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Permis d’antisémitisme à Ramy Shaath

Permis d’antisémitisme

« Tonton Cristobal est revenu

Des pesos, des lingots il en a l’ cul cousu

La famille hypocrite crie vive le barbu

Tonton Cristobal est revenu ! Vive le barbu ! »

La chanson de Pierre Perret opposait la pensée bourgeoise conformiste au barbu excentrique et exotique, parti vivre l’aventure en Amérique du Sud. Les valeurs sont inversées. Le barbu représente aujourd’hui la pensée conformiste bourgeoise.

Le monde se réjouit de l’arrivée en France de Ramy Shaath : « Enfin libre après deux ans et demi de détention en Égypte, le militant Ramy Shaath a laissé éclater sa joie à son arrivée à l’aéroport de Roissy, samedi 8 janvier. »

Toujours le même exemple d’objectivité de l’information, sans parti-pris au regard des faits, peut-on ironiser !

Le texte de Perret est joyeux, malicieux. Le texte du journal Le Monde veut transmettre la joie de la victoire. Mais pour un jeu à somme nulle comme pour un jeu à somme non-nulle, la victoire de l’un signifie la défaite d’un autre.

A la lecture du quotidien du soir, nous apprenons un peu sur cette « figure de la scène progressiste égyptienne » qui vient d’être libérée des « geôles » (dixit) du Caire « où les conditions sont inhumaines ».

Pour ceux qui l’ignoraient, L’Égypte est une dictature des plus sordides.

Que faisait donc le militant antisioniste en prison ?

Cette figure de la scène égyptienne était active au sein des « Frères Musulmans », organisation considérée comme terroriste par les autorités égyptiennes. Cet Égyptien d’origine palestinienne a été condamné pour trahison en lien avec l’autorité palestinienne.

Envie d’emmerder les ennemis jurés des Frères Musulmans qui ne boycottent pas Israël

Que le Président Macron se réjouisse de sa libération est conforme avec la traditionnelle vertu du droit d’ingérence. Que le nom de Ramy Shaath soit inscrit sur la liste des terroristes n’a pas de poids face à la bien-pensance des droits de l’Homme.

Qu’importe le droit ! La morale doctrinaire prime pour que Le Monde titre :

Égypte : libre, Ramy Shaath est contraint de renoncer à sa nationalité

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/01/09/egypte-libre-ramy-shaath-est-contraint-de-renoncer-a-sa-nationalite_6108777_3212.html

Au pays de la diversité, la France, le journal le Monde n’est pas trop à blâmer puisque le Figaro titre son article sur le même registre de la perte de nationalité.

La déchéance de nationalité n’est-elle pas conforme au droit international pour les binationaux ?

Nous sommes toujours dans l’absolutisme de la pensée de Gauche. C’est tout ou rien. La libération de Ramy Shaath ne peut avoir de sens que s’il continue son combat, et pour cela, il doit pouvoir rester en Égypte et avoir la légitimité égyptienne de le faire.

Pourquoi est-il Palestinien ? Surtout, pourquoi veut-on tant qu’il soit de nationalité égyptienne avant la palestinienne ?

Il convient de cadrer que Ramy est le fils de Nabil Shaath, premier ministre de Mahmoud Abbas en 2005, lors du conflit politique majeur entre le Fatah et le Hamas, à la fin de l’Intifada. Nabil Shaath avait été auparavant conseiller de Nasser. Sa famille émigre en Égypte mais son identité demeure palestinienne. Ramy Shaath, lui, est né au Liban.

Nous avons, ici, toute la subtilité de l’identité palestinienne qui fait qu’aucun dirigeant palestinien n’est, à ce jour, né en territoire palestinien. Ils sont nés en d’autres terres à l’instar du premier d’entre eux, Arafat, qui était Égyptien.

Selon Amnesty International, « Ramy est un militant égyptien-palestinien ; il fait campagne pour amener Israël à rendre des comptes pour les violations des droits humains et autres violations du droit international ».

https://www.amnesty.fr/personnes/ramy-shaath

L’avantage d’Amnesty International est de ne pas faire de complexes ni de circonlocutions.

Le fond du problème est à deux niveaux, comme les valises à double-fond qu’utilisaient les trafiquants pour tromper les douanes.

Si Ramy Shaath s’intéresse à la vie politique égyptienne, ce n’est qu’au regard de son identité palestinienne. Il est le fondateur de BDS Égypte. L’intersectionnalité aura toujours ses limites marquées par un déterminant. Celui de Ramy Shaath n’est pas d’être égyptien. C’est pourtant sur ce caractère que se construit son narratif victimaire. C’est sur ce même caractère que le Président de la République et les médias se réjouissent de son arrivée en France. Emmanuel Macron est soulagé.

Il y a donc deux niveaux à la mobilisation pour la défense de Ramy Shaath. Il est présenté en victime du système répressif égyptien. Le double-fond recèle son activité antisioniste.

L’ordre règne en Égypte. Certes, il s’agit bien d’un régime militaire autoritaire. Il demeure que l’Égypte est le centre de gravité historique du monde arabe. Pour la France , l’Égypte, sur les plans économiques et culturels, est d’un intérêt majeur. L’Égypte n’est pas un régime dictatorial pire que bon nombre d’amis de la France, au contraire. Prend-on parti pour les milliers d’opposants aux régimes autoritaires comme la France le fait pour Ramy Shaath ? C’est que le risque est mesuré avec l’Égypte.

Dans le cadre de la défense du militant, nous sommes sur l’intersectionnalité. La défense des droits de l’égyptien deviendrait une même cause que celle des droits du Palestinien. A leur croisée se trouveraient des valeurs communes que découvriraient les compagnons de route de ces deux causes.

C’est une supercherie. La défense de la démocratie égyptienne ne passe pas par la défense des Palestiniens et il en est de même pour le reste du monde arabe qui ne se préoccupe que de très loin de cette cause palestinienne. Il n’y a pas d’identification.

Ce n’est pas un leurre. C’est un alibi comme l’intersectionnalité entre l’Islamo-gauchisme et les mouvements LGBT ne sont qu’un alibi pour le point d’intersectionnalité : l’antisémitisme.

Qui peut sérieusement croire qu’un islamiste se préoccupe des droits LGBT ? Ces derniers sont les idiots utiles des premiers et réciproquement. Le déterminant profond, parce qu’il est le plus petit dénominateur commun, est l’antisionisme. La même mécanique d’alibi, du reste, agit entre l’antisionisme et l’antisémitisme.

Prendre fait et cause pour cet individu ne relève en aucune façon de compassion pour un réfugié. Il est expulsé et la nuance est de taille. Prendre fait et cause pour celui-ci est adopter sa cause, celle de BDS dont les statuts sont contraires au droit français. C’est adopter celle de l’antisémitisme, qui s’accommode si bien de la doctrine des Frères Musulmans, et dont les sources égyptiennes sont celles de Sayyid Qutb, pour qui le fondamentalisme se considère par l’ennemi fondamental : le Juif.

Permettre que Ramy Shaath vienne diffuser sa haine d’Israël depuis la France aura des conséquences désastreuses sur la société française. C’est légitimer les actions de BDS en France. C’est donner un permis d’antisémitisme.

Nous pourrons compter sur presque l’ensemble de la classe politique pour dire que  l’antisémitisme (comme le boycott BDS) n’est pas une opinion mais un délit. Cette défense par le délit le noie parmi les 3550 pages d’autres délits du code pénal. Au regard des 3,6 millions de délits commis en France en 2020, sous confinement et couvre-feu, l’antisémitisme explose.

Permettre que Ramy Shaath arrive en France se traduira certainement par une forme de jurisprudence qui s’installera avec la pratique antisioniste. La loi Gayssot qui punit l’antisémitisme se réfère à l’intention. La pratique antisémite des Frères Musulmans est la dissimulation. Ils ne sont pas barbus. Ils portent des costumes-cravates. Ils présentent l’Islam comme étant une religion de France, et la langue arabe comme étant une langue de France. L’intention du militantisme de Ramy Shaath ne sera pas indiquée comme antisémite. Elle sera présentée antisioniste, démocratique et antiraciste, parfaite intersectionnalité. Elle n’est que mensonge.

Comment pouvons-nous agir face au satisfecit affiché de nos élites politico-médiatiques ? La partie serait-elle perdue ? Denis de Rougemont disait qu’une société meurt quand ses enfants demandent « qu’allons-nous devenir ? » au lieu de demander « que pouvons-nous faire ? »

Le débat ne peut se cantonner au droit. C’est laisser l’antisémitisme se développer à vau-l’eau sous les bons auspices de l’antiracisme falsifié. Plus que jamais, il est vital d’affronter les idéologies et que la vérité se révèle.

Par  ©️Gilles Falavigna

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