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Pourim à l’Elysée ou la grande fête des Juifs de cour. Par Jean-Marc Lévy

Il existe des Juifs fantasmés et des Juifs du réel. Les Juifs fantasmés sont des Juifs imaginaires supposés analphabètes, demeurés, incultes, ignares, illettrés et sans aucun sens politique. C’est pourquoi une petite élite autoproclamée qui prétend les représenter s’est donnée pour mission – avec le plus grand altruisme évidemment – de leur montrer la lumière et de leur dispenser généreusement avis, conseils et surtout consignes de votes.

Depuis des décennies, le Conseil « Représentatif » des Institutions juives de France, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vrai Faux Rassemblement d’Israélites Courtisans, ne connaît que des Juifs imaginaires, puisque les Juifs du réel, eux, ont bien vu depuis vingt-cinq ans l’antisémitisme revenir par la gauche républicaine et l’extrême-gauche, et ne se sentent plus représentés par cet aréopage bourgeois, ancré dans le passé et déconnecté de la réalité.

Avec un mode de désignation de ses membres et une gouvernance du XIXe siècle, la représentativité du CRIF difficilement mesurable sur le terrain – les Juifs de base ont peu d’accès aux médias ni aux délégués de l’institution – n’excède pourtant pas 10% des Juifs de France si l’on en croit le sondage effectué au moment de la remise de la Légion d’Honneur à Francis Khalifat, son Président précédent.

Dès lors, entre l’organisation représentant des Juifs imaginaires et le Président du simulacre et des vœux pieux, tout ne pouvait que bien se passer.

Ce lundi 18 mars avait lieu en effet à l’Elysée la grande fête des Juifs de cour. Alors que Haïm Korsia avait allumé la première bougie de ‘Hanoucah dans le contexte que l’on sait, Yonathan Arfi et le CRIF, invités à l’Elysée à l’occasion des quatre-vingts ans de l’institution, ont offert avec quelques jours d’avance une soirée-spectacle de Pourim consternante : pour l’occasion, Emmanuel Nous-ne-lâcherons-rien, acteur multi-rôles et homme aux mille visages, avait revêtu le costume de Don Quixotte de la Mancha en guerre cette fois contre l’antisémitisme cosmique.

Pour lui donner la réplique, Yonathan Arfi  dans le rôle de Sancho Panza, joua parfaitement le rôle que la société du spectacle et le théâtre antifasciste attendaient de lui : contribuer à la campagne des élections européennes de la macronie et renvoyer dos à dos les extrêmes.

On ne sache pas que l’antisémitisme sévissant à Sciences Po ou celui dont a été victime Marco à la sortie de la synagogue soit un antisémitisme spécialement breton, poitevin, auvergnat ou d’extrême-droite, mais bien plutôt un antisémitisme ISLAMIQUE jamais nommé dans le spectacle ni dans les manifestations du 12 novembre, alors que l’antisémitisme est systématiquement attisé par une extrême-gauche représentée à l’Assemblée Nationale (LFI, EELV, PC et gauche du PS).

Au-delà d’une extrême-droite marginale composée de crânes rasés et de nazillons qui peut être dangereuse, mais qui ne tue pas, il existe en réalité une vraie extrême-droite qui tue : celle des tueurs islamistes du Bataclan dont Jean-Luc Mélenchon et LFI sont la vitrine politique et idéologique: il existe une alliance de fait entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite ! De surcroit, depuis le 7 octobre, l’extrême-gauche française est devenue le porte-drapeau et le porte-parole des nazis du Hamas tandis que la presse mainstream de gauche, devenue attachée de presse des organisations terroristes, relaie avec complaisance et sans aucune distance critique la propagande du « ministère de la Santé » du Hamas.

De son côté, en guerre contre les moulins de l’antisémitisme de Drumont et de l’affaire Dreyfus, Emmanuel Nous-nous-batt(r)ons alla jusqu’à invoquer le camp du Struthof, mais on ne saisit pas bien le rapport entre le seul camp nazi établi sur le territoire national pendant la Seconde Guerre Mondiale et l’augmentation incessante de l’antisémitisme depuis 2017, dont le chef de l’état, dans l’ambigüité permanente du et-en-même-temps, est – faut-il le rappeler – le principal responsable.

Sans doute abrutis par l’excès de petits fours et de champagne élyséen – l’abus d’alcool est dangereux pour la santé (morale et intellectuelle aussi) ! – Yonathan Arfi et ses amis du CRIF feignent de ne pas voir l’instrumentalisation permanente de la Shoah par Emmanuel Nous-ne-laisserons-rien-passer mais le premier révisionniste de France est coutumier du fait.

L’antisémitisme et la Shoah sont devenus une rente viagère qu’Emmanuel Macron active régulièrement et qu’il instrumentalise sans vergogne depuis 2017 puisque dès le soir du premier tour de l’élection présidentielle, sachant qu’il sera opposé au RN au second tour et qu’il a donc d’ores et déjà gagné, il choisit d’effectuer coup sur coup un déplacement à Oradour sur Glane et au Mémorial de la Shoah dans l’entre-deux tours, pour bien faire savoir qu’au second tour, il affrontera les chemises brunes et les héritiers de Vichy. La ficelle est grosse, mais elle fonctionne si bien que le chef de l’état la réutilisera avec le même succès en 2022. Avec la complicité objective des “représentants” du judaïsme français, biberonnés à la stratégie de SOS Racisme, et qui n’ont jamais rien trouvé à redire.

Les Juifs du réel ont une perception bien différente et ils savent ce que l’antisémitisme doit à la gauche. De l’antisémitisme chrétien à l’antisémitisme contemporain en passant par l’antisémitisme racialiste-nationaliste, l’antisémitisme pacifiste et celui consécutif à la création de l’Etat d’Israël, il y a une tradition antisémite forte issue de la Gauche.

Voltaire, Proudhon, Charles Fourier, Alphonse Toussenel, Pierre Leroux, Jules Guesde, Jules Vallès, Jean Jaurès et même Emile Zola – pourtant défenseur du capitaine Dreyfus – sont tous auteurs d’écrits antisémites.

Les Juifs du réel savent aussi qu’en invoquant Garaudy dans son discours et en l’assignant à l’extrême-droite, Emmanuel Nous-résistons oublie très opportunément de rappeler qu’avant sa conversion à l’islam, le négationniste Garaudy avait été encarté près de 40 ans au parti communiste (PCF) et que c’est aux éditions anarcho-trotskystes de la Vieille Taupe qu’il publia son ouvrage négationniste et révisionniste Les Mythes fondateurs de la politique israélienne où il y comparait le sionisme au nazisme.

Les Juifs du réel savent bien ce que l’antisémitisme doit aux intellectuels de gauche : en 1979, Michel Foucault et Sartre saluèrent la révolution iranienne de l’ayatollah Khomeiny comme un retour du spirituel, tandis que Gilles Deleuze, philosophe de la déconstruction, fit un panégyrique de l’OLP et des portraits dithyrambiques de Yasser Arafat : il y a presque cinquante ans déjà, les orphelins du gauchisme semaient les premières graines de l’islamo-gauchisme.

Les Juifs du réel connaissent parfaitement le bilan d’Emmanuel Nous-ne-céderons-rien qui a en réalité cédé sur tout, à commencer par son refus de se rendre à la marche contre l’antisémitisme (cosmique) au nom de l’unité, l’unité avec les antisémites sans doute !

Sur la question de la lutte contre l’antisémitisme, les états de service du Président de la République sont en effet éloquents :

–          L’entêtement macronien à rendre hommage au maréchal Pétain, pourtant frappé d’indignité nationale ;

–          La promotion d’un révisionnisme d’Etat sur la réhabilitation de la dhimmitude, sur la présence française (et juive) en Algérie et sur les votes systématiquement en faveur des résolutions révisionnistes contre Israël à  l’UNESCO et l’ONU ;

–          L’impunité du meurtrier antisémite de Sarah Halimi qui se promène aujourd’hui en toute liberté sans jamais avoir été poursuivi ni jugé ;

–          Le torpillage de la Commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Sarah Halimi de manière partisane par le parti présidentiel (le Président Meyer Habib (UDI) refusant de signer le Rapport de la députée rapporteur LREM), un Rapport destiné à ne pas faire de vagues et à étouffer l’affaire ;

–          Depuis 2017, les victimes de l’antisémitisme et leurs familles, comme celle de Mireille Knoll, vivent un parcours du combattant pour faire reconnaitre le caractère antisémite de leurs plainte face une justice politisée à l’extrême-gauche qui considère l’antisémitisme comme une maladie psychiatrique, et non comme un crime ; 

–          Un antisémitisme sévissant en toute impunité sur le service public de radiodiffusion (France Inter) qui, quand il n’est pas caché ou minoré par la dialectique abjecte de l’islamophobie, est devenu une opinion ou un sujet de plaisanterie sur France Inter, radio d’Etat où des idéologues fonctionnarisés qui se prennent pour des humoristes, gloussent et ricanent en nazifiant leurs opposants juifs de droite (la moustache de Zemmour et le prépuce de Netanyahou) ;

–          Un triplement des actes antisémites de l’année 2022 depuis le 7 octobre dernier ;

A ce passif déjà lourd, il convient d’ajouter le ratage jupitérien d’un président qui a voulu faire de l’antisémitisme une cause nationale. On se souviendra que le parti présidentiel présenta en décembre 2019 une résolution (non contraignante par définition) destinée à lutter contre l’antisémitisme et son faux-nez, l’antisionisme. Au Président du simulacre et au parti présidentiel des vœux pieux répondit la désertion de l’hémicycle par 53% des députés de la représentation nationale au moment du vote de la résolution n°2403. C’est en réalité une adoption par défaut qui eut lieu, puisqu’à peine plus d’un quart de la représentation nationale (26,7 % exactement) se  prononça en faveur de ce texte (154 votes favorables, 72 votes contre, soit 226 suffrages exprimés pour 269 députés présents, et 308 députés partis à la pêche !). Depuis sept ans, l’action et les résultats d’Emmanuel Nous-serons-intraitables-avec-l’antisémitisme rejoignent très exactement les silences assourdissants et les compromissions des « représentants » du judaïsme français : en décembre dernier,  des « représentants » aussi idiots qu’irresponsables avaient déjà décerné le prix Harav Lord Jakobovits – un prix qui récompense les personnalités du monde politique ou religieux qui se sont distinguées par leur comportement vis-à-vis du peuple juif, du judaïsme ou d’Israël – à Emmanuel Macron pour sa lutte contre l’antisémitisme (sic) ; la soirée du 18 mars à l’Elysée fut l’occasion d’un spectacle de Pourim entre Tartuffes où pas un élément de langage ne manquait, jusqu’à la promotion par Yonathan Arfi de « la solution à deux Etats », dont même les Israéliens les plus à gauche ne veulent plus entendre parler depuis le 7 octobre.

Il est proprement stupéfiant qu’une organisation qui a la prétention de représenter les Juifs de France puisse avaliser un tel bilan, non seulement par ses silences complices (la négation du caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi en 2017 et celui de Jérémy Cohen en 2022 pour ne pas faire le jeu de…), mais aussi par son soutien politique à un Emmanuel Macron bien avant le premier tour de 2022, alors que son bilan calamiteux sur l’antisémitisme était parfaitement connu et que le chef de l’état avait de surcroit reconnu son échec (« sur l’antisémitisme, nous avons échoué…», disait-il aux « représentants » du judaïsme français). Il est absolument scandaleux qu’une organisation qui a inscrit dans son action permanente le pèlerinage mémoriel des camps de la mort et qui prétend œuvrer à la pédagogie et à la transmission de la mémoire cautionne le révisionnisme d’Etat d’Emmanuel Macron, ne dénonce jamais l’antisémitisme sévissant sur France Inter quand il cible ses adversaires politiques (Netanyahou et Zemmour) et cautionne par sa présence les arnaques historiques révisionnistes (“Juifs d’Orient, une histoire plurimillénaire”, « Ce que la Palestine apporte au monde» (sic)) présentées à l’Institut du Monde Arabe. Il est enfin consternant qu’après le 7 octobre le CRIF fasse la promotion de la politique arabe de la France relative au conflit israélo-« palestinien », sachant que la « cause palestinienne » est au carrefour du nazisme, du communisme et du terrorisme.

Quand il existe un fond diffus d’antisémitisme depuis plus de vingt ans en France (medias, politique, justice, université,…), que le nombre d’actes antisémites est en constante augmentation depuis sept ans et qu’il explose depuis le 7 octobre, on attend autre chose d’une organisation « représentative » que d’être le porte-parole du pouvoir en place. En vérité, quand près de 60000 Juifs ont quitté la France pour Israël depuis 2012, on attend autre chose d’une organisation « représentative » que des ronds-de-jambe et l’exégèse complaisante de propos tenus par les plus grands ennemis d’Israël et du peuple juif en justifiant l’injustifiable et en voulant à tout prix trouver des excuses aux comportements les plus ignominieux et aux propos les plus abjects tenus par tous les antisémites contemporains du moment qu’ils affichent une empathie pour les morts de la Shoah et un souci de la transmission de cette mémoire, instrumentalisée alors comme un brevet de respectabilité. Non seulement, les positions des organisations « représentatives » ne reflètent pas l’intérêt collectif, mais elles sont de surcroit contreproductives et dangereuses ; en tous cas, elles n’aident pas à faire diminuer l’antisémitisme qui n’est pas réellement combattu.

Bien au contraire. Depuis des années, le CRIF est devenu le relais servile de tous les pouvoirs de gauche, juste apte à faire passer les mêmes messages creux et pétris de bons sentiments à l’intention de la communauté, les représentants du judaïsme français ne manquant jamais une occasion de renouveler leur pacte d’allégeance du dhimmi au monarque qui les instrumentalise sans vergogne. A l’Elysée pour les farces pitoyables de ‘Hanoucah et de Pourim, c’est tantôt Antiochus, tantôt Assuérus qui recevait, mais toujours à la manière de Ponce Pilate.

Reste à comprendre ce qui pousse une organisation représentative à moins de 10% à s’enferrer dans son hémiplégie intellectuelle et sa cécité volontaire, même si certains de ces « représentants » sont devenus – pour combien de temps ? – des sionistes du 8 octobre. Quand les intérêts collectifs ne sont plus portés ni représentés, c’est qu’il existe des intérêts personnels ou partisans. Depuis des années, les Juifs du réel se détournent du CRIF qui n’est plus dans l’engagement de leurs intérêts collectifs car plus soucieux de notabilité et de médailles, la compromission ayant toujours été récompensée par la décoration.

On trouvera peut-être une meilleure explication sous la plume de Simone de Beauvoir dans la préface de Treblinka (1966) de Jean-François Steiner : « En tous temps, en tous pays – à de rares exceptions près – les notables collaborent avec les vainqueurs : affaire de classe ». Pistonnée par Sartre pour travailler sur Radio-Vichy, Simone de Beauvoir savait en effet parfaitement de quoi elle parlait !

© Jean-Marc Lévy

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