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Chelah’ Lekha: vérifier si ce pays comporte de « l’arbre ou non »

Chelah’ Lekha: vérifier si ce pays comporte de « l’arbre ou non »

Cette paracha inaugure une série de quatre parachiot parmi les plus dures de tout le Tanakh concernant le peuple d’Israël et l’on doit immédiatement relever à ce propos que le récit biblique n’en cache et n’en atténue rien. Jusqu’à présent a été décrite l’organisation pour ainsi dire idéale de ce peuple. Désormais, le voici à l’épreuve. Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut en effet revenir sur un des épisodes les plus marquants relatés dans la paracha précédente, celui au terme duquel le peuple ayant exigé d’être nourri de viande Moïse éclate de chagrin, allant jusqu’à requérir de Dieu la fin de ses jours.

Moïse sent que sa fin approche, que le plus difficile de l’histoire de son peuple commence. Aux abords de la terre de Canaan, le Créateur lui demande d’y envoyer un groupe d’explorateurs afin d’investiguer dans toute la contrée pour savoir quelle est sa conformation, sa fécondité, la disposition physique et mentale de ses habitants actuels, la forme de ses villes et leurs défenses, et s’il s’y trouve « de l’arbre ou rien (êts in ayn ) », formule sur laquelle on reviendra.

Première interrogation: pourquoi Moïse n’est –il pas invité à conduire lui même cette exploration pionnière ?

Pourquoi la confier à un échantillon symbolique du peuple ? On l’a pressenti: parce que sa propre fin approche et qu’il lui faut passer le relais. Cette transition a commencé dès la paracha précédente avec la constitution de l’assemblée des 70 sages, dotés d’un esprit prophétique allumé à celui de Moïse mais irradiant désormais dans l’ensemble du peuple. En somme, le peuple s’autonomise progressivement en endossant les responsabilités qui jusqu’à présent ont été assumées par le seul Moïse, assisté d’Aharon et de Myriam.

Parmi les multiples enseignements de la paracha Lekh Lekha, l’on retiendra donc pour commencer celui –ci: assumer une responsabilité ne va pas de soi. Cette prétention exige force, endurance, esprit de suite. Au départ, quoi de plus élitiste que cette délégation! Chacun des noms qui la constituent peut être lu comme un brevet de prestige. Certes, mais le prestige doit être honoré et « noblesse oblige », sans intermittence. Les explorateurs vont ainsi pénétrer en terre de Canaan, sans que personne n’y perçoive leur présence. Ils en « auront plein les yeux », suivant l’expression populaire. Cette contrée apparaît comme un mélange de cocagne et de cité anté-diluvienne. A preuve: l’énorme grappe de raisins qu’il devront charrier sur leurs épaules.

Ce que Moïse leur a demandé surtout est de vérifier si ce pays comporte de « l’arbre ou non ». On l’a relevé, cette formule appelle le commentaire puisqu’il suffisait d’un simple coup d’œil, fût- ce de loin, pour constater qu’elle était boisée et fructifère. Cette formule recèle alors un autre sens, plus condensé.

Si, dans la langue hébraïque, le mot ÊTs désigne l’arbre, il le désigne ainsi parce que, au delà de l’image même de cet arbre singulier, le mouvement générique de l’arborescence se donne à discerner et à comprendre. Qu’est- ce qu’une arborescence ? A partir d’une ligne unique, une bifurcation première donnant naissance à des arborescences secondaires de plus en plus fines.Les psychologues le savent précisément avec le « test de l’arbre ».Cette figure- là est signe de liberté, celle qui découle de la possibilité de choisir, entre plusieurs directions, entre plusieurs options. A condition que la fibrillation en cours ne se conclue pas en cassure, en séparation et en dispersion. D’où la nécessité correspondante d’une forte attache des branches entre elles et de toutes au tronc commun, lui même solidement enraciné. On l’a vu avec la Ménora.

Aussi, la racine Êts qui s’écrit en hébreu avec deux lettres elles -mêmes bifurcantes, le âyn et le tsadé, se retrouve dans le mot ÊTsA qui désigne le conseil. On comprend mieux à présent la formule utilisée par Moïse: « Hayech bah êts im-ayn »: s’il y a en elle de l’arborescence – entendue en ce sens – ou « rien ». La résonance de cette formule est considérable. Elle semble faire écho à celle des Bnei Israël, au lieu -dit Massa et Mériba, avant l’agression de Âmalek, elle même sanctionnant ce questionnement dubitatif: « Hayech Hachem békirbénou im- ayn »: « Si Le Créateur est parmi nous ou rien »( Ex, 17, 7 )… Comme s’il fallait, au moment de franchir la ligne d’arrivée, à nouveau vérifier que les représentants du peuple avaient bien intégré la signification de leur responsabilité. Aussi riche soit elle, une terre n’est que désolation si l’esprit de – bon – conseil ne s’y trouve pas, car c’est en ce conseil et par lui que la Présence divine s’atteste.

Il ne faudra pas attendre longtemps pour constater à quel point l’enseignement n’a pas été compris. Au retour de leur expédition, les envoyés de Moïse se montreront de très mauvais conseil, provoquant la désespérance du peuple, une désespérance dont les effets différés se manifesteront jusque dans la destruction des deux Temples de Jérusalem. Heureusement, Josué, fils de Noun, dont le nom avait été opportunément changé et bonifié par Moïse avant le départ du groupe, et Caleb, fils de Yéphouné, échapperont au concours de médisance.

Cependant la question demeure: pourquoi Moïse n’a t –il pas également changé et bonifié le nom des autres explorateurs ?

A chacun et à chacune d’y réfléchir.

Raphaël Draï – Le Blog Article original

 

 

Chelah Lekha 5782: « L’appât d’honneurs » (vidéo)

De nombreuses questions se posent sur cette sidra.
HaShem a promis aux Patriarches de donner en héritage une contrée à leur descendance alors, pourquoi dit-IL à Moïse : « envoie pour toi » des observateurs ? En fait, HaShem n’a pas demandé d’envoyer des observateurs dans cette contrée qu’IL offre aux Bené Israël, mais en précisant bien « pour toi ».

IL veut signifier en d’autres termes : pour ce qui Me concerne, Je sais ce que Je vais vous donner comme terre mais si toi, Moïse, tu veux tranquilliser ce peuple, Je n’y vois pas d’inconvénient, envoie là-bas qui tu veux.

Nous assistons alors à un véritable déploiement de démagogie populaire et il faut tout d’abord savoir qui étaient ces envoyés. Dans la parasha de Nasso il a été question des sacrifices offerts par les élus (les princes) de chaque tribu sauf celle des Léviim. Ces « chefs » sont restés en poste pendant les 40 jours qu’a duré l’expédition. Qui sont, alors, ceux qui sont partis parcourir le pays et en rapporter des fruits ? Ce sont ceux qui auraient pu être des « gouverneurs » locaux sorte de préfets pour chaque tribu. Or, en prenant possession du pays, une question se pose à ces futurs délégués et surtout : qu’en serait-il de leurs fonctions ? Seront-ils toujours investis de ces hautes fonctions ? Seront-ils toujours des « nessiim » ? Redoutant de perdre leurs attributions et par conséquent de perdre le rang honorifique qui leur était conféré, à leur retour de la mission qui leur fut transmise, ils adoptèrent, alors, un discours très démagogique : vanter tout d’abord le pays et l’abondance matérielle que l’on y trouvait : des raisins si beaux, si juteux qu’il fallut deux gros bâtons disposés en « x » et 8 hommes pour la porter ce qui reviendrait à dire que cette grappe de raisins pesait quelques 7 tonnes et que chacun des explorateurs pouvait porter près d’une tonne de marchandise ! C’est donc après avoir exposé ce magnifique raisin, cette superbe figue et la grenade géante et après avoir reconnu devant tout le peuple qu’en effet, les figues laissaient échapper un miel savoureux dont les chèvres se pourléchaient et qui provoquait chez elles une surabondance de lait riche qui coulait de leurs mamelles, que les explorateurs portèrent leur « coup bas » : ce pays est effrayant car tout y est immense !
D’autre part, pour que les habitants ne remarquent pas ces intrus, nous enseigne le midrash, D. occupa les Cananéens et les « géants » à enterrer les membres de leurs familles qui mourraient. La région de Kyriat Arba était habitée par 4 géants d’où le nom de Kyriat Arba (la cité des 4). Nos explorateurs profitèrent de cette occasion qui leur était donnée pour déformer la vérité et déclarer au contraire, que la « Terre dévore ses habitants ».

Cette péricope offre un rapport direct avec la parasha dans laquelle nous avons vu Aharon et Myriam médire sur leur frère. La différence réside en ceci : Aharon et Myriam ont médit de leur frère alors que les explorateurs en dehors de Caleb et de Josué ont médit de la terre d’Israël et c’est à ce niveau qu’il est important de signaler que si la médisance au niveau d’êtres humains est très grave lorsque la médisance concerne la Terre d’Israël, la médisance est encore beaucoup plus grave pour les raisons suivantes :
Attribuer au pays toutes sortes de défauts et dire qu’à cause de cela il est impossible d’y vivre est une faute grave car en donnant cette terre à Son peuple, D. sait exactement ce qu’IL fait et ne pas « voir » les qualités et les détruire est non seulement un manque de confiance en D. mais, ce qui est encore plus grave dirais-je est que l’on veut publier que l’homme est incapable de lutter contre ces phénomènes ou, en d’autres termes : « Moi, je suis bien, mais ce pays est trop dur » c’est-à-dire que le pays ne me convient pas. Ou bien, une tout autre raison : le pays ruisselle de lait et de miel mais ces géants me font peur, jamais on n’arrivera à les détruire !

Alors que D. a promis « Je vous livrerai le pays et ses habitants ».

Cette façon d’agir se révèle être un manque de confiance en HaShem et il se répète sans cesse et c’est toujours à Moïse qu’échoit la tache de défendre ce peuple qui récrimine sans fin. Un peuple de pleutres, incapable de voir que LE chemin à suivre est celui de D. et de la Torah. Moïse tend la perche aux explorateurs mais ils ne savent pas la saisir.
Une autre crainte se fait jour : les honneurs dont ont fait l’objet tous ces « notables » devenus explorateurs ne leur seront plus attribués : leur conclusion est donc facile, ne pas aller plus avant et retourner en Egypte. Le Zohar est ferme sur ce point c’est à cause de l’éventualité de perdre leur rang social, qu’ils déclarent haut et fort que la terre de Canaan n’est pas un « cadeau ».
Aujourd’hui, les commentaires négatifs continuent à pleuvoir sur Israël pour de multiples raisons il faut surtout savoir qu’en proférant toutes sortes de critiques l’on se livre non seulement à un hiloul HaShem (profanation du Nom de D.) mais encore qu’en dénigrant le pays on affiche sa propre incapacité à accepter ce avec quoi bien d’autres font leur quotidien et vivent avec fierté dans ce pays où D. habite au milieu de Son peuple.
La punition est sans appel : toutes ces personnes qui, au moyen de prodiges sans précédents, et de miracles inimaginables se sont montrés indignes car ingrats, car sacrilèges, indignes d’être des sujets d’un Roi de l’Univers : ils rêvent d’être idolâtres à l’instar des égyptiens qui par l’accumulation de tous leurs péchés ont atteint 49 degrés d’impureté sur 50 ! Quelles sont les infractions à la Loi commises par ces personnes ? Ils ont suivi la même « idée » tant dans la faute du veau d’or qu’au retour de cette expédition en terre de Canaan en tant qu’explorateurs. En effet, lorsqu’ils ont participé à la fonte de l’or pour la fabrication du veau d’or, ils ont souhaité avoir un veau qui soit « à leur TÊTE » et, en revenant de leur exploration ils ont employé le même mot « rosh » ou tête pour retourner en Egypte et redevenir idolâtres.
D’après Rashi la supplique de Moshé Rabbénou pour qu’HaShem pardonne la faute du veau fut éminemment efficace puisque l’Eternel a pardonné mais la faute est tout de même restée inscrite et donc, lorsqu’ a surgi la faute de médisance sur la Terre d’Israël, cette faute du veau d’or a refait surface comme facteur aggravant nous pourrions dire que le peuple fut libéré « sous caution » mais, après la faute des explorateurs, ce fut un élément grevant le sort des « condamnés » de sorte que la sentence tomba et les 600,000 libérés d’Egypte moururent dans le désert à l’exception de Yokhéved, de Yéhoshoua, entre autres.
En quoi la médisance de Myriam sur Moshé fut-elle différente de la médisance des explorateurs. Moïse était un homme né d’une union régulière entre un homme et une femme bien que son destin fut on ne peut plus particulier. Bien que Moshé fut un homme humble et d’exception, il eut pu se défendre et pardonner ou se venger comme n’importe quelle autre créature humaine.
Le lashon hara ou médisance sur le pays, sur cette terre d’exception qu’est Israël, cadeau de l’Éternel à Son élue (Israël étant la Fiancée du D. d’Israël), la Terre n’a virtuellement pas ni la vocation ni la possibilité de se défendre. Cependant elle est dotée d’une faculté : celle de boire le sang de ses ennemis et de dévorer ses enfants sous certaines conditions. Et donc, médire de la Terre d’Israël reviendrait à médire du Créateur car tout se passerait un peu comme si – toute proportion gardée – l’on dirait vertement à un hôte : « votre cadeau est pourri »….

C’est la raison pour laquelle la médisance sur le pays d’Israël est beaucoup plus grave. La médisance, en soi, est déjà une grave faute mais elle l’est encore davantage lorsqu’il s’agit de la Terre où HaShem réside.

Caroline Elishéva REBOUH

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