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Laurent Sagalovitsch. Voyager en avion, un cauchemar des temps modernes

Francesco Patrinostro via Unsplash

Prendre l’avion de nos jours s’apparente à un parcours du combattant qui du départ à l’arrivée ne vous laisse aucun répit. De la première à la dernière minute, une sucession de contrariétés. | Francesco Patrinostro via Unsplash De la première à la dernière minute, une succession de contrariétés.

Probablement a-t-il existé une époque où prendre l’avion s’accommodait avec l’idée de plaisir. On montait dans un avion comme on allait à la fête foraine, l’esprit léger et le cœur en liesse. On devait y rêver des semaines à l’avance, grisé à l’idée que bientôt on se retrouverait à 10.000 pieds d’altitude, en route vers des destinations de rêve, de lointains Acapulco où on passerait ses journées à barboter les pieds dans l’eau.

Tout cela a bien changé. De nos jours, choisir l’avion comme moyen de transport équivaut à signer un pacte avec le diable, une épreuve encore plus stressante que de passer le bac. Il faut arriver des heures à l’avance à l’aéroport, montrer patte blanche à des officiers de la sécurité qui vous regardent comme si vous étiez le fantôme de Ben Laden en personne. Prier pour que son bagage ne dépasse pas les limites autorisées et le voir disparaître parmi des millions d’autres sans être assuré de le revoir jamais.
Une fois, dix fois, cent fois, autant que nécessaire, montrer son passeport, sa carte d’embarquement, son certificat de mariage, son diplôme de bar-mitsvah, les ranger, les ressortir, les perdre, les retrouver au fond de son sac à dos, les exhiber à nouveau pour acheter un journal, une barre chocolatée, un paquet de préservatifs, les tendre d’une main lasse à quiconque les exige en un rituel qui vous donne envie de rentrer chez vous vous coucher.
La sécurité. Tout enlever, chaussures, blouson, chapeau, ceinture, lunettes, pièces de monnaie, coupe-ongles, briquet, pansements, mouchoirs, les entasser dans des boîtes minuscules d’où ils débordent de partout, extirper son putain d’ordinateur et lui faire subir le même sort sans oublier de balancer votre bouteille d’eau dans la poubelle sans quoi on vous passe à la guillotine, passer à travers la machine à rayons X, lever les bras au ciel comme un pingouin sous acide, biper pour un rien, être pris à partie par un molosse qui vous fouille comme si vous abritiez de la dynamite sous vos aisselles, tout récupérer dans un empressement fébrile qui vous voit mettre vos chaussures sur votre crâne et votre chapeau à vos pieds.

Embarquer au pas lent d’un troupeau en route pour l’abattoir. Patienter des plombes derrière un voyageur qui vous présente son postérieur pendant qu’il s’escrime à faire rentrer un bagage dans son compartiment réservé, crapahuter au fond de la carlingue, valdinguer sous le poids de sa valise au moment de la ranger dans son coffre, découvrir avec horreur que vous êtes assis tout à côté d’une personne atteinte d’un léger surpoids ou alors encombrée d’un nouveau-né qui les joues écarlates hurle à fendre un hublot.
Enfin prendre place, tenter de se caler au fond d’un fauteuil qui a été conçu pour tout sauf pour épouser les contours d’une forme humaine, se tortiller sur son siège comme si on souffrait d’hémorroïdes, sentir la ceinture s’insérer dans les noeuds de votre estomac et le compresser au point où vous manquez de respirer; bientôt voir le fauteuil de devant basculer à deux millimètres de vous broyer les jambes, en faire de même avec le sien, le tout dans le vrombissement d’un moteur dont les râles successifs ressemblent aux toussotements d’un fumeur atteint d’un cancer de la gorge.

S’endormir un peu avant d’être rappelé à la réalité par une hôtesse qui penchée vers vous vous demande si vous préférez mourir d’une indigestion au poulet ou aux pâtes. Sentir l’odeur écœurante de cette nourriture qui gît sur son plateau à côté d’un muffin rassis et d’une compote à peine décongelée, sorte de condensé de malbouffe dont vous n’attendez rien si ce n’est d’oublier le temps d’un instant que votre temps de vol se compte encore en heures.

Et puis une fois arrivé, tout le cirque qui recommence, les bagages, la douane, l’enfer d’un voyage qui avant même d’avoir vraiment commencé aura déjà entamé l’essentiel de vos forces.
L’avion, une hérésie des temps modernes.

© Laurent Sagalovitsch

BLOG You Will Never Hate Alone

Merci à Judith Ochs

https://www.slate.fr/story/244718/blog-sagalovitsch-voyager-avion-cauchemar-temps-modernes-aeroport

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