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Les élections israéliennes pour les nuls : comment en sommes-nous arrivés là ?

Une brève histoire de la gouvernance juive, et pourquoi les chiffres 3.25 et 61 sont si umportants dans cette élection.

Pendant près de 2 000 ans (1 951 ans pour être exact) les Juifs ont vécu sous la domination d’autres peuples à travers le monde.

Depuis la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 de l’ère commune, les Juifs ne se sont pas gouvernés eux-même d’un point de vue politique. Les Juifs ont gérer des communautés, de petites localités et dans de rares cas des villes. Ils ont profité d’une certaine autonomie sur le plan religieux et culturel dans certaines régions et à certaines époques, mais ils n’ont jamais gouverné une entité politique indépendante et clairement définie, et certainement pas une nation souvraine ou un état. Et ce, même après l’avénement d’une entité politique au milieu du 19e siècle en Europe.

Le Siège de Jérusalem en 70 de notre ère a été un événement politique décisif de la première guerre opposant les Juifs aux légions Romaines, qui étaient dirigées par l’Empreur Titus. Il a assiégé, conquéri et détruit Jérusalem. La ville a été controllée par plusieurs factions de rebelles Judéens depuis la Grande Rebellion de 66.

Le siège de la ville a duré cinq mois, il a commencé le 14 avril, trois jours avant Pessah et s’est terminé en Août, à Tisha B’Av (le neuvième jour du mois de Av), avec l’incendie et la destruction du Second Temple. Cet événement a également mis fin à la souvraigneté et à l’indépendance juive, jusqu’à mai 1948. Les Juifs se sont retrouvés dispersés dans l’Empire Romain et ont créer la Diaspora moderne et des centres juifs en dehors de la Terre d’Israël.

Sans entrer dans les controverses de l’imprudence politique des Juifs, du radicalisme, de l’insouciance et de leur mauvaise compréhension des politiques de Rome et des Romans, une chose était claire : les Juifs se retrouvaient (encore) sans état. 

Ce qui suffit à dire, et certains ne seron pas d’accord, que si le pouvoir juif entre 66 et 70 de l’ère commune possédait plus de sens politique et une meilleure prévoyance, la guerre et la défaite auraient été évitées. Jésus de Nazareth aurait été un réformateur et non l’inventeur d’une nouvelle religion.

Pendant 1951 ans, les Juifs ont vécu sous tous les régimes politiques possibles et imaginables : monarchies, principautés, sultanats, califats, empires multinationaux, dictatures totalitaires, facisme, nazisme, communisme, autocratie, interrègnes révolutionnaires, démocraties. On pourrait donc pensé que des gens astucieux, qui ont suffisamment souffer et qui ont observé le bon, le mauvais, le moche, les bons côtés et les mauvais, les choses à faire et les choses à ne pas faire de tous les systèmes politiques, aurait trouvé quelque chose. Au lieu de synthétiser les aspects positifs de systèmes politiques et électoraux de plusieurs d’entre eux, le pouvoir juif, avant même d’obtenir son indépendance, a adopté un système qui, avec le temps, a perdu en efficacité.

 

Il y a eu de fortes circonstances atténuantes. D’abord, les Juifs n’avaient aucune expérience d’un système politique bon et efficace. Et les Juifs n’avaient pas de traditions démocratiques. La tradition talmudique et des siècles d’instinct de survie ont rendu les Juifs hostilent au totalitarisme, mais pas fondamentalement démocrates. Ils n’ont eu ni la Magna Carta, ni la Glorieuse Révolution de 1688, ni la Révolution française, ou la Révolution américaine. Les Juifs sont revenus en Israël depuis des pays non démocratiques : la Russie tsariste, la Pologne, la Lithuanie, la Biélorussie, la Roumanie, l’Allemagne, l’Empire Austro-Hongrois, la Turquie, le Maroc, l’Iraq, le Yemen. Aucun de ces pays n’a été une démocratie ou ne cultivait de valeurs démocratiques qui aurait permis aux Juifs d’apprendre. Si certains visionnaires du sionisme politique ont pu être libéraux, mais les pères fondateurs étaient socialistes.

La nécessité politique et les contraintes ont forcé les pères fondateurs à développer un système inclusif, un patchwork : la représentation proportionelle. Tout le monde devrait être représenté, donc aujourd’hui, 73 ans plus tard, il y a 14 partis en lice pour les prochaines élections.

La première élection après l’Indépendance de l’Etat d’Israël a eu lieu le 25 janvier 1949. Il y a eu 25 élections depuis. Ce qui fait une moyenne d’une élection tous les 2.8 ans. La prochaine élection, le 23 mars, sera la quatrième en deux ans. Une démocratie ? Oui. Une démocratie stable ? Pas sûr.

Les termes fondamentaux

Le seuil des 3.25%

Le nombre minimum de vote que doit obtenir un parti politique pour entrer à la Knesset. Compte tenu d’un taux de participation moyen pluriannuel d’environ 70%, 3.25% de tous les votes équivaut à 4 sièges au parlement. Si un parti reçoit moins de 3.25% des suffrages, les votes ne sont pas compté. Jusqu’en 1992, le seuil était de 1%, puis 1,5%, puis 2% et depuis les élections de 2015 il est de 3.5%.

C’est un terme clé de cette élection de 2021 : il y a quatre ou cinq partis, qui, dans les sondages, se trouvent juste au dessus de cette limite des 3.25%. Si un ou deux d’entre eux échoue à passer le seuil, la totalité de la composition du gouvernement pourrait changer.

61 (sièges)

Dans un parlement comptant 120 membres, 61 représente la majorité pour former un gouvernement de coalition. Pour le Premier ministre Benyamin Netanyahu, cela porte une signifcation à la fois spéciale et critique : une majorité de 61 sièges pour faire passer une loi lui garantirait l’immunité, ce qui lui permettrait d’échapper à des poursuites judiciaires pour corruption, fraude et abus de confiance.

Pour les opposants de Netanyhu, ce nombre n’est pas toujours magique. Pour Netanyahu, 61 est le Saint Graal, c’est tout ce dont il a besoin. Pour ses rivaux, 61 pourrait ne pas être suffisant. Ils ont gagné 62 sièges en mars 2020, et 65 en septembre 2019. Les deux fois, à cause de conflits internes et de trahisons, ils ne sont pas parvenus à former un gouvernement alternatif. Les divergences entre les partis sont peut-être inconciliables.

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