’opération Plomb durci est en dépit de son coût humanitaire très élevé, elle est légitime au regard du droit international humanitaire. Yediot Aharonot pense que : « des discussions ont eu lieu au sein de Tsahal à propos de la légalité des frappes contre des habitations utilisées comme dépôts de munitions lorsque des avertissements suffisants ont été donnés à leurs habitants. Il a été décidé que cela entrait dans les limites du droit international humanitaire et était donc légitime ».

Cependant, en juin 2010, 14 dirigeants politiques et militaires israéliens ont reçu une plainte pour crime contre l’humanité. Elle était déposée en Belgique à cause de sa compétence universelle.

Palestiniens

L’utilisation des installations civiles par le Hamas est condamnée par le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, John Holmes. Il estime qu’elle porte atteinte au droit international humanitaire.

Le 5 janvier 2009, la BBC a révélé que : « des témoins et des experts confirment que le Hamas tire des roquettes de zones peuplées de civils et que ces deux sources sont d’accord sur le fait que le mouvement viole de façon flagrante le droit international humanitaire et ciblant des civils avec ses roquettes ».

De même, Amnesty International reproche au Hamas d’utiliser les civils comme boucliers humains. Pour Israël, il les utilise pour confondre les lignes.

La réaction des acteurs concernés

En Israël

En Israël, les réactions viennent surtout de l’opinion publique et de l’opposition. Selon Delphine Matthieusent, le soutien populaire est très élevé en faveur de l’offensive à Gaza. Outre les mouvements pacifiques et les Arabes israéliens, le reste de la population semble favorable à cette guerre. L’historien Benny Morris résume parfaitement la situation quand il affirme que l’assaut aérien israélien ne : « résoudra pas le problème de base posé par la Bande de Gaza peuplée de 1,5 million de Palestiniens paupérisés et désespérés qui sont gouvernés par un régime fanatique et sont coincés par des barrières et des frontières contrôlées par Israël et l’Égypte ».

En Palestine

Selon Hanan Ashrawi, députée indépendante de Ramallah, cette guerre renforce l’estime des Palestiniens pour le Hamas. Dans le journal Haaretz, Amira Hass, journaliste et auteur israélienne affirment à propos d’un Palestinien opposé au Hams : « Soixante-dix policiers furent tués là, pas tous membres du Hamas. Et même ceux qui soutenaient le Hamas étaient de jeunes gens qui cherchaient un boulot, un salaire. Ils voulaient vivre. Et pour cela, ils sont morts. Soixante-dix en un seul coup. Cet assaut n’est pas contre le Hamas. C’est contre nous tous, la nation entière. Et aucun Palestinien ne consentira à voir son peuple et son pays détruits de cette façon ».

D’autres organisations telles que l’Autorité palestinienne, l’OLP et Fatah prennent pour responsable le Hamas des victimes de la population.

Les réactions internationales

Plusieurs institutions internationales et personnalités se sont prononcées sur la guerre de Gaza. Ban Ki-moon, l’Union européenne, la Ligue arabe et plusieurs gouvernements ont invité les belligérants à un « cessez-le-feu immédiat ». Après le premier échec, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté le 9 janvier 2009, la résolution 1890 invitant à « un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza ».

Ce conflit a occasionné des manifestations pour ou contre Israël et la bande de Gaza. Des défilés ont eu lieu pour manifester contre les gouvernements favorables à la guerre. Les pays de l’Europe de l’Ouest et musulman se sont notamment illustrés avec leurs manifestations.

Par ailleurs, cette guerre a suscité également une vague antisémite en Europe. Les actes antisémites ont considérablement augmenté durant l’offensive militaire israélienne.