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Les relations entre Israël et l’Algérie

Table des matières

Il n’existe pas de relations diplomatiques à proprement parler entre Israël et l’Algérie. La Ligue arabe et les 22 pays la composant ayant appelé au boycott d’Israël, les Algériens n’ont jamais reconnu la création de l’état hébreu. Le gouvernement algérien interdit d’ailleurs à tous les ressortissants israéliens d’entrer en Algérie. Il n’existe d’ailleurs aucune ambassade, ni à Tel-Aviv ni à Alger. Nous allons donc tout d’abord revenir dans cet article sur la présence du peuple juif en Algérie dans l’histoire. Nous verrons ensuite l’état des relations entre Israël et l’Algérie au fil du temps.

Présence du peuple juif en Algérie dans l’histoire

On estime que l’histoire du peuple juif sur le sol algérien remonterait à l’Antiquité. Elle serait en partie due à diverses vagues migratoires successives. La présence et le développement de la communauté juive sont étroitement liés avec la période romaine.

Les révoltes juives en Israël entre le premier et le second siècle de notre ère ont causé une dispersion massive des Juifs ce qui expliquerait cette immigration. Au VIIIe siècle, les musulmans ont conquis l’Afrique du Nord qui entre alors dans l’aire de la civilisation arabo-islamique.

Les communautés juives, alors présentes, sont alors identifiées comme non-musulmans vivant sur un territoire gouverné par les musulmans. Ce statut, appelé « dhimma », est discriminatoire, mais le peuple juif est protégé par un pacte.

Lors de l’invasion des Wisigoths en Espagne entre le VIe et le VIIe siècle, les juifs ibériques fuient le pays pour se réfugier en Algérie. Une nouvelle vague migratoire issue d’Espagne s’opère également à partir du XVe siècle suite à la Reconquista.

Ces flux successifs renforcent la présence de la communauté juive en Algérie et amènent des influences différentes aux Juifs déjà installés sur le sol algérien. Au XVIIIe siècle ce sont les Juifs dits « Grana de Livourne » qui migrent en Algérie, puis un grand flux migratoire issu de Tétouan au Maroc, viendra renforcer la présence juive algérienne.

Suite à la colonisation française de l’Algérie en 1830, la dhimma est abolie et chacun est libre de pratiquer sa religion et ses coutumes. Les juifs, qui étaient largement désavantagés face aux musulmans, deviennent alors égaux devant la loi française. Suite à cela, les Juifs algériens développent une haute opinion des Français.

Ils s’identifient alors de plus en plus à l’hexagone qui leur offre, en 1870, la citoyenneté française via le décret Crémieux. Leur statut est grandement mis à mal durant la Seconde Guerre mondiale ou ils retrouvent la condition « d’israélites indigènes ».

À l’heure de l’indépendance de l’Algérie, ils choisissent massivement de s’exiler en France et très peu de Juifs choisissent de s’installer en Israël ou de rester en Algérie. On observe alors la fin de plus de 2000 ans de présence du peuple juif sur le territoire algérien.

L’état des relations entre Israël et l’Algérie au fil du temps

Israël a reconnu immédiatement l’indépendance de l’état d’Algérie en 1962. En revanche, l’Algérie adopte dès 1963 le Code de nationalité qui prive les non-musulmans de la citoyenneté. En 1967, durant la guerre des Six Jours, l’Algérie perd trois avions de combat Mig-21 en Israël après avoir envoyé un escadron en Égypte.

En 1973 éclate la guerre du Kippour où l’Algérie combat Israël en mobilisant de nombreuses forces armées. L’Algérie reste fermée à un possible rapprochement diplomatique avec l’état israélien malgré que certains états d’Afrique du Nord commencent à lui ouvrir les portes dès 1990.

Des rapports entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et le président algérien Abdelaziz Bouteflika ont lieu en 1999. Ils se rencontrent et échangent aux funérailles du roi du Maroc Hassan II, mais cela reste dans un cadre non officiel.

Il est déclaré, dans l’hebdomadaire l’Express au cours de l’année 2000, que les relations entre les deux paysseraient en train de se développer. Ces échanges concerneraient notamment les domaines économiques et militaires.

Les services de renseignement des deux états travailleraient conjointement dans la lutte contre le terrorisme. Le président Bouteflika serait en pourparler avec Dany Yatom, anciennement chef du Mossad, pour un projet de protection rapprochée et de fourniture de matériels de sécurité israéliens.

Les échanges commerciaux entre Israël et l’Algérie se cantonnaient alors à des transactions de médicaments et de matériels à destination des hôpitaux. Pourtant, les hostilités sont toujours bien présentes et les relations ne se détendent pas.

Pour preuve, en 2016 il fut retiré des lycées algériens un ouvrage de géographie incluant une carte qui mentionnait l’État d’Israël. Selon le même principe, en 2017 un algérien qui s’était entretenu en vidéo avec un responsable israélien fut arrêté.  

En 2020, de nombreuses personnes s’expriment en faveur du développement des relations entre les deux pays afin que l’Algérie puisse en bénéficier. De plus, les États du Golfe arabique demandent une normalisation des rapports. Le Hirak, vu comme un véritable renouveau politique, impacte aussi fortement les affaires intérieures algériennes.

Pourtant, l’Algérie semble rester fermée à ces demandes. Il est ainsi impossible de prévoir une amélioration des rapports et un éventuel début de relations diplomatiques avec l’État d’Israël. L’histoire est chargée et l’Algérie est toujours conditionnée par la lutte anticoloniale assimilée à la lutte palestinienne des années 1960 et 1970.

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