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1972-2022: il était une fois des femmes aux droits très restreints

1972-2022 : rétroviseur sur les droits des femmes, effarant !

1972, il y a tout juste 50 ans, la loi inscrivait le principe « à travail égal, salaire égal » (qui reste encore à appliquer dans les faits puisqu’une différence de 9 % subsiste aujourd’hui). À l’époque, la cause des femmes progresse : en 1972, cela fait sept ans seulement qu’une femme peut ouvrir un compte bancaire seule. Sept ans aussi qu’elle possède une personnalité juridique à part entière, et n’est donc plus considérée comme un enfant aux yeux de la loi. Le premier droit de vote des femmes intervient en avril 1945, lors des élections municipales. En 1972, enfin, cela fait seulement deux ans que les hommes n’ont plus le titre de « chef de famille », et la toute-puissance maritale et paternelle qui va avec. L’autorité parentale conjointe remplace l’autorité paternelle. Mais il reste encore tant à faire…

Il y a 50 ans, le mari pouvait ouvrir le courrier de sa femme

Tout ce qui n’est pas interdit est de fait autorisé. Ainsi, dépassant l’absence de texte formel autorisant le mari à ouvrir le courrier de sa femme, « cela demeurait une pratique très courante » rapporte Lucette Parisot, âgée de 29 ans à l’époque et mariée depuis ses 19 ans. Mon mari n’ouvrait pas les miens car il n’en ressentait pas le besoin, mais le courrier de beaucoup de mes amies était passé au crible ». C’est seulement en 1994 qu’un article 226-15 du Code pénal fait son apparition, condamnant d’un an de prison et 300 000 francs d’amende quiconque aurait ouvert de mauvaise foi le courrier (papier ou électronique) d’autrui. Concernant vos mails, la petite subtilité du Code pénal d’aujourd’hui est qu’il ne peut y avoir de fouille que s’il y a mot de passe. A priori, rien n’interdit donc encore aujourd’hui votre mari de regarder vos mails si votre ordinateur n’est pas protégé d’un code secret. Mais la grande différence, c’est que ça marche dans les deux sens…

La femme n’avait officiellement pas encore le droit de porter un pantalon

« En 1970, je portais des pantalons uniquement dans ma vie privée et parce que mon mari était d’accord. Je n’en mettais jamais au travail, c’était interdit dans le service public », explique encore Lucette. Même si elles étaient nombreuses à l’outrepasser, les femmes n’ont eu officiellement le droit de porter un pantalon que depuis… 2013. La loi interdisant « le travestissement des femmes », datant du 17 novembre 1800, stipulait alors que « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation ». Néanmoins, cette interdiction avait été adoucie par deux circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon « si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». Bien évidemment incompatible avec notre société moderne, elle a finalement été abrogée le 31 janvier 2013.

La femme ne pouvait divorcer qu’en cas de faute

Depuis 1975, la loi permet permet aux époux de divorcer par consentement mutuel, mais avant cela, le divorce était régi par une loi de 1884, l’autorisant uniquement pour faute rapportée par la preuve. Les fautes étaient alors limitativement énumérées : adultère, condamnation à une peine afflictive et infamante, excès, sévices et injures graves. En cas de mésentente conjugale, les deux époux redoublaient d’inventivité en s’écrivant l’un à l’autre de nombreuses lettres d’insultes (le plus souvent sous la dictée de leurs avocats) afin de convaincre les tribunaux… Pour Lucette, divorcée en 1979, même avec un motif légal, les femmes divorçaient de toute façon encore très rarement : « Les femmes avaient appris dès le plus jeune âge à s’adapter, à supporter. Elles fermaient les yeux sur ça et plein d’autres choses ».

L’adultère de la femme était plus grave que celui du mari

Avant la loi de 1975, la femme se rendant coupable du « crime » d’adultère était punie d’une peine d’emprisonnement de 3 mois à 2 ans, alors que son mari n’encourait pour cette faute qu’une peine d’amende de 360 à 7.200 francs – et, attention, seulement si son adultère avait été commis au domicile conjugal. La peine était d’autant plus sévère que les tribunaux de l’époque tendaient vers une jurisprudence très large : « Deux êtres, de sexe différent, enfermés dans une chambre à un seul lit suffisait pour constituer le délit d’adultère », rappelle le journal La Gazette des tribunaux, le 3 septembre 1890. Il y avait aussi l’autre peine, l’officieuse, chuchote Lucette : Le fameux « qu’en dira-t-on ». Si on disait des hommes volages qu’ils étaient « intéressés », les femmes étaient quant à elle « des salopes ». « Lorsque le commissaire était averti par le mari d’un adultère en cours, il allait chercher la femme tout juste rhabillée dans le lit des amants et l’emmenait au commissariat ». Ce n’est qu’en 1975 que l’adultère est donc dépénalisé et glisse dans le code civil, empêchant ainsi la femme d’être emprisonnée pour le méfait.

Le mari pouvait mettre son véto concernant les soins de son épouse

Lucette rit jaune lorsqu’on aborde le sujet. Suite à des tumeurs, elle a dû subir une hystérectomie, une ablation des ovaires et de l’utérus. Avant l’opération, le chirurgien lui a, à l’époque, demandé de lui fournir l’autorisation maritale prouvant consentement du mari. « Et voilà, j’ai enlevé la nurserie mais j’ai laissé la salle de jeux ! », s’exclamera le médecin auprès du mari après l’opération. « C’était la blague des chirurgiens », confie Lucette. Si cette dernière a eu « la chance » d’avoir l’aval de son mari, elle connait bien des femmes pour qui cela n’a pas été le cas. Pour ces malheureuses, une seule solution était possible : se faire opérer en cachette. « Je connais une femme qui a attendu que son mari parte en voyage pour se faire ligaturer les trompes par peur de retomber enceinte » indique-t-elle. Il n’y avait en réalité qu’une seule situation dans laquelle le chirurgien pouvait opérer sans l’aval du mari : si une énième grossesse pouvait mettre la vie de la femme en danger.

JForum – Le Parisien

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