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Nidra Poller. Cris de guerre XVI. Laisse les morts déterrer leurs morts

Laisse les morts déterrer leurs morts

23 avril – 6 mai

Circuit court/court-circuit

Les écolosensibles favorisent la consommation en circuit court : des fruits et légumes cultivés aux portes des grandes villes et acheminés, de préférence, à vélo. De même, les « informations » sont acheminées directement de la bouche du Hamas aux oreilles de nos dirigeants.  

Flash info ! Les médias accourent à l’hôpital Nasser de Khan Younès où les Gazaouis viennent de découvrir une fosse commune. On accompagne les pleureurs qui déterrent les morts habillés de linceuls islamiques grisâtres pour les envelopper dans du neuf, tout blanc tout propre. Les chiffres s’affichent en bas d’écran, plus de deux cents, plus de trois cents…

La France exige une enquête internationale impartiale, l’administration Biden est consternée, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, horrifié, accuse l’armée israélienne de crime de guerre. Les médias, à quelques exceptions près, se frottent les mains. Cité par Time Magazine, le Col. Yamen Abu Suleiman, directeur de la défense civile à Khan Younès, apporte des précisions « alarmantes » : On trouve des cadavres aux mains et pieds liés, il y a des signes « d’exécutions de masse, on ne sait pas s’ils étaient enterrés vivants ou abattus ». Quelques commentateurs, à leur crédit, s’avouent sceptiques. Des corps en linceul dans une fosse commune ? Ce serait du jamais vu.

En effet. Les médias, aujourd’hui choqués, avaient témoigné, vidéos à l’appui, au creusement d’une fosse commune à côté de l’hôpital Nasser… le 28 janvier. C’était déjà la faute aux méchants israéliens. Dans l’espace d’une dizaine minutes, en consultant uniquement des open sources, on recueille d’innombrables liens au reportage de la fin janvier, repris alors à droite et à gauche. Le site, facilement reconnaissable, est le même que celui de la découverte fracassante du mois d’avril. A la différence qu’à l’époque on parlait de quelques 150 morts enterrés.

Comme quoi, le génocide des Palestiniens, attribué à l’Etat juif depuis des décennies, n’a pas seulement abouti au doublement de la population des vivants, il a également multiplié les morts.

Le Haut-Commissaire a retiré ses accusations of course ? Les journalistes, ayant fait avec un petit retard les mêmes recherches que toi et moi, ont corrigé le tir, n’est-ce pas ? Time Magazine s’est repenti d’avoir relayé des propos diffamants, inflammatoires et faux ? 

Bof. Pourquoi nous priver d’une si belle histoire ? On clôt discrètement le dossier, personne ne nous en tiendra rigueur. 

Pas d’escalade

C’est le mot d’ordre murmuré, entonné, crié à chaque tournant du conflit. Rafah ? Pas d’escalade. Riposte au barrage de missiles et de drones lancés par l’Iran ? Pas d’escalade. Réponse aux attaques quotidiennes en provenance du Liban ? Pas d’escalade.

 Dis-le à l’alpiniste au pied d’Everest, aux pompiers devant un immeuble en feu : pas d’escalade.

A l’Ukraine, envahie, bombardée, menacée de perte de souveraineté, sous-armée face à un ennemi sans scrupules, on accorde le droit de se défendre… dans les limites de son territoire national… mais pas d’escalade.

Israël, cible des ennemis farouches postés aux quatre points cardinaux : l’Iran et ses proxies –le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, leurs acolytes en Judée Samarie et la CPI. Les plus de 300 missiles et drones lancés par l’Iran, l’attentat massif de l’infâme 7 octobre, les tirs de roquette incessants, le supplice des captifs, les missiles antitanks, les immeubles piégés, les hôpitaux transformés en bases militaires, les kalachs sous les lits d’enfant et derrière les appareils IRM dernier cri, les tunnels et encore des tunnels, les chefs  politiques du Hamas dorlotés à Doha, les captifs un à un, heure par heure, torturés, affamés, privés de tout, les exigences extravagantes d’un Hamas à bout de souffle, sans oublier les petits attentats au couteau, à l’arme à feu ou à la voiture bélier, tout cela, c’est normal. 

Alors, écoute Israël : pas d’escalade.

La fornication du vice avec la vertu produit des enfants bêtes et méchants

« Inspirés » comme ils disent par les étudiants américains de Columbia, Harvard, Yale et autres scions de l’Ivy League, ils envahissent leur mignonne petite Sciences Po. Une sorte d’imam de blanc vêtu harangue la foule d’une fenêtre à l’étage, la foule se défoule et s’admire, toute une kermesse de keffiehs, hijabs et drapeaux palestiniens. Au milieu de la masse de corps ondulant, une jeune femme en débardeur à la mode lingerie, sans soutien-gorge, les nichons dessinés sous le tissu léger, s’époumonne sans relâche, se croyant Godiva en Palestine.

Les ultimatums passent et se dépassent. Les CRS et autres « forces de l’ordre » font le pied de grue. Rien ne pourrait ébranler la détermination de la résistance de Sciences Po, frère d’armes du Hamas. Enfin, au crépuscule, les CRS se casquent et serrent la mâchoire. Les jeunes s’assoient en rangs serrés, rompus aux tactiques du mouvement. Ce coup-ci, c’est la sommation. 

A l’attaque ! A l’attaque ? Le député LFI Éric Coquerel, ceint de l’écharpe tricolore (il n’ose pas mettre son keffieh ?) a l’air de négocier la trêve avant de mener le troupeau vers une sortie honorable.

Au moment où les CRS se casquent, le député LFI Thomas Portes prend son stylo virtuel pour dénoncer sur X :  « Les milices fascistes en service commandées [sic]» pour le gouvernement israélien … Ici, le député illettré, là -bas, au temple MIT de la science, un étudiant nul en maths assure qu’Israël commet un génocide à Gaza ;  ce qui les anime ce n’est ni le génocide qu’ils sont incapables de définir, ni le bien-être des Palestiniens, qu’ils ne peuvent même pas concevoir, c’est la haine féroce du Juif. (Voir les xoxos de Portes, obsédé par Israël, encensé de fantasmes de blood libel). 

Cette haine qu’ils partagent avec … l’Iran.

Les complices de l’Islam conquérant sont arrivés à destination.

Les mignons bébés contestataires

Pour des raisons diverses, CNN (parmi d’autres) s’efforce de dédouaner le mouvement islamo-totalitaire qui secoue les campus américains. Les journalistes sur le terrain y trouvent des ilots de calme et des mangeurs de pizzas, les anchors en studio dénichent des Juifs fiers de participer aux manifestations « propalestiniennes », on repasse des vidéos vintage en noir & blanc des manifs anti-guerre de Vietnam, on invite des professeurs à raconter comment le divestment a réussi à vaincre l’apartheid  [il s’agissait d’oranges mais passons]. 

Ce qu’on voit aujourd’hui sont des hordes comparables aux foules fanatisées des pays islamiques qui marchent aux mots d’ordre des dirigeants autoritaires. Semblables aux foules sanguinaires qui envahissaient les mellahs, qui défilaient dans les quartiers juifs du Maghreb et du Machrek pour terroriser et chasser les Juifs. Si l’on veut du vintage, il faudrait montrer la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, les révolutionnaires habillées à l’européen, acclamant le sauveteur Khomeini. 

Je veux tuer des sionistes

Khymani James, un des chefs de file des manifestations bon enfant de Columbia University, ne se cache pas :  “[Les sionistes], le fait de leur existence et les projets qu’ils ont bâtis, c’est à dire, Israël, tout cela c’est l’antithèse de la paix. Alors, oui, je suis très à l’aise— vraiment très à l’aise — en disant que ces gens-là doivent mourir ». Et il ajoute : « Encore heureux si je ne m’en vais pas assassiner des sionistes ».

Manque de gratitude. Il est banni de l’université. 

Oui, c’est bien pire et plus grave aux USA qu’ici. Sans minimiser ce qui se passe chez nous. Les jeunes Américains sont plus facilement embrigadés. Leur discours est primaire, leur esprit sectaire. Ils campent sur des positions perverses, se renferment, refusent le débat.  Ils sont travaillés en profondeur et depuis longtemps par les filiales des Frères musulmans. Students for Justice in Palestine, tout comme le CAIR, qui ont droit de cité. Et la droite, captée par son aile extrême, n’offre pas grand-chose pour contrer le wokisme.

D’ailleurs, je me demande qui sont les « pro-israéliens » qui se battaient sur le campus d’UCLA. Désavoués par le Hillel et la Fédération juive locale, leur action ne correspondait pas à la façon juive de répondre ou se défendre. A ma connaissance, ils ne se sont pas identifiés et n’ont rien déclaré. Seraient-ils des nervis populistes agissant contre des wokistes islamisés qu’ils détestent ? Une manifestante musulmane en hijab sévère, interviewée par Becky Andersen [CNN], croit savoir que d’anciens combattants des FDI figurent parmi les contre-manifestants qui ont brutalement attaqué le campement.

Ici, là-bas ou ailleurs, les honnêtes jeunes n’ont aucune excuse pour leur participation au soulèvement totalitaire qui bouleverse l’univers académique. L’hypothétique étudiant bienpensant égaré dans les bataillons sauvages a eu largement le temps de constater son erreur et de s’en extraire. Les keffieh à la mode Hamas, les slogans, les cris rauques, la haine du Juif et de la démocratie de ce mouvement foncièrement accroché à une Palestine imaginaire, ne laisse aucune place au souci du bien-être des Gazaouis aujourd’hui.

D’ailleurs, la contestation avait démarré le 7 octobre. En tandem avec la barbarie inqualifiable du Hamas et des Gazaouis complices, alors que les corps brûlés vifs n’avaient pas refroidi et les cris des suppliciés résonnaient encore. 

Pen America annule son Festival

C’est l’auto-cancel culture : cédant à la pression des activistes « propalestiniens »,  Pen America a annulé sonWorld Voices Festival, initié en 2004 par Salman Rushdie. Mécontents des déclarations de l’association au sujet du conflit à Gaza, les « écrivains de conscience » ont précisé, dans une lettre ouverte, « Il y a les faits et la fiction. En fait, Israël mène un génocide du peuple palestinien ». Les prix littéraires annuels ont été également annulés en raison du refus de la moitié des candidats préconisés à participer. 

Chefs politiques du Hamas en Jordanie ? 

Moussa Abu Marzouk, soucieux de faire taire les rumeurs que les chefs politiques du Hamas pourraient s’installer en Syrie, en Irak ou en Turquie, a déclaré sur les ondes de la chaine iranienne al-Alam TV que, si jamais ils décident de quitter Doha, ce qui n’est pas le cas, ce serait pour accepter l’accueil chaleureux de la Jordanie.

Selon le site YNet, la Jordanie, folle furieuse, a dépêché Ziad Majali, un diplomate chevronné qui parle cash, pour gronder le Hamas « qui agit comme s’il n’y avait pas une autorité jordanienne qui sait ce qu’elle doit faire. La Jordanie a fermé le chapitre des factions palestiniennes et n’a pas l’intention de le rouvrir ».  Majali justifie le maintien en détention de certains manifestants propalestiniens envoyés ou financés par le Hamas : « Le temps où les organisations palestiniennes agissaient selon leur gré en Jordanie est révolu… » 

Lee Yaron présente son ouvrage 07 octobre au Mahj

Le 28 avril, Lee Yaron, journaliste de Haaretz, a présenté son livre, 07 octobre, déjà traduit de l’hébreu et publié par les éditions Grasset. Tout dans la présentation était grâce, harmonie et intelligence. 

Je regarde cette jeune femme rayonnante, en hauts talons et tailleur pantalon évasé orange intense, très féminin, hantée par les horreurs racontées par des survivants, visionnées sur les vidéos, les pires, et ressenties dans les lieux massacrés comme les victimes. « Mon mari me dit que je hurle la nuit ». 

Depuis le 30 septembre 2000 (al Dura) nous, Haaretz et moi, observons en parallèle le matsav (la situation). Après le 7 octobre, devant l’aboutissement d’un processus que nous avons bien ou mal compris, je me retrouve en communion avec cette jeune journaliste au visage art nouveau, bordé d’un rideau de cheveux sombres.  C’est le charme féminin dressé en reproche cinglant à la barbarie. La tendresse en force armée. 

Derrière la parole civilisée se dresse la réalité que l’auteur a osé regarder en face. Mon âme se révolte. 

Il faut que ça s’arrête !!!  Je ne veux plus de ce pathos, de ces tragédies, ces déchirures, ces abominations, mutilations, cruautés insondables, je ne veux plus de larmes, nous n’avons pas de destin victimaire. 

On me pousse à l’option Samson, briser les piliers et  faire tomber le toit du monde sur la tête des assassins hypocrites. 

Nola me tangere [cri repris par l’artiste persécuté D.H. Lawrence]. Ne me touchez pas, hands off, éloignez-vous ou je vous réduis en poussière. Reculez, reculez, les mains en l’air, lâchez le couteau, le missile, l’arme nucléaire ou vous serez foudroyé d’une colère divine.

Je ne rêve pas d’un monde en fleurs blanches parfumées au respect mutuel, non, je n’embrasse aucune vision douceâtre, je ne cherche pas à faire disparaître l’antisémitisme, je voudrais le faire sortir du bois. Exprimez-le librement, criez votre haine des Juifs, du nouveau-né jusqu’à l’Etat souverain.  Vautrez-vous dans la fange, bavez, vibrez, jouissez de cette détestation délicieuse.

Ce que je voudrais, ce n’est pas un joli monde purifié de ce poison, c’est le débat houleux. La disputation. Dites-moi tout ce que vous avez sur le cœur. Étranglez-vous avec votre parole pourrie.

Mais ne me touchez pas, ne nous  touchez plus, ne levez plus jamais la main sur nous. 

Les murs de Gaza sont tombés en gravats. Ce n’est pas la vengeance.  C’est la Loi qui dicte les conséquences de vos actes. Vous n’y échapperez pas. 

On supplie le Hamas de libérer quelques otages contre des concessions monstrueuses

Pendant ces longs mois de négociations futiles, qu’a-t-on exigé pour les êtres humains dont la libération était le sujet des marchandages ? Rien. La poursuite des mauvais traitements allait de soi. Source de détresse des proches des otages, traduite en pression sur le gouvernement israélien, l’implacable cruauté des geôliers est restée en dehors des préoccupations des instances internationales comme des médiateurs. L’arrêt des mauvais traitements ne figurait pas sur le calendrier des étapes ni sur le taux d’échange entre captifs du Hamas et prisonniers en Israël. A-t-on jamais fixé comme préalable à la poursuite des négociations l’amélioration des conditions des otages ? 

C’est dément ! On accepte, jour après jour, que les captifs soient affamés, violé, torturés, privés d’air, de lumière, d’eau et d’hygiène et que ça dure des semaines et des mois, jusqu’à leur mort ou leur libération contre des concessions suicidaires.

Les Juifs ont peur

Je n’aime pas entendre dire que les Juifs ont peur.  C’est le monde libre et les esprits libres où qu’ils soient qui devraient avoir peur quand les Juifs sont en danger.

© Nidra Poller

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