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Yana Grinshpun. Quand les idéologies crapuleuses gangrènent l’enseignement supérieur

La source de l’islamo-palestinisme est fort lointaine…

La Sorbonne, Paris, 7 mai 2024 © SOPA Images/SIPA

L’administrateur de Sciences-Po révèle aujourd’hui, après enquête, avoir la conviction que des propos antisémites ont bien été tenus dans son école le 12 mars : “Ne la laissez pas entrer, c’est une sioniste”. Si le palestinisme est une idéologie de gauche qui n’est pas nouvelle, et qui remonte même aux années 60, ses dernières manifestations dans l’enseignement supérieur français doivent nous inquiéter.

Depuis le 7 octobre, certaines universités françaises ont, comme on dit aujourd’hui, “libéré la parole” antisémite. Les émeutiers, les bloqueurs et leurs instigateurs diplômés se présentent comme des antisionistes qui veulent combattre l’injustice commise par les Ju.., pardon, les Israéliens sionistes et leurs soutiens, et que Dieu les préserve, ils ne sont surtout pas antisémites. Bien sûr, on pourrait citer à leur intention la fameuse formule de Vladimir Jankélevitch à propos de “l’antisionisme” comme d’une “incroyable aubaine” :

“Car il nous donne la permission – et même le droit, et même le devoir – d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les Juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. Il ne serait plus nécessaire de les plaindre : ils auraient mérité leur sort”[1].

Mais cela n’explique pas la longue tradition du palestinisme, vieille idéologie qui prospère dans les universités depuis les années 60, et qui nourrit en permanence l’imaginaire révolutionnaire de la jeunesse, abrutie à souhait par les militants du genre, de la race, du décolonialisme, de l’intersectionnalisme et d’autres pseudo-luttes contre la discrimination imaginaire et la défense de victimes qui n’existent pas.

Le palestinisme est une idéologie, voire une religion, qu’on peut définir à la suite de Pierre-André Taguieff, comme “l’ensemble des représentations et des croyances qui composent le mythe politique fondé sur les croyances à l’existence du « peuple palestinien” et sur sa sacralisation en tant que peuple-victime dont les bourreaux seraient “les sionistes” ou “l’entité sioniste””[2].

Une idéologie de gauche qui remonte aux années 60

Dans les années 60, les intellectuels français de gauche, marqués par les combats pour l’indépendance de l’Algérie, découvrent les nouveaux damnés de la terre du Tiers-monde. Ils se font défenseurs du communisme latino-américain et asiatique, contestent la « suprématie occidentale », et vouent un culte aux nouveaux héros du moment : le Che, Castro, Mao Tse Dong, Ho Chi Min, Sékou Touré ou encore Gamal Abdel Nasser. Des tyrans sanguinaires qui séduisent par leur vocabulaire toute une génération d’universitaires.

Devant l’école Sciences-po Paris, 26 avril 2024 © Umit Donmez / ANADOLU / Anadolu via AFP

Les premiers soutiens de la soi-disant “cause palestinienne” sont introduits dans la vie française par les maoïstes. En 1967, après la victoire d’Israël dans la guerre des Six Jours, est créé un comité de soutien au “peuple palestinien”[3]. Ce comité demande aux “travailleurs algériens, tunisiens et marocains en France » de soutenir les « victimes de la guerre[4]. En 1969, la gauche prolétarienne créé les Comités Palestine ; aussi, ceux que nous voyons actuellement fleurir partout dans les facultés ne sont pas une “nouveauté”, la différence c’est qu’aujourd’hui ils sont les soutiens du Hamas.

En 1979 l’AFP (Association France Palestine) est née. L’un de ses contributeurs actifs est Alain Gresh, celui-là même qui a récemment invité Salah Hamouri, condamné pour avoir attenté à la vie d’un rabbin en Israël, célébré par une certaine frange universitaire comme le héros de la “résistance”. Le site de l’AFP en fait état, sans oublier les mains ensanglantées en guise de symbole de “résistance”[5].

Dans les années 1990, les soutiens à « la cause palestinienne » s’islamisent ouvertement. Il faut lire l’article de Pierre-André Taguieff cité plus haut, pour voir la trajectoire de ladite cause palestinienne et celle de son islamisation progressive. Le premier Comité islamique qui mobilise les musulmans est le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens fondé en 1990. Il est lié à l’Union des Organisations Islamiques en France et affiche ouvertement son soutien au Hamas. Active en France, cette organisation est placée sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et Israël.

La nébuleuse s’étend

En 2004, la Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (CAPJPO), est fondée par deux anciens militants de la Lutte Ouvrière, Nicolas Shashani et Olivia Zemour. Leur but principal coïncide avec celui de BDS (Boycott Desinvestment Sanctions) : boycotter Israël à tous les niveaux – économique, culturel, académique et politique. Ces militants visent le public des jeunes (les étudiants sont donc une proie idéale), et s’adressent souvent aux jeunes d’origine maghrébine, pour jouer sur les sentiments propres à une appartenance commune. Présents dans les facultés françaises, ils y officient sous le couvert de la liberté d’expression.

Cette nébuleuse anti-israélienne est aidée par le décolonialisme et l’intersectionnalisme  (l’intersection de toutes les victimes imaginaires) qui ont déclaré que l’Homme blanc occidental était un ennemi, et que les Juifs sont des criminels qui représentent l’Occident en « Palestine ».  Tout cela s’est exacerbé après le 7 octobre.

L’université est également le lieu où peuvent prospérer les thèses négationnistes. Nous l’avons vu, dès le 8 octobre avec certains communiqués syndicaux universitaires qui condamnent l’attaque israélienne (sic !).

Produit universitaire, le négationnisme est né en France, au département de littérature de l’Université de Lyon II, créé par Robert Faurisson qui niait le génocide des Juifs. Par ailleurs, Faurisson se déclarait antisioniste, ce qui lui a valu de recevoir à l’époque, un prix des mains du président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad. Rappelons que l’antisionisme est une idéologie qui nie le droit du peuple juif à l’existence souveraine sur sa terre. C’est une idéologie totalitaire qui s’inscrit dans la continuité du communisme et du nazisme. Et c’est cette idéologie qui est portée au pinacle dans des établissements supérieurs. Aujourd’hui, le négationnisme est boosté par la gauche radicale et par ses alliés qui se nichent dans nos universités.

Les étudiants antisionistes de la Sorbonne, de Sciences Po, de Lille, n’ont jamais protesté contre la dictature islamiste totalitaire en Iran, il y a peu de chances qu’ils connaissent l’histoire du Proche Orient, ou l’histoire en général.  Mais, pris en main par certains collègues, par des activistes de l’agit-prop propalestinienne, par les mensonges diffusés depuis des années au sujet de la « Palestine » mythologique, ces étudiants nient l’attaque génocidaire du Hamas et cultivent la haine des juifs, en prétendant lutter contre les « sionistes », terme qu’ils emploient comme Sayyd Qutb, comme Mohammed Haj Amin al Hussejni ou comme Yahja Sinwar.  Ils sont aidés par les activistes de LFI, les membres du BDS, les Comités Palestine qui transforment les universités en centres d’endoctrinement.

Il est trop tard aujourd’hui pour sauver ces institutions de la peste idéologique, il aurait fallu combattre ces idéologies à la racine et veiller à ce que l’université soit un lieu idéologiquement neutre. Mais l’institution universitaire continue sa belle tradition d’accueil des idéologies crapuleuses issues des utopies communistes, activement soutenues par la gauche radicale de la même manière qu’elle voue un culte au dieu Padevag, très vénéré dans le milieu… 

Asinus asinum fricat

Et pendant que des militants pro-Palestine fichent le bazar dans nos facs, Rima Hassan visite la Grande Mosquée de Paris…

Le recteur @ChemsHafiz particulièrement heureux d’accueillir Rima Hassan @RimaHas, juriste de renom, dont le combat pour les personnes vulnérables en exil est exemplaire. En tant que directrice de l’Observatoire des camps de réfugiés, dédié à l’étude et à la protection des camps… pic.twitter.com/XSMr3ft9mz

— Grande Mosquée de Paris (@mosqueedeparis) May 22, 2024

La grande mosquée de Paris marche enfin à visage découvert. Après moult discours lénifiants sur la “paix”, le discours sur “sa mère l’Algérie”, son inquiétude que l’on parle de l’entrisme islamiste au plus haut niveau de l’Etat et ses alliances plus que douteuses, Monsieur le Grand Recteur reçoit les bras ouverts celle qui appelle ouvertement à la destruction d’Israël. Un petit rappel : Rima Hassan est une juriste “de renom” dont le talent consiste à conjuguer le mensonge et l’appel au génocide dans une seule phrase :

Mensonge ?

Je renvoie à ce texte de Jean Szlamowicz (ici), pour les curieux qui veulent tout savoir sur la dénomination “Palestine”. Quant au drapeau palestinien adopté en 1974 et qui n’a rien de “palestinien”, il est composé des couleurs symbolisant le Prophète (rouge), la dynastie des Abbasides (noir), la dynastie des Omeyyades (blanc) et les Fatimides (Vert). Tout ce beau monde a colonisé la Judée à partir de 632 et n’a donc pas pu être là “avant nous”. (Sur X, Rima Hassan s’adresse à deux groupes clairement nommés : aux “sionistes” et à ses soutiens pro-palestiniens (“vous” désigne ceux dont elle désire la disparition). Il en est de même de son « renom » mentionné dans le tweet du Grand Recteur. On saura pour l’avenir qu’un obscur diplôme de Master fait de vous un juriste de “renom” et octroie le droit de répéter ad infinitum le syntagme “droit international” sans jamais citer aucun texte dudit droit.

Appel à l’extermination

Depuis un an, Rima Hassan appelle à en finir avec l’Etat Hébreu, soit en souhaitant l’éradication d’Israël, soit en proférant des énormités anhistoriques sur les plateaux qu’aucun journaliste ne relève véritablement (voir ici) et qui sont censées justifier ses appels à être là après “nous”. La seule raison d’exister de Rima Hassan est l’obsession de la disparition d’Israël, ce dont témoignent tous ses tweets.

Le grand recteur

Quant au Grand Recteur (on a presque envie de dire Grand Mufti !), qui n’hésite pas à participer aux évènements, organisés par les Frères Musulmans (par exemple, un colloque qui s’est tenu le 4 février 2023) il s’est dernièrement distingué dans son attitude plus qu’ambivalente à l’égard de l’islamisme, en exprimant sa “plus grande inquiétude” suite au discours du premier ministre Gabriel Attal sur “l’entrisme islamiste et frériste”. Ce n’est pas l’entrisme qui l’inquiète, c’est qu’on en parle officiellement !

Rappelons que le Hamas est une filiale des Frères Musulmans et que leur charte reprend à la lettre les préconisations des idéologues fréristes (Sayyd Qutb et Hassan al Banna) dont le point de ralliement consiste à répandre la bannière de l’islam sur le genre humain (point 5 du crédo des Frères musulmans) et à se débarrasser des Juifs, comme l’atteste Khaled Maachal (président du bureau politique du Hamas) en 2012 :

“Libérer la Palestine, TOUTE la Palestine est une obligation, un privilège, un objectif et un but… La Palestine –du fleuve à la mer, du nord au sud [cad tout Israël]- est notre terre, notre droit et notre patrie. Il n’y aura pas de reddition, même sur le plus petit morceau de cette terre. La Palestine est et a toujours été arabe et islamique…”1

Tant Rima Hassan que Chems-Eddine Hafiz n’arrêtent pas de désinformer et de manipuler le public, l’une par ses mensonges couplés aux appels à l’intifada, l’autre par ses protestations contre la lutte avec l’islamisme, ses silences un peu trop bruyants sur l’appel au jihad contre les Juifs et les Chrétiens dans le Coran, ses rapports ambigus avec l’Algérie, ainsi que la vieille et usée rengaine de “pasdamalagame” et d’islamophobie quand on parle de la montée de l’antisémitisme. Rien d’étonnant que ces deux “personnalités” s’apprécient mutuellement, tout en refusant de qualifier le Hamas d’organisation terroriste.

Notes

[1] Vladimir Jankélévitch, L’Imprescriptible. Pardonner ? Dans l’honneur et la dignité, Seuil, 1986.

[2] « Les trois sources de l’islamo-palestinisme jihadiste (Haj Amin al-Husseini, Hassan al-Banna, Sayyid Qutb) et le massacre du 7 octobre », https://www.revuepolitique.fr/les-trois-sources-de-lislamo-palestinisme-jihadiste-haj-amin-al-husseini-hassan-al-banna-sayyid-qutb-et-le-massacre-du-7-octobre-2024/

[3] C’est nous qui mettons les guillemets, car il n’existe pas d’Etat Palestinien, ni de territoires palestiniens, ni de revendications de souveraineté nationale palestinienne à cette époque.

[4] https://www.lemonde.fr/archives/article/1967/06/22/l-aide-aux-victimes-arabes_2634653_1819218.html

[5] https://www.france-palestine.org/Conference-avec-Salah-Hammouri-et-Alain-Gresh-a-Grenoble

https://www.jeuneafrique.com/138930/politique/khaled-mechaal-le-r-unificateur

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