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Hyper Cacher. Jour de commémoration spécial. Israël n’oublie pas.

Grâce à l’excellent travail de l’UEJF sur son compte Instagram, de nombreux israéliens se sont connectés en direct à la cérémonie de l’Hyper Casher.

La prise d’otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris est une attaque terroriste islamiste et antisémite, perpétrée le 9 janvier 2015. C’est le dernier des attentats de début janvier 2015 en France.

L’auteur de l’attaque, Amedy Coulibaly, est déjà recherché par la police pour l’assassinat, commis la veille, d’une policière municipale de Montrouge : il s’introduit dans une supérette cacher de la porte de Vincennes en étant lourdement armé. Il tue immédiatement trois personnes et en prend en otage dix-sept autres, dont l’un est tué peu après, portant à quatre le nombre des morts. Le preneur d’otages se réclame de l’État islamique et demande la libération des deux frères Kouachi qui, au même moment, sont assiégés par la Gendarmerie à Dammartin-en-Goële après avoir tué douze personnes dans l’attentat contre Charlie Hebdo, deux jours plus tôt à Paris.

La prise d’otages dure plus de quatre heures. Elle se termine par un assaut mené par les policiers du RAID, de la BI et de la BRI, durant lequel aucun otage n’est tué. Le terroriste est abattu alors qu’il ouvre le feu sur les forces de l’ordre. Trois policiers et un otage sont blessés. Deux jours après le massacre au siège de Charlie Hebdo, cette nouvelle attaque terroriste vient s’ajouter à une émotion publique déjà considérable en France.

Le 9 janvier, Amedy Coulibaly, déjà identifié par les forces de l’ordre comme le principal suspect dans le meurtre d’une policière municipale commis la veille à Montrouge, arrive à proximité de la porte de Vincennes. Peu après 13 heures, il rejoint la supérette à l’enseigne Hyper Cacher située au 23, avenue de la Porte-de-Vincennes, entre le boulevard périphérique et la limite du territoire de Paris avec celui de la commune de Saint-Mandé, ville qui comprend une importante population juiver: le 9 janvier étant un vendredi, veille de Shabbat, il accueille alors de nombreux clients. Porteur d’un fusil d’assaut Vz 58 calibre 7, 62 mm Kalachnikov, de deux pistolets mitrailleurs Skorpion, de deux pistolets Tokarev, d’un gilet pare-balles et de quinze bâtons d’explosifs, Amedy Coulibaly pénètre dans le magasin et y tue trois personnes. La première est tuée de sang froid devant les autres otages après que Coulibaly lui a demandé son nom. Il se retranche alors dans le magasin en y retenant dix-sept otages. Le directeur de la supérette, blessé à l’épaule, parvient à s’échapper : il peut ensuite donner aux forces de l’ordre son téléphone portable, lequel contient une application donnant accès aux caméras de surveillance du magasin.

Six personnes dont un bébé, guidées par un employé du magasin, Lassana Bathily, jeune homme musulman d’origine malienne, empruntent un escalier en colimaçon menant dans une chambre froide au sous-sol et parviennent à s’y cacher. Lassana Bathily, après avoir dissimulé les clients, parvient à sortir de l’Hyper Cacher grâce à un monte-charges et une sortie de secours ; il peut alors rejoindre les policiers pour les prévenir de la présence des otages au sous-sol, les informer de la configuration du magasin et leur donner les clés du volet automatique qui vont servir pour l’assaut, le rideau de fer de l’épicerie étant alors abaissé. D’autres otages, qui ont tenté de se cacher dans la seconde chambre froide qui ne ferme pas de l’intérieur, sont forcés à remonter dans le magasin et y découvrent les corps des victimes.

Un des otages, Yohav Hattab, s’empare d’une des armes de Coulibaly posée sur un carton. Elle ne fonctionne pas : le terroriste l’a laissée là car elle s’est enrayée au cours de la première fusillade. Amedy Coulibaly, probablement alerté par le bruit du maniement de l’arme, se retourne et fait feu sur Yohav Hattab, qui, touché à la tête, est tué sur le coup.

Selon l’un des otages, Coulibaly « pérorait sur les Juifs et la Palestine » tandis que l’une des victimes agonisait en gémissant. Le djihadiste propose de l’achever. Les otages l’en dissuadent. Il demande ensuite à chaque otage de décliner son nom, son âge, sa profession et son origine, qu’il assimile à la religion.

Dès 14 heures, le déploiement des forces de police comprend un hélicoptère et des dizaines de véhicules (police, pompiers, secours). L’enquête a été confiée à la section anti-terroriste (SAT) de la police judiciaire parisienne, à la sous-direction anti-terroriste de la police judiciaire et à la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Le quartier est bouclé par la police et la circulation est interrompue sur le boulevard de Vincennes, sur le boulevard périphérique, pour le tramway voisin. Les unités d’élite de la Police nationale, le RAID, et la BRI, sont immédiatement redéployées depuis Dammartin-en-Goële sur la porte de Vincennes.

Pendant la prise d’otages, Coulibaly appelle des proches pour leur demander d’attaquer des cibles. Selon un témoin, il filme ses actes avec une caméra GoPro.

Vers 15 heures, Coulibaly appelle BFM TV — chaîne qui a, le matin même, pu recueillir les propos des frères Kouachi durant la prise d’otages de Dammartin-en-Goële — dans le but d’exprimer ses revendications. Il se réclame de l’État islamique et dit avoir « synchronisé » son action contre les policiers de Montrouge avec celles des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, précisant avoir attaqué le magasin Hyper Cacher pour cibler « des Juifs ». Il raccroche ensuite mal le combiné du téléphone, ce qui permet à l’extérieur d’écouter ce qui se passe dans le magasin.

L’assaut est donné à 17 h 12 par le RAID, la BI et la BRI qui pénètrent dans l’épicerie après avoir relevé le rideau de fer et lancé quatre grenades assourdissantes. Cet assaut est déclenché quelques minutes après celui de Dammartin-en-Goële où les frères Kouachi sont sortis de leur position retranchée à 16 h 57 et se sont fait tuer. Le chef de l’État François Hollande avait en effet décidé d’un assaut simultané dès 15 heures car « le preneur d’otage de Vincennes a menacé de tuer tous les otages si le GIGN donnait l’assaut à Dammartin où se trouvent les deux frères Kouachi ». C’est donc la sortie des frères Kouachi qui a provoqué la réaction du GIGN à Dammartin-en-Goële et précipité l’assaut de Vincennes.

Selon un témoin, Amedy Coulibaly se serait écrié « Je vais tuer tout le monde ! » au moment de l’assaut, après que les forces de l’ordre ont fait exploser la vitrine et juste avant la levée du rideau de fer. Le preneur d’otages tente alors de sortir du magasin et se précipite vers la porte principale en faisant feu sur les policiers, il meurt lorsque les policiers ripostent. Des otages se sauvent à l’extérieur et sont pris en charge par les forces de l’ordre. Quatre personnes sont blessées : un otage, deux policiers du RAID et un autre de la BRI.

Une interrogation subsiste, rapidement dissipée, quant à la présence d’un second preneur d’otages et à celle sur place d’Hayat Boumeddiene, la compagne de Coulibaly recherchée par les autorités françaises.

Il s’avère que le preneur d’otages disposait d’explosifs avec lesquels il a tenté de piéger l’une des portes du magasin. Une opération de déminage est engagée peu après 17 h 30 afin de sécuriser l’épicerie. Selon les policiers après analyse de la vidéo filmée par Coulibaly, il « ne semblait pas être un expert dans le maniement des armes, mettant plus de dix secondes pour trouver le bon bouton pour ôter le chargeur de sa kalachnikov et pour le remettre correctement » et il demande même l’aide d’un otage pour transférer sur son ordinateur les films de sa GoPro.

Le soir même, vers 19 h 55 à la télévision, le président de la République François Hollande qualifie cette prise d’otages d’« acte antisémite effroyable » et appelle à ne faire « aucun amalgame».

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