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Haïm Musicant : La fibre militante

À 71 ans, l’ancien directeur général du CRIF s’implique aujourd’hui pour le B’nai B’rith de France.

En ce premier mardi de l’année 2022, Actualité Juive a rendez-vous avec Haïm Musicant dans un café du quartier de l’Opéra, à Paris. « Pardon pour ces quelques minutes de retard », s’empresse-t-il de nous dire. Ce lieu, nous le quitterons au bout d’une heure et demie tant l’homme de 71 ans se veut loquace ce matin-là. Sans jamais oublier de glisser quelques savoureuses anecdotes dans son propos.
Cultivé et ouvert, curieux et modeste, il introduit l’entretien par cette citation de Victor Hugo: « Ceux qui luttent sont ceux qui vivent ». Le combat et la résistance, voilà des valeurs qui lui sont chères et qui lui ont été dignement transmises par ses parents. « Si j’ai tracé ma route dans l’engagement communautaire, c’est en premier lieu parce que j’ai voulu suivre leur exemple ».
Issu d’une famille d’artistes originaires de Russie, Haïm Musicant porte le prénom de son grand-père paternel, un clarinettiste qui, avec son frère, jouait dans des mariages et des bar-mitzvot. Au sortir de l’épisode douloureux de la Deuxième Guerre mondiale, ses parents décident de « monter » en Israël. C’est à Tel Aviv que Haïm voit ainsi le jour en 1951. Il y restera deux ans avant de poursuivre son enfance à Toulouse. Son engagement communautaire dans la ville rose se manifestera au Dejj et à l’UEJF.
À 18 ans, il s’adonne au journalisme et se voit propulsé rédacteur en chef du mensuel sioniste L’Amitié.

Diplômé d’un doctorat de sociologie, il attire de plus en plus l’attention et l’ambassade d’Israël à Paris décide de lui confier, en 1977, le poste clé de directeur du Centre d’information et de documentation Israël-Proche-Orient (CIDIP). Sa mission : redorer l’image de l’État hébreu auprès du grand public.
Deux années plus tard, il tombe dans la marmite du B’nai B’rith. Un mouvement qui jalonne encore aujourd’hui sa vie et dont la vocation est, selon ses dires, « de réunir des juifs, peu importe leurs convictions à travers des activités culturelles, politiques et sociales ». Après avoir dirigé avec brio la branche française et européenne (avec la gestion « passionnante » de 25 pays), il est sollicité par le CRIF pour le poste de directeur général.
Un vrai changement de cap. « Lors de ma prise de fonction ce lundi 2 janvier 1996, on m’a demandé au pied levé d’assurer une interview dans les studios d’Europe 1. J’ai alors compris que travailler pour le CRIF nécessitait une réactivité immédiate ». Durant ses trois mandats au sein de l’institution politique de la communauté juive, il croise trois présidents – Henri Hajdenberg, Roger Cukierman et Richard Prasquier – aux tempéraments différents. Et apprend énormément à leurs côtés.
Organisation du dîner annuel du Crif, création de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, rencontre en coulisses avec les principaux cadres des partis politiques, gestion de la newsletter… Haïm Musicant est sur tous les fronts, parfois même judiciaires. Il nous confie au passage cette anecdote à propos de Jacques Chirac, alors locataire de l’Élysée. « Il cassait les codes. Il nous appelait directement sans passer par ses collaborateurs. Une fois, au bout du fil, il lance à notre secrétaire: « Bonjour, c’est Jacques Chirac ». Et elle de lâcher, avant de lui raccrocher au nez : « Et moi je suis la reine d’Angleterre ! ». En cette année présidentielle, la candidature d’Éric Zemmour le laisse perplexe. Doux euphémisme. « Il est dangereux pour la France, considère-t-il. Tout son discours est basé sur des peurs. Il veut être plus français que les Français. Quant à son programme, il ne contient pas grand-chose de concret ».

Officiellement à la retraite depuis son départ du CRIF en 2016, Haïm Musicant n’est pas du genre à se « prélasser toute la journée devant Netflix ». Récemment, il a été honoré par le B’nai B’rith international qui lui a décerné le titre de meilleur dirigeant de l’année. Une belle distinction pour celui qui assure encore aujourd’hui le rôle de vice-président
national du mouvement. Le reste de son temps, il l’occupe à travers ses activités littéraires et radiophoniques (entre
autres sur Radio Chalom). L’entretien se termine sur un tout autre sujet : la situation sanitaire en Israël. « Je n’y
suis pas allé depuis le début du Covid. Comme je l’ai fait savoir à un ami, c’est un pays qui change continuellement.
Peut-être que lors de mon futur séjour, je ne reconnaîtrai plus rien mis à part le Kotel et la tayelet », sourit-il. Par Jonathan Nahmany

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