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Les États-Unis face à la Corée du Nord

La Corée du Nord est une république populaire et démocratique. C’est ce que prétendent ses dirigeants, en particulier Kim Jong-un qui a succédé à son père et, indirectement, à son grand-père. D’après sa constitution, la Corée du Nord est « un État indépendant et socialiste ». Il faut comprendre la signification de ces termes : une dictature totalitaire, à la mode communiste, comme il en existait au temps de Staline. Des élections ont lieu régulièrement, mais elles n’offrent aucune alternative. Le culte de la personnalité ne souffre aucune limite. L’État détient tous les moyens de production, régit tous les services sociaux et repose sur une armée de près de deux millions d’hommes et de femmes (la quatrième armée du monde). Faut-il ajouter que les Nord-Coréens sont soumis, corps et âmes, au pouvoir d’un dictateur et de sa famille la plus proche ? Il n’empêche que la Corée du Nord a noué des relations diplomatiques avec 150 États, qu’elle siège à l’Organisation des Nations unies. Mais elle n’entretient pas de relations officielles avec les États-Unis. La France accepte d’accueillir une délégation générale qui ne dispose pas des privilèges et des fonctions d’une ambassade.

Il y a 52 ans, la Corée du Nord a tenté, avec l’aide de la Chine de Mao Tsé-toung et le concours indirect de l’Union soviétique, d’envahir la Corée du Sud pour unifier la péninsule coréenne. La guerre de Corée a duré trois ans. Elle a pris fin sur le retour du statu quo et le renforcement d’une ligne de démarcation, le 38e parallèle, entre une Corée du Sud, devenue depuis l’un des pays les plus prospères, les plus économiquement dynamiques de l’Asie orientale, voire de la planète, et le Nord resté ce qu’il était, pauvre, isolé en dépit du voisinage plutôt bienveillant de la Chine, une dictature qu’on n’imagine pas dans toutes ses absurdités et dans ses horreurs. La Corée du Nord a construit un arsenal de missiles. Elle fournit de gros efforts pour devenir une puissance nucléaire et continue de manifester sa volonté d’unifier la péninsule, sous la dictature de Kim Jong-un. De quoi inquiéter la Corée du Sud, le Japon et, indirectement, les États-Unis. En août 2017, la Defense Intelligence Agency – l’agence américaine du renseignement – fait paraître dans le Washington Post une nouvelle des plus alarmantes : la Corée du Nord serait sur le point de disposer de l’arme nucléaire et pourrait frapper peut-être le territoire des États-Unis, certainement Guam, une base américaine dans le Pacifique. Réponse immédiate de Donald Trump : la Corée du Nord court le risque d’être frappée par des représailles « with fire and fury », si elle ne cesse pas de procéder à des essais nucléaires et si elle ne met pas fin à ses menaces. Devant les Nations unies, le président des États-Unis évoque de nouveau les représailles qui détruiraient la Corée du Nord. Des bombardiers américains survolent les alentours de la région. Kim Jong-un, « l’homme des missiles (le Rocket Man, comme le désigne Trump), continue d’exprimer ses menaces. Les réactions américaines, dit-il, résultent « d’une conduite mentalement dérangée ».

Les diplomates entrent alors en action. Pourquoi Donald Trump et Kim Jong-un ne se rencontre-raient-ils pas ? Les Américains ont confiance dans leur force de conviction. Ils offrent au Coréen une occasion inespérée de négocier avec la plus grande puissance du monde. Les Coréens sont flattés. Kim espère que photographié avec Trump, il deviendra une vedette internationale, le dictateur reconnu par la démocratie la plus puissante de la planète. Après quelques hésitations des deux côtés, Kim et Trump se rencontrent à Singapour le 12 juin 2018. Ils signent un accord plutôt vague sur le retour des cendres de militaires américains qui ont été tués pendant la guerre de Corée. Mais les divergences entre les deux pays subsistent. Pyongyang ne veut rien céder sur son arsenal, en dépit des bonnes paroles qui viennent de la Maison-Blanche. Washington manifeste son impatience. Une nouvelle rencontre est mise sur pied. Elle se tient à Hanoï les 27 et 28 février 2019. Sans résultats. Une troisième réunion est prévue. Le 30 juin, les deux hommes sont photographiés l’un à côté de l’autre sur le 38ème parallèle. À cette occasion, Donald Trump franchit la ligne qu’aucun président des États-Unis n’avait jusqu’alors franchie et fait quelques pas en Corée du Nord. Une révolution diplomatique, que Ivanka, la fille de Trump, et son époux, Jared Kushner, ont préparée avec soin et efficacité. Les représentants des deux États entreprennent de négocier, cette fois-ci à Stockholm. C’est l’échec. Les Coréens du Nord ne cèdent sur rien. Les Américains sont profondément déçus. La diplomatie des poignées de main et des sourires a échoué. On en revient à la case de départ.

Joe Biden a tenté de redonner vie aux pourparlers. Le dictateur nord-coréen ne manifeste aucun enthousiasme. Il fait dire que les États-Unis poursuivent une politique hostile, qu’elle n’est pas propice à la reprise d’un dialogue fructueux, que l’extension de la pandémie incite plutôt à fermer les frontières et à cesser toute relation. Il se préoccupe avant tout de la situation alimentaire, une véritable famine, qui frappe son pays. Il faut, dit-il, économiser le moindre grain de riz et manger les cygnes noirs « délicieux et de haute valeur nutritive ». À Washington, c’est plutôt en direction des sanctions qu’on paraît s’orienter, avec, toutefois, une aide alimentaire possible, qui, de toute évidence dans cette dictature, profitera aux membres de l’équipe dirigeante et non pas au peuple. Au début de janvier 2022, Kim Jong-un promet qu’il ne changera rien à sa politique nucléaire. Et comme pour mieux marquer son désintérêt à l’endroit de toute négociation avec les États-Unis, il vient d’ordonner le lancement d’un missile balistique à partir de la côte orientale de son pays. La Corée du Sud manifeste ses inquiétudes. La Chine suit attentivement la situation, à la veille des Jeux olympiques d’hiver. Elle protège son voisin, tout en redoutant ses initiatives. Quant aux États-Unis, ils n’ont plus, semble-t-il, qu’un intérêt très limité pour la république, démocratique et populaire, de Corée du Nord. À tort ou à raison ? André KASPI

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