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Cannes 2024 : où est Israël ? Par Valérie Abecassis

Israël est dans ce ruban jaune. Merci Philippe Torreton, cohérent, fidèle

Leila Bekhti monte les marches avec un badge représentant une pastèque, fruit symbole du soutien à la Palestine.

Laura Blajman-Kadar, survivante du massacre du 7 octobre, a monté les les marches avec une robe représentant les otages du Hamas

C’est probablement la première fois dans l’histoire du Festival de Cannes qu’il n’y a aucun film, aucun acteur, aucune actrice, aucun producteur et aucune productrice israéliens sur la Croisette. Zéro. Enfin, presque.
Vendredi 17 mai, Gideon Tadmor et Emilio Shankar feront leur montée des marches. Ce sont les producteurs israéliens du film américain “Ho Canada”, réalisé par Paul Schrader avec Richard Gere et Uma Thurman. Le film est en compétition officielle et on se prend à rêver à une Palme d’Or, à un prix pour Richard Gere ou Uma, et pourquoi pas à un discours. Prenons les Oscars : en 50 ans, l’acteur n’a jamais été nommé pour une statuette. Pire, Richard Gere a été interdit d’Oscars pendant 20 ans parce qu’en 1993, alors qu’il remettait un prix du décor à Hollywood, il avait eu le courage de critiquer le gouvernement chinois pour son traitement envers son peuple et envers les Tibétains. On imagine, à Cannes cette année, des mots sur nos otages ? Sur le malheur et la douleur d’Israël, sur ses pertes, ses morts ? Juste un petit mot qui mettrait de l’intelligence dans ce chaos mondial…

À part les deux patrons de Sipur, qui pourrait représenter Israël ? Peut-on mettre dans la catégorie Israël la Shoah ? Alors le dessin animé très attendu du Français Michel Hazanavicius va compter aussi. Le génial réalisateur présente en compétition officielle “La plus précieuse des marchandises”, adapté du livre de Jean-Claude Grumberg, l’histoire d’un couple de bûcherons pauvres qui recueillent un bébé jeté d’un des nombreux trains qui traversent sans cesse leur bois.

Est-ce que des trans de Ramallah, de Gaza et de Nazareth venus vivre librement leur sexualité à Tel Aviv comptent pour représenter Israël ? Si oui, alors le film de Yolande Zauberman “La Belle de Gaza”, sous bannière française, est à noter également, même s’il passe en séance spéciale tard, même si le film ne dit jamais que c’est encore dans cette seule démocratie de la région que ces travestis (qu’on jetterait du toit chez eux) peuvent vivre, aimer, se prostituer s’ils le désirent en Israël.

Laura Blajman-Kadar, survivante du massacre du 7 octobre, sur les marches de CannesCollectif 7 octobre Côte d’Azur

On y découvre par ailleurs le top model et trans israélien Talleen Abu Hanna, dont le père, musulman israélien arabe et chauffeur de bus, est d’une humanité rare. Est-ce qu’un film argentin qui raconte que Ruben, le fils cadet de la famille Singman, prépare sa Bat Mitzvah au lieu de sa Bar Mitzvah peut prétendre au chapitre d’Israël ? Alors le film “Transmitzvah” de Daniel Burman est à mettre également au crédit de la présence israélienne à Cannes. Et le court-métrage “It is not time for pop”, d’Amit Vaknin, l’histoire d’une jeune fille qui ne veut pas célébrer célébrer son père, tué à la guerre, le jour de Yom Hazikaron.

Mais à part tout cela (bien tiré par les cheveux), probablement peu d’humains en provenance de Ben Gourion auront fait le voyage pour tenter de vendre, d’acheter ou de proposer un film, un tournage, une coproduction, un scénario made in Eretz. Et vu le climat de haine mondiale (surtout dans les milieux éclairés), le moindre projet qui sortira du Pavillon Israélien au marché du film ou de la société Film for Israel, présente également à Cannes cette année, sera à mettre au crédit des nombreux miracles accomplis par l’Éternel pour son peuple. Il n’y a cette année ni les moyens, ni l’envie de mixer flonflon, red carpet, champagne et art, mais surtout il n’y a pas de désir du monde du cinéma pour l’État juif.

Cette année, pour le pays, c’est zéro. Comme à Lille pour le festival Séries Mania, comme à Cannes pour Cannes Séries. Il y a quelques éditions, c’était “le Genou d’Ahed” de Nadav Lapid, “Les Cahiers Noirs” de Shlomi Elkabetz, le dessin animé “Where is Anne Frank” ou “Tre Piani” de Nanni Moretti, tiré d’un roman d’Eshkol Nevo, qui faisaient monter l’engouement pour Israël. Il y avait les rencontres (inimaginables aujourd’hui) Israël/Émirats arabes unis, il y avait des tables rondes autour de l’animation. Au Festival de Cannes 1967, Oded Kotler remportait même le Prix d’interprétation masculine pour “Trois jours et un enfant”. On se surprend à regretter sur le tapis rouge la robe militante de l’ancienne ministre de la Culture Miri Regev et ses déplacements coûteux, le film “Babi Yar. Context” sur le massacre de Babi Yar (au moins on parlait des Juifs sur la Croisette, sic).

On voudrait presque encore l’esclandre racoleur de l’équipe de tournage israélienne arabe de “Il y eut un matin” d’Eran Kolirin, qui refusait en 2021 de monter les marches pour protester contre l’occupation (alors que le film en Israël a obtenu tous les prix Ophirs avec ladite équipe dans la salle). Où sont Menahem Golan et Yoram Globus qui signaient sur une nappe en papier un contrat avec Jean-Luc Godard ? Même de lui, on en rêve. Où est passé Israël à Cannes ? Comment l’attaque meurtrière du 7 octobre a-t-elle provoqué sa mise au ban et donc presque sa faute ?

© Valérie Abecassis

Source: i24News

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