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Gérard Kleczewski. Mélenchon, les Insoumis et les nains soumis

Tout le monde avait compris que ce serait son dernier tour de piste…
Qu’à plus de 70 ans – lui qui prône un départ à la retraite dix ans plus tôt – et après une énième tentative ratée aux Présidentielles, Jean-Luc Mélenchon allait raccrocher les gants.
Avions-nous mal interprété, au soir du premier tour, son « Faites mieux ! » aux jeunes militants qui lui faisaient face ? Sans doute.

Il faut dire que Mélenchon a d’abord vu ses résultats progresser à vue d’œil tout au long de la soirée électorale – au point qu’il s’est cru un bref instant en mesure de coiffer Marine Le Pen au poteau.

Et puis il a compris au lendemain de sa défaite, acceptée faute d’être digérée, qu’il était passé à seulement quelques dizaines de milliers de voix du second tour…
Il a enfin entendu le chant de ses partisans qui l’incitaient à continuer de se battre, et de nombreux médias complaisants (dont certains d’Etat) nous servir l’improbable message suivant: “le 3ème du premier tour est le véritable vainqueur de l’élection, Emmanuel Macron a été mal élu, il ne doit sa victoire qu’au rejet de Marine Le Pen”.

Bref, le natif de Tanger qui fêtera ses 71 printemps en août prochain et qui n’a jamais fait depuis 1976 que de la politique a changé d’avis !

Il s’est donc projeté dans un « troisième tour » – celui des Législatives.

 Pis, à l’encontre de toute la logique institutionnelle de la cinquième République – certes mise en péril par la réforme de l’an 2000 faisant passer de 7 à 5 ans le mandat du Président et revoter les Français immédiatement après les Présidentielles pour renouveler l’Assemblée nationale – il s’est vu en haut de l’affiche…

En Premier Ministre d’Emmanuel Macron, à l’issue de nouvelles élections que son camp remporterait sans coup férir !

Un scénario improbable

Et les médias, en quête d’audience ou de chaos c’est selon, ont intégré et répété à l’envi ce scénario pourtant fort improbable – si l’on se fie aux Instituts de sondage qui, il est vrai, se trompent souvent.

 Fallait-il par exemple avoir le cœur bien accroché en découvrant, à la veille du 1er mai, la « Une » du Journal du Dimanche – Groupe Bolloré – dont le rédacteur-en-chef est Jérôme Béglé, chroniqueur sur CNews et opposant évident à Emmanuel Macron ?  
On y voyait un Mélenchon souriant, sûr de lui et potentiellement dominateur avec ce titre « Moi, Premier Ministre ». Ceci quelques heures seulement avant qu’on le voie à nouveau interviewé par la complaisante Léa Salamé et le complice Laurent Ruquier dans « On Est En Direct » sur France2.
 
Mais la liste ne s’arrête pas là. Avez-vous remarqué à quel point tous les médias ne parlent depuis quelques jours que de Mélenchon, que de son hypothèse-mantra d’une nomination à Matignon (tout sauf automatique pourtant) et des négociations de marchands de tapis entre un LFI dominateur et tous les partis de gauche tentant de sauver ce qui leur reste de meubles après une élection Présidentielle massivement ratée.  

La cohabitation ? On a déjà connu et, parait-il, ça a plu aux Français – ça n’est pas exactement ce dont je me souviens, mais admettons…

En revanche, ce qu’on a connu sous Mitterrand ou sous Chirac n’avait strictement aucun rapport avec la situation actuelle. D’abord parce qu’il ne s’agissait pas d’une cohabitation « immédiate » après les Présidentielles.  Ensuite, et on serait tenté de dire surtout, car les idées de l’opposant qui se rêve en Premier Ministre d’un Président acculé et réduit à ses domaines réservés sont cette fois loin d’être majoritaires dans le pays. En effet, si l’on fait la somme des voix de gauche au premier tour des Présidentielles on n’atteint même pas les 32%. Donc très loin de la majorité !

Las, le bonhomme Mélenchon n’en a cure et sait y faire en matière de communication.
En vieux roublard de la politique, qu’il pratique donc depuis près de 50 ans, avec sa verve indéniable et son égo boursouflé, il se lance tête en avant dans ce pari. Dans ce dernier baroud d’honneur qu’il veut faire passer – et certains y croient ou feignent d’y croire – pour un nouveau Front Populaire.  

Une alliance de la carpe (farcie) et des lapins nains soumis

Le pire dans cette histoire tient à la « trahison » des dirigeants des partis de gauche.   
Partis qui ont non seulement accepté de discuter et de négocier avec LFI mais, in fine, de se plier à la quasi-totalité des conditions édictées par Mélenchon, avec le mince espoir de sauver quelques dizaines de sièges – ce qui n’est de plus pas certain.

Si l’on prend le Parti Socialiste, déjà mourant, sont-ils seulement conscients que l’accord qui leur retire toute présence dans plus de 500 circonscriptions sur 577 (soit 87% !) les enterre définitivement ?

La « trahison » est d’autant plus inaudible par nombre de leurs électeurs et de leurs militants que quelques semaines plus tôt, Jadot pour les Verts, Roussel pour le PCF et Hidalgo pour le PS n’avaient pas de mots assez durs contre le candidat Mélenchon, les nombreux éléments funestes et délétères de son programme, son ouverture au communautarisme islamique ainsi que ses positions à l’international.

On voyait bien qu’il y avait, sur le plan des idées, bien moins qu’une feuille de papier à cigarettes entre EELV et LFI. Hormis peut-être sur le sujet de l’Europe, mais Jadot était très minoritaire sur ce point et Bayou et beaucoup de militants militaient depuis longtemps pour la désobéissance Européenne, tandis que l’illuminée Sandrine Rousseau assumait pleinement d’avoir voté Mélenchon aux Présidentielles… 

Mais le PCF ?

Roussel, que certains – j’en étais – jugeaient impeccable pendant les Présidentielles sur nombre de sujets incompatibles avec LFI (de la bouffe au nucléaire, en passant par la lutte contre l’antisémitisme et contre l’islamisme).

Roussel qui avait été déstabilisé par les révélations dans Mediapart sur son poste fictif d’assistant parlementaire (Devinez qui avait donné les infos à Plenel ?)
Roussel qui semblait redonner à son Parti un souffle nouveau, une vision plus moderne, humaniste et républicaine…

Roussel a trahi et son Parti, qui a validé massivement l’alliance, avec lui.    

Et que dire du PS d’Olivier Faure ? Sans doute un peu plus ruiné après le piteux score d’Anne Hidalgo dont ledit Faure a maintenu contre toute logique la candidature, le Parti de Jaurès, de Blum et de Mitterrand tourne avec cet accord de circonstance le dos à cent-vingt ans de social-démocratie, à soixante ans de capacité à gouverner (mal ou bien n’est pas la question), à son ADN européen, à son rejet du communautarisme, etc.

Les socialistes, ou en tous cas ceux qui sont restés, se montrent avec cette alliance prêts à détricoter des mesures prises alors qu’ils étaient au pouvoir et détenaient même il y a dix ans tous les leviers exécutifs et législatifs entre leurs mains !

Des « grands noms » du parti – Jospin, Royal, Hamon …- se sont même engagés résolument, et bien avant cet accord, dans la collaboration avec Mélenchon et son Parti.  Ils n’ont pas pesé bien lourd les Cazeneuve, les Le Foll, Carole Delga et Cie qui ont su, eux, garder constance et dignité.
 
Le PS a fermé les yeux sur tout ce qui aurait dû leur poser problème chez LFI : la connivence avec les islamistes, l’alignement sur les positions de Poutine et le mépris en parallèle pour le camp occidental ou américain, la détestation de l’Allemagne et de l’Europe, le relais des informations les plus complotistes pendant la pandémie, l’antisémitisme suintant en permanence (et pas que dans les tweets du « journaliste » Taha Bouhafs, candidat à Vénissieux).

Soyons clair, l’accord signé avec LFI est pour le PS une soumission, un arrêt de mort transpirant la trahison des convictions et flattant tant de « ismes » : l’extrémisme, le communautarisme, le complotisme, le giletjaunisme, l’antivaccisme, l’antieuropéanisme et bien sûr le Poutinisme, à l’heure où l’Ukraine ploie sans rompre sous le joug du dictateur de Moscou.

Un ami proche postait récemment sur les réseaux sociaux ce résumé à mon avis juste : “Mélenchon Premier ministre ? On se pince ! Alors que la guerre est revenue en Europe, notre pays a-t-il vraiment au fond de lui la tentation de s’en remettre à un leader politique aux convictions aussi flottantes que celles de Jean-Luc Mélenchon ? Un dirigeant incapable de se défaire de son tropisme pro-russe, tardant à condamner l’invasion de l’Ukraine, amoureux transi des dirigeants d’un Venezuela en ruine, un “insoumis sauf avec les dictateurs”, comme l’écrivait récemment Bernard-Henri Lévy dans sa chronique du “Point” ?”

La vulgarité d’un parti dans une époque tragique

Nonobstant, Mélenchon va arriver à ses fins.

 Non, comme je l’ai dit, parce qu’il va remporter les législatives, mais parce qu’à l’issue de toute la séquence qui se déroule sous nos yeux, il sera « LA gauche », les autres Partis devenant de simples supplétifs.

Aidé massivement par des médias complaisants ou « putaclics » qui parlent autant de lui qu’ils l’ont fait avec Zemmour en début de présidentielle ou avec Le Pen à la fin, Mélenchon aura réussi ce tour de passe-passe digne de Gérard Majax : faire venir à lui des Partis qu’il n’a eu de cesse de mépriser ! Il aura été aussi aidé, soyons clairvoyants, par la promesse de Macron de porter à 65 ans l’âge de départ à la retraite. Une sorte de chiffon rouge pour les gens « de gauche ».  

Mais LFI et Mélenchon c’est surtout un programme inquiétant, voire dangereux ( Je ne parle même pas pour nous en tant que juifs et soutiens d’Israël, j’enfoncerais une porte ouverte).
C’est l’acceptation et même la théorisation de la violence révolutionnaire (confère la manifestation du 1er mai), le tout assis sur des tonnes de vulgarité !

Cette vulgarité qu’on retrouve chez Mélenchon mais aussi chez tant et tant de militants connus. Quelques exemples parmi tant d’autres :

L’antispéciste propalestinien Caron (encore une trouvaille de Ruquier) évoquant dans « C à Vous » l’instauration d’un permis de voter comme il y a un permis de conduire ou de construire (même les nazis n’avaient pas imaginé un truc aussi fou !) ;Ruffin qui traite sans réaction sur France Inter le Président nouvellement élu de « Bâtard » de François Hollande. Un Macron qu’il déteste depuis son plus jeune âge et à qui il avait promis il y a cinq ans une fin à la JFK ;Corbière qui traite de « hyènes » les journalistes lui rappelant que Taha Bouhafs a été condamné pour insulte raciste après avoir traité Linda Kebbab « d’arabe de service » (Au passage, Jadot a-t-il été mis en examen pour avoir traité Zemmour de « juif de service » ? Ça m’a échappé…).Sa compagne Garrido dont on se souvient des mots tout en finesse (que je ne reprendrais pas ici) en coulisses d’une émission d’Hanouna à l’encontre de Stanislas Rigault, jeune militant de “Reconquête”Taha Bouhafs qui parle des « pouilleux de Charlie Hebdo », de « ce sous-homme de Zemmour », des « petits fours du CRIF », etc.Clémentine Autain qui affirme qu’en cas de défaite aux Législatives, le combat continuerait dans la rue…

Les médias, les réseaux sociaux, Hanouna et d’autres ont repris en boucle les images de ces deux femmes en colère à Hénin-Beaumont, insultant Emmanuel Macron et les Français ayant voté pour lui. Pourtant c’était tout compte fait bien peu de choses quand on compare avec ces « irresponsables » politiques qui prétendent exercer le pouvoir et être dirigés par un candidat dont le Panthéon personnel comprend Hugo Chavez, Fidel Castro et Vladimir Poutine.

Alors que la « gauche républicaine » accepte de se donner à cet homme et son Parti a de quoi nous rendre malheureux, que l’on soit de gauche ou que l’on ne le soit pas.

Pour conclure, je citerais Eric Rochant, le réalisateur entre autres du film « Les Patriotes » et de la série « Le bureau des légendes ». A l’heure où le PS rejoignait la funeste alliance, il a tweeté : “Ils avaient le choix entre le déshonneur et la disparition. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la disparition. Le nom d’Olivier Faure sera désormais synonyme de renoncement, d’opportunisme et de faiblesse. Il est le fossoyeur du PS comme Mélenchon est celui de la gauche.

Pas mieux !

© Gérard Kleczewski

Gérard Kleczewski est Citoyen et Journaliste

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