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Mariane Riss et Fabrice Nordmann. Quel apartheid en Israël ?

Pour la deuxième fois en neuf mois, des députés des quatre partis de la NUPES déposent à l’Assemblée Nationale un projet de résolution ouvertement antisémite (on y parle de « groupe ethnique ») sur Israël, qualifié de « régime d’apartheid »
Pourtant, les critiques avaient été vives lors de la première proposition. Certains signataires s’étaient même discrètement retirés.

Au même moment, Amnesty International publie son rapport 2022-2023, dans lequel Israël est, comme dans les précédents rapports, associé à l’apartheid, sans qu’AI estime nécessaire de justifier ce terme.
Peu importe que cela atténue l’horreur qu’a constitué l’apartheid en Afrique du Sud, cette stratégie du rabâchage porte ses fruits. Depuis la conférence de l’ONU de Durban en 2001, où l’affirmation qu’Israël était un régime d’apartheid avait fait un tollé et conduit à l’échec de la conférence, à aujourd’hui où Amnesty International peut répéter cette contre-vérité sans que personne ne réagisse plus, on voit le chemin parcouru !

Mais au fait, pourquoi Israël n’est-il pas un régime d’apartheid ?

L’apartheid, aboli en 1991 en Afrique du Sud consistait à une séparation LÉGALE entre les citoyens en fonction de leur couleur de peau. Les citoyens étaient inégaux devant la loi.
Tel n’est pas le cas en Israël, et c’est même le fondement de la déclaration d’indépendance, texte ayant la plus grande valeur juridique en l’absence de constitution.

“L’État d’Israël sera fondé sur les préceptes de la justice, de la liberté et de la paix qu’ont enseignés les prophètes hébreux. Il établira une complète égalité des droits de tous les citoyens sans distinction de race, de foi ni de sexe, et garantira la pleine liberté de culte, l’éducation et la culture pour tous. Il garantira le caractère sacré et l’inviolabilité des lieux saints de toutes les religions. Il se conformera aux principes de la charte des Nations Unies”.

Tous les citoyens ont donc le droit de vote (nous parlerons du cas de Jérusalem ci-après). Le choix de certains arabes israéliens de boycotter les dernières élections, et ainsi d’être sous-représentés à la Knesset, n’est donc pas imputable à la loi.
En revanche, un citoyen français pourra être surpris de découvrir qu’il existe en effet des tribunaux distincts par religion pour certaines affaires civiles comme le mariage. D’un point de vue jacobin, c’est tout à fait incongru, mais à nouveau cela ne constitue pas un apartheid. De semblables tribunaux existent au Royaume-Uni. Ce système a été élaboré pour respecter les différentes cultures.

C’est un marqueur d’une société organisée en communautés, ce qui est bien le cas d’Israël. Dans un Etat fondé il y a moins d’un siècle avec des citoyens d’origines, de religions et de langues différentes, c’était la condition de la coexistence.
Tout Etat communautaire engendre à un niveau ou à un autre des différences. Savez-vous que le code de la route est différent entre la Wallonie et la Flandre ?

Service militaire

Un exemple souvent cité comme discriminatoire est l’inégalité devant le service militaire, dont les citoyens arabes – comme d’ailleurs les juifs religieux – sont exemptés bien qu’ils soient libres de l’effectuer. Or ce sont les représentants de la communauté arabe qui ont refusé la fin de cette exemption (2012).
Un autre argument concerne le niveau d’investissement de l’Etat dans les villes majoritairement peuplées d’arabes, qui est moindre que dans d’autres territoires.
Là encore, c’est un fait que l’on peut regretter et critiquer, mais le sous-investissement en Seine-Saint-Denis par rapport à Paris VIIème fait-il de la France un État d’apartheid ? C’est une injustice politique mais qui n’est pas inscrite dans la loi et qui pourrait évoluer avec un autre gouvernement. D’ailleurs, en 2021, un plan très important (Khumash) était reconduit, et prévoyait 9,4 milliards de shekels (2,3 Mds Euros) sur 5 ans pour l’amélioration des conditions de vie dans les villes arabes (santé, éducation…)

En somme, toute différence – certes critiquable – est interprétée pour le cas d’Israël comme une preuve d’un régime d’apartheid, alors qu’il s’agit de pratiques et d’usages qui ne relèvent pas d’une législation discriminatoire.
Autrement dit : on peut constater un certain racisme dans la société israélienne (qui d’ailleurs ne s’arrête pas aux musulmans mais concerne aussi les juifs de toutes origines, les russes, puis les éthiopiens…) sans pour autant faire l’amalgame avec un régime qui légaliserait ce racisme.

En territoires occupés

Mais le plus fallacieux des arguments porte sur les Palestiniens de Cisjordanie, dont les tenants de « l’apartheid israélien » considèrent qu’ils devaient avoir les mêmes droits que les Israéliens. Or, justement, et comme ils sont les premiers à le rappeler, la Cisjordanie n’est pas Israël, c’est un territoire occupé. Quelle logique pourrait conduire à ce que des habitants d’un territoire étranger puissent être soumis au droit israélien ?

Reste le cas de Jérusalem-Est annexée (et non seulement occupée), dont le BDS répète que les habitants n’ont pas la citoyenneté israélienne, situation qui serait la plus proche d’un apartheid (deux lois différentes). Or ils ont droit à cette nationalité mais peu la demandent (environ 5%), les autres la refusent, ce qui peut se comprendre dans le cas d’une annexion. Les Palestiniens (donc non israéliens mais résidents) ont malgré tout le droit de vote aux élections municipales.

Comme on l’a vu, la situation des arabes israéliens est largement critiquable, mais parler d’apartheid nuit à la cause que l’on prétend défendre, ainsi qu’à la mémoire des victimes du seul apartheid, celui d’Afrique du Sud.

© Mariane Riss © Fabrice Nordmann

La Cheuille de Fou
L’actualité éclairée par le rappel des faits

https://lacheuilledefou.com/2023/04/quel-apartheid-en-israel/

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