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Elections législatives en Israël : Nétanyahou mise sur la fatigue électorale et la vaccination pour se maintenir au pouvoir

Le premier ministre veut tirer profit de l’éclatement de l’opposition pour s’imposer aux élections législatives, qui ont lieu lundi. A la mi-journée, la participation était de 25 %.

 

Sous les fenêtres de sa résidence à Jérusalem, des milliers de personnes ont lancé un nouvel adieu au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, samedi 20 mars au soir, à trois jours des élections législatives israéliennes. Ils étaient 50 000 selon les organisateurs, soit la plus grande mobilisation depuis des mois, si ce n’est depuis le début du mouvement. Le tintamarre des fanfares, dans la foule, couvre le son d’un concert de rock sur l’estrade. Aucune distanciation physique : c’est un immense corps-à-corps. Voilà un bénéfice de la campagne de vaccination contre le Covid-19 la plus rapide au monde, dirigée par M. Nétanyahou, dont il a fait son principal argument électoral.

 

Sous les fenêtres de sa résidence à Jérusalem, des milliers de personnes ont lancé un nouvel adieu au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, samedi 20 mars au soir, à trois jours des élections législatives israéliennes. Ils étaient 50 000 selon les organisateurs, soit la plus grande mobilisation depuis des mois, si ce n’est depuis le début du mouvement. Le tintamarre des fanfares, dans la foule, couvre le son d’un concert de rock sur l’estrade. Aucune distanciation physique : c’est un immense corps-à-corps. Voilà un bénéfice de la campagne de vaccination contre le Covid-19 la plus rapide au monde, dirigée par M. Nétanyahou, dont il a fait son principal argument électoral.

 

« Que l’accusé se lève ! » La foule moque le procès pour corruption du premier ministre, dont les phases d’audience doivent s’ouvrir quelques jours après le scrutin. Cela fait trente-neuf semaines que ces manifestations durent, une longévité exceptionnelle pour un mouvement social en Israël. Mais à quoi bon ? Une chose est certaine : le parti de M. Nétanyahou, le Likoud, arrivera en tête des élections le 23 mars.

 

Même scénario depuis deux ans

Certes, aucun sondage ne lui donne une majorité de soixante et un sièges sur cent vingt. Mais il est parvenu à éparpiller son opposition, qui devra négocier longuement, si elle franchit ce seuil, pour former un gouvernement d’alternance. En cas d’échec des deux bords, le pays ira vers un cinquième scrutin. L’usure électorale se fait sentir jusqu’au noyau dur des manifestants. « La prochaine fois, si rien ne change, ces gens n’iront plus voter. Nous sommes fatigués… Mais je ne peux pas rester assis à la maison et pleurer », dit Rafi Taylor, acteur à la retraite, actif parmi les « drapeaux noirs », le groupe le plus structuré du mouvement.

 

Israël paraît être tombé dans une faille temporelle : c’est le même scénario qui se rejoue depuis deux ans, à quelques variations près. Les enquêtes d’opinion ont sédimenté depuis avril 2019 : une courte majorité d’Israéliens veut un changement de premier ministre. Mais le « bloc » de M. Nétanyahou résiste, avec l’aide de la droite religieuse et des ultraorthodoxes. « Les électeurs répondent avec constance de la même façon. Mais les partis refusent d’en tirer une conclusion. Ces scrutins sont si irrespectueux du public… C’est un gâchis d’argent en pleine pandémie. Une immense violence », confie la spécialiste des sondages Dahlia Scheindlin, qui anime un podcast de haut vol, « Overdose électorale », pour le quotidien de gauche Haaretz.

M. Nétanyahou domine, comme toujours, cette étrange campagne, menée en ligne et dans des meetings de moins de cinq cents personnes – consignes sanitaires obligent. Il espère tirer profit de la fatigue électorale pour rassembler les quelques milliers de votes qui lui manquent. En réalité, cet effort a commencé dès le lendemain de la formation d’un éphémère gouvernement de coalition, en mai 2020. M. Nétanyahou a décrédibilisé son principal rival, le général Benny Gantz, qui avait incarné, au centre de l’échiquier politique, l’alternative la plus crédible à son règne, avant d’accepter de le rejoindre pour prendre le ministère de la défense.

Contestation à droite contenue

Le premier ministre a su contenir une contestation inédite à sa droite, en renvoyant dos à dos ses opposants Gideon Saar, qui a quitté le Likoud, et Naftali Bennett, leader de la droite religieuse. Il les présente comme des « outils de la gauche », prêts à s’allier avec elle pour le faire tomber. M. Bennett a fini par admettre qu’il pourrait rejoindre le premier ministre au gouvernement : il se rêve en faiseur de rois, mais il y perd beaucoup dans les sondages.

Quant à l’opposition de gauche, M. Nétanyahou a joué brillamment sur ses divisions. Il paraît avoir démobilisé une partie de l’électorat arabe (20 % de la population) en faisant éclater la liste unie de leurs partis. Le premier ministre a même solidifié son camp, en contraignant ses alliés de l’extrême droite religieuse à intégrer les homophobes du parti Noam et les héritiers du rabbin Meir Kahane, suprémacistes juifs un temps bannis de la Knesset.

Face à lui, Yaïr Lapid, leader du parti centriste Yesh Atid, mène une campagne impressionnante par sa discrétion : il cherche à ne pas affaiblir les petits partis, en premier lieu Meretz (gauche), qui risque de tomber sous la barre des 3,25 %, ce qui lui interdirait l’accès au Parlement. Mais, dans ses rangs, la fatigue se fait sentir. « Ce n’est pas pour ça que je suis entrée en politique : ce n’est pas mon métier de me faire élire, dit Karin Elharrar, députée de Yesh Atid, qui multiplie les conférences de campagne sur Zoom. Les gens en ont assez de nous entendre encore faire des promesses, raconter ce que nous voulons faire une fois au gouvernement. Ils n’ont plus de patience pour nous et je les comprends. »

Pour la première fois depuis deux ans, le taux de participation promet de baisser légèrement, sans que les sondages laissent deviner quelle part des électeurs s’épuise avant les autres. Depuis 2019, ils se rendent aux urnes avec abnégation à près de 70 %. « C’est presque une émission de télé-réalité en direct, où chaque citoyen israélien prend sa part en votant », déplore Yohanan Plesner, le président de l’Institut d’Israël pour la démocratie (IDI). Résultat : le taux de confiance dans les partis politiques est au plus bas depuis une décennie. Cette désillusion touche toutes les institutions, y compris l’armée, selon les enquêtes de l’IDI.

Travail de l’Etat miné

Car le travail de l’Etat est miné par ce cycle électoral sans fin. Le gouvernement n’a pas adopté de budget depuis deux ans. Il n’est pas en mesure d’investir pour relancer l’économie, alors que se clôt une phase de gestion de l’épidémie dans l’urgence. Est-ce une crise du système politique israélien, ou un trop long intervalle ? Les analystes divergent.

L’opposition en fait, in fine, une affaire de personne : pour elle, tout rentrera dans l’ordre une fois M. Nétanyahou démis. La droite, elle, ambitionne de changer en profondeur les institutions, à commencer par la justice. M. Nétanyahou l’a promis, s’il est réélu : « Nous introduirons des réformes au système judiciaire, qui a perdu son équilibre. » Sa coalition souhaite modifier la procédure de désignation des juges, et surtout limiter la capacité de la Cour suprême à censurer les lois passées au Parlement – gage de l’immunité que pourrait offrir la Knesset à M. Nétanyahou, afin de repousser son procès.

Le Likoud souhaite faciliter la nomination de personnalités plus politiques aux postes de procureur de l’Etat, de conseiller légal du gouvernement, et parmi les conseillers juridiques des ministères. « De telles réformes transformeraient radicalement le régime de contrôle démocratique des institutions, quand bien même elles ne sont pas désirées par une majorité d’Israéliens », craint M. Plesner. Pourtant, elles ne font pas l’objet d’un débat dans cette campagne, tout entière accaparée par le sort de M. Nétanyahou.

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